Frank-Walter Steinmeier (/ˈfʁaŋkˌvaltɐ ˈʃtaɪ̯nˌmaɪ̯ɐ/), né le 5 janvier 1956 à Detmold (Rhénanie-du-Nord-Westphalie), est un homme d'État allemand. Membre du Parti social-démocrate (SPD), il est président de la République fédérale d'Allemagne depuis le 19 mars 2017.
Proche collaborateur de Gerhard Schröder, alors ministre-président de Basse-Saxe durant les années 1990, il est directeur de la chancellerie fédérale entre 1999 et 2005. Pendant ces six années, il concourt à la conception puis à la mise en œuvre des réformes prévues par l'Agenda 2010.
À la suite de la formation d'une grande coalition sous la conduite d'Angela Merkel en 2005, il est nommé ministre fédéral des Affaires étrangères puis devient vice-chancelier deux ans plus tard tout en conservant son portefeuille ministériel. Candidat des sociaux-démocrates à la chancellerie lors des élections fédérales de 2009, il voit son parti essuyer une défaite historique face aux conservateurs. Il devient ensuite président de son groupe parlementaire au Bundestag.
Après avoir renoncé à diriger la campagne du SPD au profit de Peer Steinbrück pour les élections fédérales de 2013, il est de nouveau nommé ministre fédéral des Affaires étrangères dans le cadre d'une nouvelle grande coalition dirigée par Angela Merkel.
Il est choisi comme candidat de consensus pour l'élection présidentielle de 2017, après le retrait du président sortant Joachim Gauck. Bénéficiant de l'appui d'une large majorité à l'Assemblée fédérale, il remporte le scrutin dès le premier tour. Il est réélu en 2022.
Né à Detmold et ayant grandi à Schieder-Schwalenberg, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Frank-Walter Steinmeier est le fils de Walter Steinmeier, ouvrier, et d'Ursula Steinmeier née Broy ; sa branche familiale paternelle est affiliée à l'Église de Lippe, l'une des rares congrégations religieuses calvinistes d'Allemagne tandis que sa mère, originaire de Breslau (Wrocław), est issue d'une famille de réfugiés d'obédience luthérienne expulsée de Silésie après la Seconde Guerre mondiale. Après avoir passé son Abitur en 1974 à Blomberg, il accomplit pendant deux ans son service militaire.
En 1976, il entre à l'université de Gießen pour y entamer des études supérieures de droit, auquel il ajoute les sciences politiques quatre ans plus tard. Il obtient son premier examen juridique d'État en 1982, puis décroche le second en 1986. Il commence aussitôt à travailler comme associé de recherche au département de droit public de la faculté de droit, avant de se voir décerner un doctorat en 1991.
En 1995, Frank-Walter Steinmeier épouse la juge administrative Elke Büdenbender, rencontrée durant ses études de droit à l'université de Gießen. De ce mariage naît une fille, prénommée Merit, en 1996. Au mois d'août 2010, Steinmeier s'est provisoirement démis de ses fonctions politiques pour donner un rein à son épouse, gravement malade, afin de la sauver ; ce geste a suscité la sympathie de l'opinion publique allemande.
Le couple vit à Zehlendorf, un quartier situé dans l'arrondissement de Steglitz-Zehlendorf, à Berlin.
Juste après avoir obtenu son doctorat, Frank-Walter Steinmeier est recruté comme conseiller pour le droit et la politique des médias de la chancellerie régionale de Basse-Saxe. Deux ans plus tard, en 1993, il est désigné chef du cabinet de Gerhard Schröder, à l'époque ministre-président du Land. avant d'être nommé, l'année suivante, à la direction du département d'orientation politique de coordinations et de planification gouvernementale pour une période de deux ans.
À l'issue de ce mandat, il est nommé secrétaire d'État et directeur de la chancellerie de Basse-Saxe ; il gagne la confiance de Schröder qui l'invite à le suivre après la victoire du SPD aux élections fédérales du 27 septembre 1998.
Directeur de la chancellerie fédérale
Désigné secrétaire d'État auprès de Gerhard Schröder, devenu chancelier fédéral au mois de novembre 1998, il remplace Bodo Hombach comme directeur de la chancellerie fédérale, sans obtenir toutefois le poste honorifique de ministre fédéral avec attributions spéciales contrairement à son prédécesseur qui cumulait ces deux fonctions.
Durant les six années de son mandat, il devient un proche confident politique du chancelier Schröder, étant même considéré comme son bras droit. Gestionnaire et pragmatique, il participe à l'élaboration et à la mise en œuvre de la réforme des retraites et du système de santé au mois de décembre 2002 ; il contribue, surtout, à la préparation d'un grand programme de réformes d'inspiration social-libérales, connu sous le nom d'Agenda 2010 et destiné à réduire les déficits publics et accroître la compétitivité économique du pays. Dans cette optique, il siège au comité de pilotage pour la mise en œuvre de la réforme Hartz IV, qui assouplit les indemnités chômage.
En sa qualité de délégué pour le renseignement puis de directeur de la chancellerie, il se spécialise en politique étrangère et géopolitique. Il participe ainsi à la réunion de crise suivant les attentats du 11 septembre 2001 aux côtés du chancelier et des ministres fédéraux des Affaires étrangères, de l'Intérieur et de la Défense. Il préside également les réunions des secrétaires d'État et les réunions des secrétaires d'État chargés des questions européennes ; son arbitrage s'y est révélé plusieurs fois décisif.
Ministre des Affaires étrangères
À la suite des élections fédérales anticipées du 18 septembre 2005, la CDU/CSU et le SPD, incapables de constituer une coalition avec leur allié traditionnel, décident de former une grande coalition sous la direction d'Angela Merkel, présidente de la CDU et candidate chrétienne-démocrate à la chancellerie. Celle-ci, finalement désignée chancelière, présente son gouvernement fédéral de coalition le 22 novembre suivant ; dans ce cabinet, Frank-Walter Steinmeier se voit confier le poste de ministre fédéral des Affaires étrangères. Premier social-démocrate nommé à ce poste depuis l'intérim d'Helmut Schmidt en 1982, il est le premier nommé à le détenir de façon permanente depuis Willy Brandt, en 1966. Cette nomination prestigieuse est vue comme une surprise, puisque cet inconnu du grand public est alors considéré comme proche de Gerhard Schröder, mais elle suscite toutefois des réactions positives, y compris du respecté Hans-Dietrich Genscher, titulaire du poste de 1974 à 1992. À la différence de nombre de ses prédécesseurs, il n'est toutefois pas nommé vice-chancelier.
En prenant ses fonctions, il doit se charger des prérogatives de la présidence du Conseil de l'Union européenne, que l'Allemagne doit assumer à partir du premier semestre de 2007. À ce titre, il est considéré comme l'un des architectes du traité de Lisbonne.