Franz Anton Mesmer, né le 23 mai 1734 à Iznang et mort le 5 mars 1815 à Meersburg, est un médecin badois, fondateur de la théorie du magnétisme animal dit « mesmérisme ».
Selon Mesmer, ce magnétisme animal serait la capacité de tout homme à guérir son prochain grâce à un « fluide naturel » dont le magnétiseur serait la source, et qu'il diffuserait grâce à des « passes » sur le corps dites « passes mesmériennes ». À la veille de la Révolution française, il rencontre un vif succès à Paris en amassant une fortune considérable.
Personnage controversé de son vivant et jusqu'au XXIe siècle, il est considéré soit comme un charlatan, inspirateur de l'occultisme et du spiritisme du XIXe siècle ; soit comme un précurseur de l'hypnose et de la psychologie dynamique ; soit comme un médecin des Lumières représentatif des conflits et contradictions de son époque.
Il naît dans le village d'Iznang, au bord du lac de Constance, où son père, Anton, est maître forestier au service du Prince-Évêque de Constance. On ne sait rien de son enfance et de son adolescence jusqu'à l'âge de 18 ans.
Études supérieures (1752-1766)
En 1752, Franz Anton Mesmer s'inscrit à l'université de Dillingen (de) où il étudie la théologie ; en 1754, il entre à l’université d’Ingolstadt pour sa troisième année de théologie.
Il s'inscrit ensuite en droit à l'université de Vienne (1759), puis en médecine (1760).
En 1766, à l'âge de 33 ans, Mesmer publie sa thèse de doctorat en médecine : Dissertatio Physico-medica de planetarum influxu De l'influence des planètes sur le corps humain, dans laquelle on retrouve l'influence des théories du médecin belge Jan Baptist van Helmont (Le traitement magnétique des plaies, 1621), du jésuite allemand Athanasius Kircher et de l'astronome anglais Isaac Newton.
Selon les auteurs, Mesmer serait ici influencé soit par l'occultisme, soit par l'iatromécanisme (mécanisme en médecine). Pour Robert Darnton, cette dissertation n'est qu'un mélange d'astrologie et de newtonisme. Selon Rausky, il n'est pas exactement un occultiste, car il est tourné vers l'avenir et se soucie peu d'une fidélité à une ancienne tradition, il n'est pas non plus un « iatromécanicien » car il ne cherche pas à mesurer ou à expérimenter.
Dans cette thèse, une notion émerge, encore vague, mais qu'il développera par la suite, celle de « gravité animale » : les influences entre individus sont du même ordre cosmique que celles des astres entre eux.
En janvier 1768, Mesmer épouse la riche veuve Maria Anna von Posch (appelée « von Bosch » dans la correspondance de Mozart). De nombreux musiciens viennois fréquentent leur maison, notamment Haydn, Gluck et Leopold Mozart (voir la section Mécénat musical).
En 1773, il soigne dans sa propre maison une malade de 27 ans, la demoiselle Oesterlin, qui présentait des crises douloureuses et convulsives à répétition. Il venait d'apprendre que des médecins anglais utilisaient des aimants pour traiter certaines maladies.
Les premiers essais avec des aimants en fer sont décevants, échecs qu'il attribue à l'imperfection des aimants. Il utilise alors les plaques aimantées inventées par le père jésuite Maximilian Hell, astronome à la cour de Vienne. Il adapte la forme de ces plaques à celle de la partie du corps à traiter.
Le 28 juillet 1774, Mesmer rapporte qu'il fait avaler à sa malade une mixture contenant du fer, puis il fixe sur son corps trois aimants, l'un sur l'estomac, un autre sur chaque jambe. Il provoque ainsi une crise ou « marée artificielle », la malade guérit de cette attaque en devenant insensible aux aimants.
La demoiselle Oesterlin s'améliore à un tel point qu'elle épouse le beau-fils de Mesmer, fils de la veuve von Posch.
À la suite d’une polémique avec Hell sur la paternité de ce procédé, Mesmer insistera sur le fait que le magnétisme animal est distinct du fluide magnétique minéral. Il interprète la guérison de sa malade comme venant de son propre fluide magnétique à lui, les aimants ne jouant qu'un rôle amplificateur et directionnel.
Mesmer transforme une tradition ancienne occulte, fétichiste et magique, qui attribuait des pouvoirs magnétiques et mystérieux à des parties détachées du corps humain (mèches de cheveux, relique anatomique...). Il considère que c'est le thérapeute, personne vivante dans sa totalité, qui peut guérir et soulager par son magnétisme personnel.
En juin 1775 il se rend chez le Baron Horeczky de Horka, un noble hongrois en Slovaquie, pour traiter ses spasmes nerveux. Il existe sur ce sujet un témoignage du précepteur de la maison du Baron qui surveilla Mesmer pour tenter de le démasquer comme charlatan. Ce précepteur nommé Seyfert rapporte que Mesmer portait des aimants sur lui, y compris dans son lit, et qu'il reconnaissait que son pouvoir magnétique était plus faible que celui du père exorciste Johann Joseph Gassner.