Ce Jour-là

Francis Hallé

Botaniste français

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Francis Hallé, né le 15 avril 1938 à Seine-Port (Seine-et-Marne) et mort le 31 décembre 2025 à Montpellier (Hérault), est un botaniste, biologiste et dendrologue français.

Francis Hallé est le benjamin d’une famille de sept enfants. Son père, ingénieur agronome, et sa mère, fille du peintre André Dauchez, qui « adorait les plantes », lui transmettent la passion de la botanique.

Sous l’influence de son frère aîné, Nicolas, botaniste au Muséum national d'histoire naturelle à Paris, il suit des études universitaires en biologie. Docteur en biologie, diplômé de la Sorbonne et docteur en botanique, il est également diplômé de l’université d'Abidjan. Ancien professeur de botanique à l’université de Montpellier, il se spécialise en écologie des forêts tropicales humides, s’installant dans les régions tropicales pour en étudier les forêts primaires, d’abord, de 1960 à 1968, en Côte d'Ivoire où ses enfants sont nés, puis au Congo, au Zaïre et en Indonésie. À partir de 1964, il se spécialise dans l’étude de l’architecture des plantes vasculaires.

C'est un fervent défenseur des forêts primaires, c’est-à-dire les forêts jamais exploitées par l’homme, qui ne représentent plus aujourd’hui que 5 à 10 % des forêts terrestres mais constituent, selon lui, plus des trois quarts des réserves de biodiversité de la planète.

« Ses convictions sont ancrées dans le sol, comme les racines de ses amis feuillus et branchus. Son amour pour les forêts primaires est infini. »

— Entretien avec Fabienne Chauvière, sur France Inter

Il collabore avec Luc Jacquet et l'association Wild-Touch pour le film Il était une forêt (2013) sur les dernières grandes forêts du monde et les dangers qui les guettent.

« Tout le monde le sait, descendre au jardin ne résout pas les problèmes de la vie quotidienne, mais les relativise et les rend plus supportables. Sigmund Freud a eu ce regret tardif : « J’ai perdu mon temps ; la seule chose importante dans la vie, c'est le jardinage. »

— Francis Hallé, Aux origines des plantesEn 2020, Une Vie en forêt de Gilles Santantonio entraîne les spectateurs dans les pas de Francis Hallé au Gabon à l'aide de la Bulle. Le scénario est élaboré par Francis Hallé, Gil Kebaïli et Gilles Santantonio.

Francis Hallé meurt le 31 décembre 2025 à Montpellier à l'âge de 87 ans. La cérémonie civile se tient en la salle omniculte de Grammont de Montpellier dans la matinée du 10 janvier 2026 ; il est ensuite crématisé au complexe funéraire de Grammont le surlendemain, enfin ses cendres sont dispersées en pleine nature.

Animé du souci constant de ne pas détruire les végétaux, il a impulsé la mise au point du Radeau des cimes, un dispositif d’étude original de la canopée des forêts tropicales, dont il a dirigé les missions scientifiques de 1986 à 2003. De nombreux chercheurs de toutes disciplines et du monde entier ont séjourné sur le Radeau des cimes, et l’étude de ce biotope a permis entre autres de multiplier par dix l’évaluation de la diversité biologique, c’est-à-dire du nombre d’espèces vivant sur Terre.

Il constate que notre connaissance des plantes est encore considérablement imparfaite, la formation des biologistes se faisant toujours principalement sur l'homme et sur l'animal et restant de ce fait zoocentrée.

Dans son livre Éloge de la plante, il soutient que les végétaux et l'espèce humaine ne sont en rien comparables. Les végétaux sont apparus bien avant les hommes et les animaux en général et ils leur survivront certainement. En effet, tous les animaux (dont les humains) ont besoin des végétaux pour vivre (alimentation, énergie, vêtements, habitat, etc.) alors que la majorité des végétaux est capable de vivre en totale autonomie et pourrait ainsi très bien se passer de la plupart des animaux — hormis la pollinisation par les insectes et les oiseaux, relativement mineure pour les arbres.

En combinant ses capacités d’observation à une profonde empathie avec le végétal, il tire l’essentiel de ses découvertes de notions basiques :

« Je voudrais exprimer ma conviction que la connaissance de la forme – d’un objet, d’une plante, d’un animal – donne accès à beaucoup plus d’informations essentielles qu’une investigation analytique dans un domaine quantifiable quel qu’il soit. »

À partir d’un exposé comparant dans les premiers chapitres la géométrie tridimensionnelle, propre aux formes animales en mouvement, à ce qui relèverait d’une géométrie du plan, bidimensionnelle et propre aux végétaux, statiques, Francis Hallé dégage la notion de « surface d’échanges biologiques ». D’où il ressort que, une fois déployée et mise en rapport avec la masse de l’animal, la proportion de cette « surface d’échanges » est toujours considérablement plus étendue chez les végétaux : « Au niveau fondamental de l’appropriation de l’énergie, la surface externe – assimilatrice – de la plante équivaut à la surface interne – digestive – de l’animal ».

Francis Hallé aborde ensuite ce qui apparaît comme corollaire logique à cette science des formes : l’architecture des plantes.

Dans son livre Plaidoyer pour l’arbre, paru en 2005, Francis Hallé « souhaite porter à la connaissance du grand public les découvertes récentes autour de ce patrimoine commun à toute l’humanité ». Il affirme tout d'abord la difficulté de définir l'arbre. À l'aide d'exemples, il montre que la hauteur au-dessus du sol, le caractère ligneux de la plante, la présence de branches ne sont pas des caractéristiques que l'on peut conférer dans l'absolu aux arbres.

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