Isabelle Geneviève Marie Anne Gall, dite France Gall, née le 9 octobre 1947 dans le 12e arrondissement de Paris et décédée le 7 janvier 2018 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), est une chanteuse française.
Elle commence à chanter et faire de la musique enfant, avec ses frères, avant d'enregistrer son premier disque à l'âge de quinze ans. Elle devient alors le symbole d’une jeunesse gentiment irrévérencieuse avec des tubes tels que Sacré Charlemagne et Laisse tomber les filles, repris dans les chorales et les écoles. Sa popularité passe les frontières françaises à partir de 1965, date à laquelle elle remporte le premier prix en tant que candidate du Luxembourg au Concours Eurovision de la chanson avec le titre Poupée de cire, poupée de son, écrit et composé par son collaborateur régulier Serge Gainsbourg. Cette chanson est traduite dans de nombreuses langues et France Gall devient célèbre en Italie et surtout en Allemagne, mais aussi en Espagne où elle est très populaire au début des années 1970.
Elle rencontre un grand succès populaire en France après sa rencontre avec l'auteur-compositeur Michel Berger, qu’elle épouse en 1976. Leur collaboration donne naissance à une série de tubes de 1974 jusqu'au début des années 1990, composés par Berger et interprétés par France Gall : La Déclaration d'amour, Si, maman si, Il jouait du piano debout, Résiste, Débranche !, Diego libre dans sa tête, Babacar, Ella, elle l'a, Viens, je t'emmène ou Évidemment.
Le couple crée également l'opéra-rock Starmania, regroupant un florilège d'artistes populaires des années 1970 et 1980. France Gall y interprète le personnage de Cristal, et sa chanson Besoin d'amour devient un franc succès.
France Gall s'engage également auprès d'œuvres caritatives, contre la famine et la sécheresse au Mali notamment, avec l'ONG Action Écoles.
France Gall et Michel Berger viennent de coécrire un nouvel album lorsque ce dernier meurt brutalement, le 2 août 1992. Après la mort de leur fille Pauline en 1997, elle quitte définitivement la scène, se consacrant à la création et l'organisation d'une comédie musicale en hommage à Michel Berger, intitulée Résiste, à partir de 2015.
France Gall comptabilise plus de 20 millions de disques vendus dans le monde.
Isabelle Geneviève Marie Anne Gall naît le 9 octobre 1947 dans le 12e arrondissement de Paris.
Le père d'Isabelle, Robert Gall (1918-1990), ancien élève du conservatoire, est chanteur et auteur de plusieurs chansons populaires, comme Les Amants merveilleux pour Édith Piaf en 1960, et La Mamma pour Charles Aznavour, en 1963. Sa mère, Cécile Berthier (1921-2021), est la fille de Paul Berthier (1884-1953), cofondateur de la Manécanterie des Petits Chanteurs à la croix de bois. Elle est la nièce de Jacques Berthier, compositeur et organiste, cousine du guitariste Denys Lable, de Vincent Berthier de Lioncourt (fils de Jacques), fondateur, en 1987, du Centre de musique baroque de Versailles (CMBV) et de François Brochet, sculpteur.
La petite Isabelle est surnommée « Babou » par sa famille, surnom qu’elle portera jusqu'à sa mort. Son père, devant son caractère affirmé, lui octroie le sobriquet de « petit caporal ».
Elle apprend le piano à cinq ans, puis la guitare vers onze ans. Ses violons d’Ingres sont la peinture et les jeux de société. Vers l’âge de treize ou quatorze ans, elle fonde un petit orchestre avec ses deux frères jumeaux Patrice et Philippe. Ils jouent en public l'été sur les plages et l'hiver à Paris.
Elle voit défiler chez ses parents de nombreux artistes comme Hugues Aufray, Marie Laforêt ou Claude Nougaro. Enfant, elle accompagne parfois son père dans les coulisses de l'Olympia. Elle manque même l'école pour voir Piaf, Bécaud ou Aznavour en concert à Bruxelles. Redoublante au lycée Paul-Valéry, elle rate son baccalauréat puis finit par abandonner ses études.
Isabelle Gall donne son premier concert privé à Auxerre dans l'atelier de sculpture de son cousin éloigné Noël Brochet.
Pendant les vacances de Pâques en 1963, son père l'incite à enregistrer quelques chansons et remet les bandes à un éditeur musical, Denis Bourgeois. Le 11 juillet suivant, elle passe une audition avec lui au théâtre des Champs-Élysées, où elle interprète cinq chansons. Comme elle est mineure, son père signe pour elle le contrat chez Philips où Denis Bourgeois est déjà directeur artistique de Serge Gainsbourg. Elle enregistre quatre titres avec l'arrangeur Alain Goraguer, jazzman et compositeur.
Pour ne pas interférer avec Isabelle Aubret, de la même maison de disques, Isabelle change de prénom à la demande de son directeur artistique pour « France Gall ». Ce prénom aurait été un jeu de mots avec le match France-Galles qui se jouait à l'époque. La chanteuse commentera plus tard :
« J’ai toujours été contre “France”, je trouvais que c’était trop dur. “Isabelle”, ça me correspondait, ça me plaisait. Je ne sais pas ce qui s’est passé pour que je me mette à aimer mon nom. Et maintenant c’est “France Gall”. C’est exactement moi. »
Le jour de ses seize ans, le 9 octobre 1963, ses chansons sont diffusées pour la première fois à la radio française. C'est le titre phare, Ne sois pas si bête, qui obtient le succès. France Gall a la 44e place du hit-parade de Salut les copains de novembre. Denis Bourgeois une idée pour relancer la carrière de son poulain Serge Gainsbourg qui stagne. Il propose à Gainsbourg d'écrire pour France Gall. Le compositeur signe N'écoute pas les idoles sur le deuxième 45 tours de la chanteuse, titre qui arrive en tête du hit-parade de mars 1964. À propos de Serge Gainsbourg, France Gall confie :
« C’est quelqu’un que j’avais du plaisir à voir parce que je l’admirais et j’aimais ce qu’il écrivait. Et j’aimais bien sa timidité, son élégance et son éducation. C’était très agréable comme relation. […] J’étais très impressionnée que cet homme travaille pour moi et s’intéresse à moi… »