Ce Jour-là

Francis Le Basser

Homme politique et résistant français

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Francis ou François Le Basser, né le 2 avril 1889 à Rennes et mort le 6 mars 1974 à Laval, est un chirurgien, dirigeant sportif, résistant et homme politique français. Il s’illustre notamment par son engagement pendant les deux guerres mondiales, son action dans la Résistance, et sa carrière politique locale et nationale, marquée par son attachement au gaullisme et à la justice sociale.

Il est fils de petits commerçants, un couple d'épiciers. Orphelin à l'âge de six ans, soutenu par sa famille, il a fait ses études secondaires au Lycée Saint-Martin de Rennes. Il effectue à Paris ses études de médecine.

Externe des hôpitaux de Rennes, Interne des hôpitaux de Paris, il est mobilisé en 1914 comme artilleur, puis versé dans le service sanitaire brancardier avec lequel il finit la guerre à Saint-Quentin en janvier 1919. Il est médaillé de la Croix de guerre 1914-1918 en tant que capitaine-major lors de la Première Guerre mondiale.

Il devient docteur en médecine en 1921 puis assistant d'anatomie à la Faculté de médecine de Paris. Il est obligé pour des raisons pécuniaires d'abandonner ses études de professeur à Paris, ayant sa famille à charge. Il s'installe finalement comme chirurgien à l'Hôtel-Dieu de Laval sur les conseils du professeur Pierre Duval et du docteur Jules Ferron.

Il fut sportif tout au long de sa vie, et inaugura de son vivant le stade qui porte son nom : stade Francis-Le-Basser. Fervent pêcheur, son violon d'Ingres était les Échecs. Il est président de la section de boxe du Stade lavallois en 1933, puis président du club omnisports du Stade lavallois de 1934 à 1974. Il milite avant-guerre au parti radical.

Il est fait chevalier de la Légion d'honneur en janvier 1936 au titre de l'éducation physique.

En 1939, dégagé d'obligations militaires, il accepte cependant de faire toute la chirurgie militaire du département de la Mayenne, où il opère jour et nuit jusqu'à l'occupation allemande. Il prit position contre l'occupant en chassant par exemple du Secours National un collaborateur notoire : Paul Brousmiche, qu'il remplace comme délégué departemental le 23 mai 1941.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, il participe activement à la Résistance intérieure où il est attaché au Mouvement Libération-Nord.

En août 1943, il est contacté par le Service National des Maquis (SNM). Il délivre de fausses cartes d'identité aux travailleurs requis par le STO. Membre du comité départemental de la Résistance, il aide au ravitaillement des maquis en vivres et en chaussures. Son action est en plein développement lorsqu'il est livré et dénoncé à la Gestapo.

Membre du Comité départemental de libération de la Mayenne clandestin en janvier 1944, il est arrêté par la Gestapo le 3 mai 1944. Il est déporté d'Angers, à Compiègne le 18 juin 1944 vers le KL Dachau où il est libéré en mai 1945 par les troupes alliées. Son goût pour la politique active naît pendant ses années noires.

Malgré son absence pour le 1er tour, il revient de déportation entre les deux tours des élections municipales de 1945. Il est élu conseiller municipal le 29 avril 1945 et devient ensuite maire de Laval le 18 mai 1945. Il redevient aussi membre du Comité départemental de libération de la Mayenne.

Il est élu conseiller général du canton de Laval-Ouest en septembre 1945 aux élections cantonales de 1945, puis devient président du conseil général de la Mayenne au 3e tour avec l'appui du MRP. Il obtient la Médaille de la Résistance avec rosette.

Il soutient le parachutage en Mayenne de Jacques Soustelle, dont sa rencontre détermine son engagement politique. Il est le quatrième de la liste d'Union Républicaine et Sociale et d'action Paysanne composée de trois résistants : Soustelle, Le Basser et Foccart pour les Élections constituantes de 1945. Seul Soustelle est élu. Il est élu conseiller général du Canton de Laval-Ouest en 1945, et devient président du conseil général en 1947.

Il est président de la Fédération des œuvres laïques de la Mayenne en 1946. Il démissionne de son mandat de maire le 15 juin 1946 à la suite de la défaite de Jacques Soustelle aux Élections constituantes de 1946 dans la Mayenne sur un coup de tête. Il est président honoraire de l'Entraide française et membre du bureau de bienfaisance de la ville de Laval.

Se présentant comme indépendant de gauche, il est élu le 7 novembre 1948 au Conseil de la République sous l'étiquette du RPF. Inscrit au groupe RPF, il en deviendra président.

Il est élu sénateur de la Mayenne à 59 ans. Siégeant d'abord dans le groupe du RPF, il se fait le disciple du général de Gaulle pour sortir la France de la crise d'après-guerre. Il est nommé à la commission de la famille, de la population et de la santé publique et à la commission de l'intérieur. Son action parlementaire est marquée par son engagement en faveur des anciens combattants, des déportés, des familles nombreuses et de la justice sociale. Il dépose plusieurs amendements et rapports, notamment sur le statut des déportés du travail, les allocations familiales, les logements sociaux, et la création d’un conseil supérieur de l’entraide sociale. Il soutient également la construction de petits centres industriels en zone rurale pour lutter contre le chômage.

Il rejoint le Groupe Union centriste lors du changement de République, c'est également à ce moment qu'il devient vice-président de la commission des affaires sociales. En 1959, il est réélu sénateur sous l’étiquette de l'Union pour la nouvelle République (UNR), et siège à la commission des affaires sociales jusqu’en 1965. Il intervient sur des sujets comme le rapatriement des Français d’Afrique du Nord, la promotion sociale en Algérie, et la décentralisation. Il vote en faveur des pleins pouvoirs au général de Gaulle en 1958 et soutient les gouvernements de Michel Debré et Georges Pompidou.

Malgré un début de carrière tardif, il va assez vite grimper tous les échelons propres à un baron local : il est réélu maire de la ville de Laval en 1956. En 1965, Jacques Delalande et Francis Le Basser sont défaits dès le premier tour des élections sénatoriales par des candidats du Centre démocratique, Lucien de Montigny et Raoul Vadepied. Il n'est pas non plus réinvesti dans ses fonctions de maire alors qu'il briguait un second mandat.

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