Ce Jour-là

Francis Lopez

Compositeur français (1916-1995)

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Francis Lopez, de son vrai nom Francisco López, est un compositeur français d'opérettes, né le 15 juin 1916 à Montbéliard (Doubs) et mort le 5 janvier 1995 à Paris.

1916-1939 : l'enfance et la jeunesse

C'est par hasard, en raison de la guerre, que Francis Lopez naît à Montbéliard, puisque son père était alors en garnison à Belfort. En fait il est basque par ses origines.

Son père, Francisco López, né à Lima au Pérou en 1889, est issu d'une de ces nombreuses familles basques espagnoles qui, au XIXe siècle, ont émigré en Amérique du Sud, tout comme sa mère, Berta Jambreau Ena, issue d'une famille de basques français originaires d'Hendaye au pays basque français et née à Buenos Aires en Argentine. Cette dernière, après la mort de son propre père, vint s'installer à Hendaye, où elle rencontre son futur époux qui vient de s'y établir afin d'exercer la profession de dentiste.

La famille quitte Montbéliard où naît Francis pour s'installer à Bayonne, mais son père meurt alors qu'il n'a que cinq ans. Francis passe sa jeunesse à Biarritz où sa mère tient un commerce et à Saint-Jean-de-Luz. Après avoir suivi des études au lycée de Pau, il « monte » à Paris pour y entreprendre des études de médecine, afin de devenir dentiste comme son père. Bon pianiste amateur (il a aussi appris le violon), il joue le soir dans des cabarets ou des bars, « Le Jockey » à Montparnasse et « Le Coq d'Or » dans le Quartier latin, afin de payer en partie ses études, mais sans envisager une carrière musicale.

1939-1945 : les débuts dans la chanson

Ayant opté pour la nationalité française (il est né en France, mais de parents nés à l'étranger), Francis Lopez est mobilisé en septembre 1939, dès le début de la guerre, et c'est à l'occasion de la préparation de la fête de Noël de son unité qu'il compose ses premières chansons.

Blessé en 1940 et revenu à la vie civile, il ouvre un cabinet de chirurgien-dentiste à Paris, tout en continuant à composer chaque soir. Dans la communauté basque de la capitale, il fait la connaissance du chanteur André Dassary, qui travaille avec le chef d'orchestre et arrangeur Raymond Legrand.

En 1942, il obtient un succès considérable avec quatre chansons interprétées par l'orchestre de Raymond Legrand : Le Rat des villes et le Rat des champs, Perrette, Jim et Refrain sauvage, ce dernier titre obtenant bientôt le grand prix du disque. À partir de ce moment, Francis Lopez enchaîne les succès avec des interprètes prestigieux comme Lucienne Delyle, Léo Marjane, Maurice Chevalier, Tino Rossi, mais aussi avec le débutant Georges Guétary, au succès duquel il contribue grandement avec Caballero, Robin des Bois et À Honolulu, chansons qui sont alors sur toutes les lèvres. Il s'essaye également au tour de chant avec des chansons de sa composition dont il écrit les paroles à l'occasion (Ma midinette, Heureux comme un roi), et il prend même pour quelque temps la direction artistique du cabaret Le Parnasse.

À la fin de 1945, Francis Lopez, déjà reconnu comme compositeur de chansons à succès, est amené à écrire en quelques semaines sa première opérette, La Belle de Cadix, sur un livret de Raymond Vincy, Marc Cab et Emille Audiffred. La vedette en est un chanteur alors presque inconnu, Luis Mariano. Ce spectacle, monté avec peu de moyens, est créé au Casino Montparnasse le 22 décembre 1945. Une cinquantaine de représentations sont prévues : la pièce tiendra l’affiche pendant presque deux ans.

