Francisco Cándido Xavier (2 avril 1910 - 30 juin 2002), aussi connu sous le diminutif Chico Xavier, est un célèbre médium et auteur spirite brésilien du XXe siècle. Il a publié 451 livres et aura joué un rôle important dans l'histoire religieuse, sociale et du spiritisme au Brésil.
En 2000, il est élu « Minéro du XXe siècle », par l'État du Minas Gerais.
Son récit biographique, tel qu'il pouvait être raconté au Brésil dans les années 1980, a été amplement développé par les anthropologues français Marion Aubrée et François Laplantine.
Francisco Cándido Xavier nait le 2 avril 1910 dans la municipalité de Pedro Leopoldo, dans l'État du Minas Gerais (Brésil). Il est le fils d'une famille qui compte neuf enfants, né de parents tous deux présentés comme analphabètes. Son père avait été vendeur de billets de loterie et sa mère, blanchisseuse. Le médium brésilien raconte que c'est à l'âge de cinq ans, après avoir perdu sa mère, qu'il commence à entendre des voix. Dès neuf ans, en parallèle de l'école, son père le fait embaucher dans une usine textile.
Les récits de sa biographie relatent qu'à douze ans (1922), à l'occasion du centenaire de l'indépendance du Brésil, il rédige en classe une rédaction qui recevra une mention Honorable, expliquant à sa maîtresse que ce texte lui avait été dicté par un esprit qui se tenait près de lui.
Vivant dans une famille catholique, c'est à l'âge de 17 ans, après la guérison de l'une de ses sœurs qui « souffrait d'obsession », que toute sa famille se convertit au spiritisme, véritable « religion curative » dans le pays.
Peu après avoir été informé de l'existence de la doctrine spirite, il fonde le centre spirite « Luiz Gonzaga » le 21 juin 1927. Il s'investit dans son activité de médium et développe ses capacités en psychographie. Il affirme voir, en 1931, son « mentor » spirituel sous la forme d'un esprit prénommé Emmanuel.
Successivement, il publie un premier ouvrage en juillet 1932 : Le Parnasse d'outre-tombe. C'est un recueil totalisant 60 poèmes attribués à neuf poètes brésiliens, quatre portugais et un anonyme, tous défunts. Le quotidien carioca, O Globo, dépêchera l’un de ses rédacteurs assister pendant plusieurs semaines aux réunions du groupe spirite du centre Luiz Gonzaga.
Avec cet ouvrage, il contribue activement au mythe nationale d'alors qui voulait que le Brésil soit un des pays au monde, sinon le principal, à pouvoir développer l’Évangile et le spiritisme, comparativement à l'Europe ou au Moyen-Orient. Bien qu'au début des années 2000, 2,3 millions de personnes s'autodéterminaient comme « spirites », derrière celles se déclarant adeptes du catholicisme et du protestantisme évangéliste, ce nombre tend à diminuer depuis les années 2020. En proportion de la population totale du pays, cet effectif oscillera entre 1% et 3%.
À partir des années 1930, Francisco Candido Xavier écrit de manière continue des poèmes, des romans, des recueils de pensées, des ouvrages de morale et des traités médiumniques. Ces publications et leurs diverses appropriations participent d'un mouvement de « catholicisation » du spiritisme au Brésil tout au long du XXe siècle, combinant le système de valeurs individualiste des catholiques brésiliens à la métempsychose des spirites dans une perspective karmique. Pour autant, Francisco Xavier ne manquera pas non plus de critiquer l'institution catholique au Brésil.
Il est possible d'analyser sa vie à la lumière de la représentation de la sainteté véhiculée au XXe siècle, sous le prisme du renoncement, de la charité et du don gratuit aux pauvres. Il dédiait des jours spécifiques pour rendre visite aux personnes démunies, pour faire des distributions de nourriture, de vêtements, lui valant d'être comparé au saint catholique François d'Assise.
Parmi ses productions littéraires, deux sont à caractère nationalistes : Parnasse d'outre-tombe (1932) et Brésil, Cœur du Monde et Patrie de l'Évangile (1938). Le régime nationaliste de Vargas s'en servira notamment pour distinguer : 1) le spiritisme kardéciste (chrétien, européen, pratiqué par des fonctionnaires et des militaires de la classe moyenne) ; et 2) le « bas-spiritisme », comme le candomblé et umbanda (afro-brésilien, pratiqué par les classes pauvres et populaires noires) ; resté en vigueur jusque dans les années 1980.
Ainsi, ses ouvrages légitiment la fédération spirite brésilienne auprès du régime militaire en place, certains membres de ce régime l'administrant directement, confortant son hégémonie face aux fédérations umbandistes et scientifiques, jugées dissidentes (ex : la CEPA, fédérations régionales et centres locaux).
C'est dans les années 1930 et 1940 que Francisco Candido Xavier signe ses premiers livres. Il débute avec un recueil de poésie Parnasse d’outre-tombe, poursuit avec les romans signés Emmanuel — Il y a 2000 ans, Cinquante ans plus tard, Paul et Etienne, Renoncement — puis Brésil, cœur du monde, patrie de l’Évangile, qu'il attribue à Humberto de Campos, et Nosso Lar, signés du pseudonyme André Luiz.
Signant plusieurs livres du nom d'Humberto de Campos (pt), sa veuve intentera un procès au motif des droits d'auteurs de son mari. Même si elle n'obtient pas gain de cause, les livres seront signés plus tard du nom de « Frère X ».
Ses treize premiers titres se vendront à 67 025 exemplaires entre 1932 et 1943, puis à 653 832 exemplaires entre 1943 et 1954, son catalogue d'ouvrages totalisant alors 44 titres. Le plus vendu, et le plus rapidement traduit, étant Nosso Lar, à plus d'1,3 million d'exemplaires.
Cependant, en 1942, il devient notoire que les manuscrits sont falsifiés par la FEB. Ainsi, dans un passage de Brésil, Cœur du Monde, Patrie de l'Évangile, le nom de Roustaing est mentionné comme « missionnaire de la foi » et « assistant d'Allan Kardec » ; ou bien l'original de Paul et Etienne qui s'avèrera ne « plus être exploitable » pour une révision.
Dans les années 1950, certains de ses ouvrages seront rapidement traduits en anglais, français et espagnol. Sa vie durant, il aura cédé l'intégralité de ses droits d’auteurs à des œuvres caritatives.