Frederic William Maitland, né à Londres le 28 mai 1850, et mort à Las Palmas (Canaries, Espagne), le 19 décembre 1906 (à 56 ans) est un juriste et historien du droit britannique.
Il est considéré comme le « père fondateur » de l'histoire du droit anglais, et l'un de ses plus grands historiens.
À l’image des universitaires français Charles Aubry et Charles-Frédéric Rau, son nom est associé à celui de Frederick Pollock. Ils ont publié ensemble un ouvrage juridique de référence : l’Histoire du droit anglais avant Édouard Ier (The History of English Law Before the Time of Edward I).
En 1850, à la naissance de Frederic William Maitland, ses deux grands-pères préfigurent de sa future vocation par « une double ascendance de savants » selon Gabriel Le Bras. D'un côté, son grand-père paternel, Samuel Roffey Maitland (en) (1792-1866), est un historien critique du Moyen Âge et de la Réforme réputé, et un pasteur controversé. De l'autre, son grand-père maternel, John Frederic Daniell (1790-1845) est un météorologue et professeur de chimie reconnu tant pour ses ouvrages, que pour son invention de l'hygromètre à condensation en 1827.
De part et d'autre de sa famille, Frederic William Maitland est issu d'une lignée d’intellectuels : son père et ses deux grands-pères trouvent place dans le prestigieux Dictionary of National Biography. Issu de la belle société, sa famille aisée participe à la vie de l'esprit, anglaise et protestante.
Le 12 août 1847, ses parents John Gorham Maitland (en) (27 octobre 1818 - 27 avril 1863) et Emma Daniell se marient. Sa mère meurt en 1851, quelques mois après sa naissance, en donnant vie à sa plus jeune sœur. Avec ses deux sœurs, il est élevé par leur tante, Mme Daniell. Grâce à ses gouvernantes allemandes successives, il acquiert une maîtrise de cette langue, comme l'avait exigé son père.
Universitaire et fonctionnaire anglais, son père, membre de l'association des Cambridge Apostles, meurt en 1863, à 44 ans dans sa maison de Londres au 51 Rutland Gate, Knightsbridge. Il a été élu membre du Trinity Hall à Cambridge (Fellow of Trinity), puis inscrit au barreau, et enfin nommé Secretary to the Civil Service Commissioners [ministre des commissaires à la fonction publique].
Le 20 juillet 1886, il épouse la dramaturge Florence Henrietta Fisher (31 janvier 1864 - 5 mars 1920), que lui avait fait rencontrer Leslie Stephen. Elle donne naissance à deux filles, à 23 ans à Ermengard (1887-1968), et à 25 ans à Fredegond (1889-1949), poétesse et épouse de l'économiste anglais Gerald Shove (en) (1887-1947).
Après sa mort, son épouse se marie le 3 mars 1913, à l'âge de 49 ans, avec Francis Darwin. Elle est la troisième femme de ce botaniste deux fois veufs, et fils du naturaliste Charles Darwin. La mort de Florence Henrietta le 5 mars 1920 à 56 ans est annoncée dans le Times.
Fin de vie : santé fragile jusqu'à sa mort d'une pneumonie
De santé toujours fragile - depuis une pleurésie contractée l'été 1898 - il doit passer plusieurs mois, chaque année, dans les pays méridionaux : aux Canaries, puis une fois à Madère. Il y travaille malgré la maladie. Pour ses recherches, en l'absence de bibliothèque dans les îles Canaries, il se tourne vers des manuscrits qui pouvaient être reproduits photographiquement.
Le 6 décembre 1906, il quitte Cambridge pour les Canaries. Au cours de ce voyage d'hiver, il contracte une pneumonie dont il mourra le 19 décembre 1906.
1863-1872 : Études d'Eton au Trinity College de Cambridge
En 1863, quelques mois après la mort de son père, il part pour le Collège Eton et y reste 6 ans jusqu'à 1869. Sa scolarité ordinaire passe inaperçue. Selon Henry Arthur Hollond (en) (1884-1974), « il n'avait aucune des aptitudes qui faisait s'intéresser un maître d'école de l'époque victorienne à un élève, et personne ne semblait avoir découvert la remarquable personne qu'il était ». Ses principaux centres d'intérêts sont alors les mathématiques, la musique. Avec succès, il participe aux épreuves de course à pied, de ballon et de régate. De son propre aveu, il détesta le grec et le latin.
En 1869, il est admis comme pensioner (étudiant non boursier) au Trinity College, à Cambridge. Il abandonne son intérêt principal pour les mathématiques en faveur des sciences morales, pour lesquelles il deviendra scholar (étudiant boursier) de Trinity.
1872-1884 : préparation du barreau et carrière d'avocat à Londres
En 1872, pour se former à devenir avocat plaideur (barristers), il entre dans une des Inns of Court de Londres, à Lincoln's Inn. À l'issue des examens en sciences morales de 1872, il arrive premier ; puis en 1873, remporte le Whewell scholarship for international law.
En 1876, il est inscrit au barreau comme membre de Lincoln's Inn. Mais il juge lui-même sa carrière à Londres décevante et insatisfaisante. En 1884, Il confesse à Paul Vinogradoff qu'il « préférerait de loin consacrer sa vie à l’étude historique du droit plutôt que de guetter dans une salle du Lincoln’s Inn les pas d’un client qui ne vient jamais ».