La Belle de Cadix marque le début de la collaboration du trio formé par Raymond Vincy, Francis Lopez et Luis Mariano, qui va dominer l’opérette pendant plus de vingt ans et accumuler les succès. Après le triomphe de sa première opérette, Lopez se lance dans la composition d’une œuvre plus ambitieuse musicalement, Andalousie, créée à la Gaîté Lyrique le 25 octobre 1947, avec encore Luis Mariano en vedette.

Sa réputation étant désormais solidement établie, il produit opérette sur opérette, sur des livrets de Raymond Vincy (généralement seul, mais parfois en collaboration), au rythme moyen d’une par an, les unes relevant de la comédie musicale (Quatre jours à Paris, 1948 ; Monsieur Bourgogne, 1949), les autres étant des œuvres à grand spectacle qui portent alors ce genre à son apogée (Pour Don Carlos, en 1950, avec Georges Guétary ; Le Chanteur de Mexico, en 1951, avec Luis Mariano).

Avec Le Chanteur de Mexico créé au Théâtre du Châtelet (tout comme Pour Don Carlos), Francis Lopez, alors âgé de 35 ans, est à l’apogée de sa gloire. Pendant une dizaine d’années, il enchaîne les triomphes : La Route fleurie à l’ABC (1952), avec Georges Guétary, Bourvil et Annie Cordy ; À la Jamaïque à la Porte-Saint-Martin (1954), avec Jeanne Sourza et Christian Selva ; La Toison d'or, au Châtelet (1954), avec André Dassary ; Méditerranée, encore au Châtelet (1955), première opérette interprétée par Tino Rossi ; Tête de Linotte à l’ABC (1957), avec Annie Cordy et Jean Richard.

Les années 1960 sont moins brillantes. La mode est désormais au « yéyé », plus rythmique que mélodique, qui s’impose partout dans le domaine de la variété. Francis Lopez fait quelques concessions à la nouvelle mode, en introduisant le « twist » dans ses nouvelles opérettes (Visa pour l’amour, avec Luis Mariano et Annie Cordy, en 1961, et surtout Le Temps des guitares, écrit en 1963 pour Tino Rossi, où l’influence des rythmes nouveaux est encore plus sensible, et où il est fait appel à une chanteuse de la nouvelle génération (Josy Andrieu)).

L’opérette à grand spectacle n’est pas pour autant abandonnée. Maurice Lamy, successeur de Maurice Lehmann à la tête du Châtelet commande Le Prince de Madrid, créé en mars 1967 avec Luis Mariano en vedette et qui tiendra l’affiche pendant deux ans. En mai 1968 disparaît Raymond Vincy, le collaborateur de tant de succès. Pour le nouveau spectacle devant être créé au Châtelet en décembre 1969, La Caravelle d’Or, il faut faire appel à Jean Valmy pour le livret et à Jacques Plante pour les paroles. Malade, Luis Mariano doit abandonner la scène après quelques semaines de représentations ; il meurt le 14 juillet 1970 à Paris.

Du trio ayant fait la gloire de l’opérette française dans les années 1950 (Francis Lopez, Raymond Vincy et Luis Mariano), le compositeur reste le seul survivant. Son succès ne se dément cependant pas. En province, Rudy Hirigoyen fait triompher Viva Napoli ! en 1969, avant une reprise couronnée de succès à Paris, au Théâtre Mogador, en septembre 1970.

Au début des années 1970, l’opérette est indiscutablement en crise, tandis que s’impose le rock et que la mode, chez les jeunes générations, est à la comédie musicale américaine. La Gaîté-Lyrique a fermé, Mogador cherche un nouveau souffle et le Châtelet est en faillite après la mort de Marcel Lamy.

Pour éviter sa fermeture, on fait appel à Francis Lopez, qui en prend la direction artistique. Dans l’urgence, il décide d’y monter Gipsy, une opérette créée à Lille en décembre 1971, faute de salle parisienne, avec en vedette un débutant, José Todaro. À partir de février 1972, la pièce remporte un triomphe chaque soir au Châtelet (elle y sera représentée plus de 600 fois).

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