Frederick Forsyth, né le 25 août 1938 à Ashford (Kent, Angleterre) et mort à Jordans (Buckinghamshire, Angleterre) le 9 juin 2025, est un journaliste et romancier britannique.
Né à Ashford, Frederick McCarthy Forsyth suit sa scolarité à la Tonbridge School, puis à l'Université de Grenade en Espagne.
Au cours de son adolescence, de longs séjours dans des familles françaises (entre 1948 et 1951), allemandes (en 1952 et 1953) et espagnoles (1956) lui permettent de parler couramment ces trois langues au point de pouvoir facilement passer pour un Français, un Allemand ou un Espagnol. Il a aussi une bonne connaissance de la langue russe, ce qui lui a permis, par la suite, d'espionner des conversations dans des cafés.
Grâce à une dérogation obtenue par son père, il s'engage à 17 ans et demi dans la RAF. À 19 ans, il est le plus jeune pilote certifié de la RAF. Il quitte l'Armée de l'air britannique en 1958.
Après un apprentissage de deux ans dans un journal régional, l'Eastern Daily Press à Norwich, il entre en 1961 à l'agence Reuters. Grâce à sa parfaite maîtrise du français et de l'allemand, il est nommé correspondant de l'agence à Paris puis à Berlin-Est.
À Paris, il découvre les tensions liées à la politique de Charles de Gaulle en Algérie. Cette expérience lui servira lors de la rédaction de son premier roman à succès, Chacal.
En 1964, il quitte précipitamment l'Allemagne de l'Est après avoir découvert que sa nouvelle petite amie n'était autre que la maîtresse du ministre de la Défense.
En 1965, il entre à la BBC, d'abord comme reporter radio, puis TV et en 1966, comme correspondant diplomatique.
De juillet à septembre 1967, contre sa volonté, on l'envoie couvrir la guerre du Biafra. Ce qu'il découvre sur place n'a rien à voir avec ce que lui avaient décrit les responsables de la BBC. Accusé de partialité envers la cause séparatiste biafraise, il quitte la BBC. Il retourne en journaliste indépendant au Biafra, où il se lie d'amitié avec le général Odumegwu Emeka Ojukwu, le chef de l'État biafrais autoproclamé. En 1982, il écrit une biographie du général.
En 1968, la situation politique du Biafra ne connaissant pas d'évolution, il visite Israël où il rencontre David Ben Gourion, Ezer Weizman, Moshe Dayan.
Puis il retourne au Biafra où, toujours en tant que journaliste indépendant, il accompagne diverses opérations militaires biafraises, parfois au péril de sa vie. En 1969, il publie l'ouvrage The Biafra Story.
À court d'argent, il se lance dans l'écriture d'un roman inspiré des attentats manqués contre De Gaulle, auquel il songe depuis son séjour à Paris. Il le finit en quelques semaines mais pendant un an, essuiera refus sur refus de la part des maisons d'édition ; jusqu'à ce qu'il rencontre, au cours d'une soirée chez des amis, son futur éditeur. Son premier roman, Chacal (1971), devient un best-seller et sera adapté au cinéma par Fred Zinnemann en 1973.
Son éditeur lui demande d'écrire deux autres romans. En deux jours, Frederick Forsyth lui présente les projets de Le Dossier Odessa et Les Chiens de Guerre.
Pour la rédaction de ses romans, il enquête de façon approfondie et se rend dans les pays où se déroule l'intrigue, afin de donner à ses histoires un maximum de réalisme. Ses écrits, qui s'appuient sur des faits réels, sont remarquablement bien documentés et mêlent habilement la réalité et la fiction en citant ou décrivant souvent des événements ou des personnages réels. À ce titre il est vu par certains comme un des précurseurs du techno-thriller.
En enquêtant pour Le Dossier Odessa, il est amené à rencontrer Simon Wiesenthal, le célèbre chasseur de nazis, dont le personnage apparaîtra dans le roman.
Pour Les Chiens de Guerre, il infiltre à Hambourg les milieux du trafic d'armes sous une fausse identité, avant que sa photo au dos de la version allemande de Chacal ne le trahisse et ne l'oblige à interrompre précipitamment son investigation.
Au cours de l'été 1973, le contre-espionnage britannique lui demande d'effectuer un échange de « courrier » avec un agent double à Dresde, en Allemagne de l'Est. Il utilisera cette expérience insolite dans plusieurs de ses romans.
Passionné par la diplomatie et les services secrets, il a écrit treize romans qui ont été traduits dans trente-six langues.