Ce Jour-là

Francis Picabia

Peintre et écrivain français (1879–1953)

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Francis Picabia, né François Marie Martinez Picabia le 22 janvier 1879 à Paris et mort le 30 novembre 1953 dans la même ville, est un peintre, dessinateur et écrivain français, passionné par la peinture et proche du mouvement dada, puis surréaliste.

« Oiseau de nuit scandaleux », séducteur et amateur de belles voitures, Francis Picabia est perçu comme un « rastaquouère mondain fortuné qui trompait son oisiveté dans la peinture ».

Il se présente lui-même dès 1923 comme « Artiste en tous genres ». Comme ses contemporains, il s'interroge sur la place de la peinture, bousculée par l'émergence de la photographie, puis devient l'un des premiers à peindre à partir de photographies.

Famille, jeunesse et formation

Le jeune François Marie Martinez Picabia nait dans le 2e arrondissement de Paris dans une famille favorisée. Il prendra pour prénom d'usage Francis (plus proche du prénom Francisco de son père) puis, plus tard, comme nom d'artiste le patronyme basque Picabia de sa grand-mère paternelle. Francis Picabia est le petit-fils de Juan Martínez Picabia, expatrié de Galice à Cuba et, côté maternel, d'Alphonse Davanne (1824-1912), chimiste et photographe, et président de la Société française de photographie. Son oncle, Maurice Davanne, est conservateur à la bibliothèque Sainte-Geneviève à Paris.

Sa mère, Marie Davanne, meurt en 1886. Il fait ses études chez les marianistes au collège Stanislas, puis au lycée Monge, à Paris.

En 1894, voulant éprouver la vocation tôt manifestée de son fils, « Pancho » Picabia envoie, au Salon des artistes français, la toile de Francis intitulée Vue des Martigues. Le tableau « bien qu’absent du catalogue, il est remarqué, puisqu’il reçoit une mention ». Picabia entre, après une scolarité compliquée, à l'École des arts décoratifs l'année suivante, où il sera l'élève de Wallet, Humbert et Cormon ; mais il fréquente plus volontiers l'École du Louvre et l'académie Humbert, où il travaille aux côtés de Georges Braque et de Marie Laurencin.

En 1897, il part avec son premier amour, Ermine Orliac, de six ans son ainée, qui l'incite à peindre des paysages et ambitionne de le voir « conquérir Paris ». À sa majorité, il prend possession de l'héritage maternel qui lui assure de confortables revenus. Ils vivent à Montmartre mais se rendent souvent non loin de Moret-sur-Loing (cher à Alfred Sisley), à Martigues ou à Saint-Tropez. La même année, il se lie d'amitié avec les plus jeunes fils de Pissarro, Rodolphe Pissarro et Georges Manzana. Il commence à exposer au Salon des artistes français mais ses paysages, souvent sombres, ne relèvent pas encore de l’impressionnisme.

En 1902, il emmène Ermine à Séville. Ses peintures récurrentes d'Espagnoles stéréotypées en tenues traditionnelles trahissent une quête de ses origines paternelles et d'une certaine ethnicité.

C'est en 1904 qu'il se tourne vers l’impressionnisme. Ce sera le début d'une période féconde ; les centaines de toiles qu'il peint alors sont propres à séduire le public.

Suivant l'exemple de la première génération d'artistes impressionnistes comme Sisley, Monet ou Pissarro, Picabia passe de longues périodes à Moret et d'autres banlieues parisiennes. Il s'inspire des paysages à la campagne pour composer plusieurs tableaux. Cependant, allant à l'encontre de ces prédécesseurs impressionnistes qui préfèrent la peinture en plein air, un grand nombre des œuvres de Picabia de cette période sont produites en atelier. Il peint certaines de ses toiles d'après des photographies ou même d'après des reproductions sous forme de cartes-postales d'œuvres d'autres artistes, créant en somme des copies de copies. Ainsi il établit une première incursion dans l'appropriation et la technique proto-Dada.

Sa première exposition personnelle (61 tableaux) organisée en 1905 à Paris à la galerie Haussmann dirigée par Gustave Danthon, est un triomphe. La suivante se tient à la Kaspar Kunstsalon de Berlin. Il montrera ensuite ses œuvres à nouveau chez Danthon en 1907 (76 œuvres), puis à Londres, Munich, Barcelone.

En 1905, Francis Picabia est membre du comité exécutif du monument Sisley ayant pour projet l'érection d'un monument artistique à Moret-sur-Loing. Le 9 août 1908, Francis Picabia, alors vice-président du comité du monument Sisley, fait un don de plus de 5000 Francs pour couvrir les frais du monument, ce qui lui vaut de devenir président du Comité Sisley, se plaçant symboliquement dans la filiation du peintre. Il propose alors l'admission de Gustave Danthon au sein du comité.

Les tableaux exposés sont étrangers aux nouvelles recherches plastiques et certains s'inspirent du « pur luminisme impressionniste » (Effet de soleil sur les bords du Loing, 1905, Philadelphia Museum of Art). Son ami Marcel Duchamp le présentera en 1950 comme « un jeune épigone d'un mouvement déjà vieux ».

Cependant, Picabia remet peu à peu en question les valeurs plastiques qui lui valent son succès grandissant et, en 1908, sa rencontre avec Gabriële Buffet — qui l'encourage à poursuivre de récentes recherches et dont il tombe amoureux —, détermine la rupture avec l'impressionnisme comme avec ses marchands, rupture que lui permet sa fortune personnelle.

À l'heure de la photographie, Picabia cherche un autre mode d'expression, « une peinture vivant d'elle même hors de toute reproduction objective ».

En 1909, il épouse Gabriële Buffet, musicienne liée ensuite au mouvement Dada. Ensemble, ils ont une fille, Laure Marie Catalina, née en 1910 et un garçon, Pancho Gabriel François, en 1911, puis en 1913 une deuxième fille, Gabrielle Cécile, dite « Jeannine », qui deviendra une résistante importante de la Seconde Guerre mondiale.

À cette époque, Picabia s'essaie au pointillisme, peint de manière très colorée à la manière des Fauves et fait ses premières incursions dans le domaine de l'abstraction. Ces expériences lui valent la rupture de contrat de son marchand Danthon.

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