Fred Dalton Thompson, né le 19 août 1942 à Sheffield, dans l'Alabama, et mort le 1er novembre 2015 à Nashville, dans le Tennessee, est un avocat et un acteur américain qui fut sénateur républicain du Tennessee au Congrès des États-Unis de 1994 à 2003.
Il a été candidat à l'investiture républicaine pour l'élection présidentielle de 2008.
Il fut également un contributeur occasionnel à l'American Enterprise Institute, et un analyste politique pour ABC News Radio.
Études et carrière professionnelle
Fred Thompson a grandi à Lawrenceburg dans le Tennessee. En 1964, il est diplômé en philosophie et en science politique de l'université publique de Memphis.
En 1967, il est diplômé en droit de l'université Vanderbilt et est admis au barreau du Tennessee en 1967.
De 1969 à 1972, il est adjoint de l'US Attorney. Procureur adjoint à Nashville, il gagne 14 de ses 15 procès contre des escrocs et des voleurs de banque.
En 1972, il dirige avec succès la campagne de réélection du sénateur Howard Baker. À 30 ans, il est conseiller juridique des républicains à la commission d'enquête du Sénat sur le scandale du Watergate. Il serait l'auteur de la question de Baker demandant ce que le président Richard Nixon savait et quand il l'avait su.
En 1977, Thompson eut en charge un dossier politico-judiciaire délicat qui se termina par la démission du gouverneur Ray Blanton, accusé de vendre ses grâces à des prisonniers. L'affaire fit l'objet d'un film, Marie, en 1985, dans lequel Thompson joua son propre rôle. Ce film lança sa carrière d'acteur. Il joua dans une trentaine de films et séries télévisées, aux côtés de vedettes comme Robert De Niro, Bruce Willis ou Clint Eastwood.
Sénateur des États-Unis (1994-2003)
À l'issue de l'élection présidentielle de 1992, le sénateur démocrate du Tennessee Al Gore devient vice-président des États-Unis. Thompson se présente alors à sa succession au Sénat des États-Unis sous les couleurs du Parti républicain. Il ne rencontre que peu d'opposition durant la primaire républicaine et affronte le représentant démocrate Jim Cooper lors de l'élection partielle de novembre 1994. Les premiers sondages le donnent distancé par Cooper, de nombreux électeurs restant indécis. Il entame alors une campagne à travers le Tennessee à bord d'un pick-up rouge, habillé de chemises de travail, à la rencontre de l'électorat ouvrier. Cet épisode lui permet de se présenter comme un outsider, malgré ses années de lobbyiste à Washington, et d'attaquer son adversaire, membre de la Chambre des représentants et fils d'un ancien gouverneur. Le 8 novembre 1994, à l'occasion d'une vague républicaine au niveau national, il est élu sénateur des États-Unis avec 60 % des suffrages pour terminer le mandat d'Al Gore.
Thompson prend ses fonctions le 2 décembre 1994. Il est presque immédiatement choisi par les républicains pour donner la réplique officielle des républicains à une interview télévisée de Bill Clinton.
Lors des élections sénatoriales de 1996, Thompson est candidat à un mandat complet. Il affronte alors le démocrate J. Houston Gordon, avocat connu pour avoir défendu William Calley pour le massacre de Mỹ Lai. Bien qu'Al Gore fasse régulièrement campagne dans le Tennessee, l'élection sénatoriale étant couplée à l'élection présidentielle, Thompson fait figure de favori. Alors que le Tennessee est remporté par le ticket Bill Clinton-Al Gore (48 % contre 46 % pour le ticket républicain), Thompson est facilement réélu avec 61 % des voix contre 37 % pour Gordon.
Après deux ans au Sénat, il prend la présidence de la commission sénatoriale des affaires gouvernementales. Il préside la commission de 1997 à 2011, le conduisant à enquêter sur les allégations de trafic d'influences de la Chine sur les affaires politiques américaines avant les élections de 1996, et qui compromettaient le bureau du vice-président Al Gore.
Durant son mandat, Thompson vote pour l'essentiel des propositions du « Contrat avec l'Amérique ». Contrairement à d'autres républicains, davantage tournés vers le conservatisme social, le message politique de Thompson est orienté vers un gouvernement efficace et la responsabilité fiscale. À certaines occasions, il prend ainsi des positions contraires au Parti républicain, soutenant par exemple le McCain–Feingold Act visant à réformer le financement de la vie politique. À ce titre, il soutient également une limitation du nombre de mandats dans le temps et s'oppose à de nombreuses réglementations du gouvernement fédéral.
Thompson est cité comme candidat potentiel la vice-présidence lors de l’élection présidentielle de 2000. Lors des primaires républicaines, il apporte son soutien à Lamar Alexander puis, après le retrait de ce dernier, à John McCain, dont il copréside dès lors la campagne.
Thompson ne se représente pas en 2002 et met un terme à sa carrière politique active. Sur ses 90 propositions de loi, quatre seulement auront été adoptées. Il évoque un temps pourtant l'idée de se représenter après les attentats du 11 septembre 2001 mais la mort soudaine de sa fille lui enlève toute envie de recommencer une campagne électorale.
Dans les derniers mois de son mandat, il reprit sa carrière d'acteur en rejoignant l'équipe de la série télévisée New York, police judiciaire, où il joue le rôle du District Attorney, Arthur Branch. Il fut alors le premier sénateur américain ayant en parallèle une carrière d'acteur à la télévision.