Ce Jour-là

Franc français

Ancienne unité monétaire de la France

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Le franc français, appelé simplement franc lorsqu'il n'y a pas ambiguïté (en abrégé F, f, FF, Fr, fr, fr. ou le symbole informatique ₣ ; code ISO 4217 FRF pour celui de 1960-2002), est une ancienne unité monétaire de la France, utilisée également en Andorre et à Monaco.

Bien qu’une pièce portant le nom de « franc », dite « franc à cheval », ait existé dès le 5 décembre 1360, le franc français n'est l’unité monétaire unique de la France qu’entre le 7 avril 1795 et le 31 décembre 1998 (et l’unité monétaire commune en Andorre et à Monaco). Il succède en effet à la livre tournois, unité de compte de l’Ancien Régime, le franc n’étant alors qu’une monnaie de règlement.

Le 1er janvier 2002, le franc français est remplacé en tant qu'unité de compte par l’euro, la monnaie de l'Union économique et monétaire européenne, dont il est devenu une division nationale le 1er janvier 1999 (au taux de 6,559 57 FRF = 1 euro).

Les premiers francs furent frappés à Compiègne le 5 décembre 1360, pour aider à payer la rançon du roi Jean II, capturé par les Anglais le 19 septembre 1356 à la bataille de Poitiers : les Anglais exigèrent contre sa libération la somme de 4 millions d'écus. Pour ce faire, le régent Charles fit fabriquer une nouvelle pièce, un écu d'or, dénommée plus tard le franc à cheval, pesant 3,87 g d'or fin équivalant à 1 livre tournois ou 20 sols. Cette monnaie fut taillée à raison de 63 pièces dans un marc d’or fin de 244,75 g.

Le roi y est représenté sur un destrier, armé d'un écu à fleur de lys et brandissant l'épée, avec, inscrit dans la légende, le terme « Francorum Rex » (c'est-à-dire : Roi des Francs). Dans l'une des trois ordonnances édictées le 5 décembre 1360, Jean II écrit : « Nous avons été délivré à plein de prison et sommes franc et délivré à toujours (…). Nous avons ordonné et ordonnons que le Denier d'Or fin que nous faisons faire à présent et entendons à faire continuer sera appelé Franc d'Or ». Le mot « franc » signifiant également « libre » (ou « affranchi »), il est donc probable que le nom de cette nouvelle monnaie vienne de cette double signification. Un acompte de 400 000 livres (soit 1 161 kilogrammes d'or) fut versé et le roi put être libéré.

En 1365, le franc d'or est frappé à l'image du nouveau roi Charles V. Sur une pièce au poids identique, le monarque est représenté à pied sous un dais. Cette pièce est appelée par la suite le franc à pied. En 1437, Charles VII réduit le poids du franc à 3,06 g d'or fin, et reprend l'image du roi à cheval. Le franc d'or, en poids et au change, est alors l'équivalent, à un demi-gramme près, du florin, monnaie la plus importante en Europe.

Le 31 mai 1575, le roi Henri III, en remplacement du teston, fait frapper un franc d'argent de 14,18 g titrant 606 ‰ d'argent fin et valant 20 sols et 4 deniers, soit d'une valeur légèrement supérieure à la livre tournois. En même temps, on frappe des subdivisions du franc : le demi-franc et le quart de franc. Cependant, il est décidé que l'unité monétaire de compte du Royaume n'est ni la livre ni le franc, mais un écu d'or valant 3 livres tournois. Puis, en 1586, Henri III édicte une ordonnance interdisant la frappe des francs d'argent. Seules les subdivisions peuvent continuer à être frappées. Cette décision est prise car les pièces sont souvent faussées pour récupérer un peu d'argent et tendent à être confondues avec d'autres types de pièces.

Le roi Louis XIII fait émettre des demi-francs et quart de francs respectivement de 7,094 g et 3,547 g d'argent à 833 ‰. Puis, Louis XIII décide de réformer le système monétaire en 1640 et le 23 décembre 1641, la Monnaie frappe une nouvelle pièce d'or à laquelle le roi donne son prénom : le louis d'or. Le louis d'argent qui en découle est appelé écu blanc. Le franc devient alors une monnaie désuète. Cependant, le terme « franc » reste vivace dans les esprits ; ainsi, Molière, Boileau, dans leurs œuvres, emploient le mot « franc » pour « livre », ou encore Madame de Sévigné dans les lettres à sa fille.

La loi du 18 nivôse an III (7 janvier 1795) permet l'émission des premiers assignats libellés en francs.

Suit la loi du 18 germinal an III (7 avril 1795), qui fixe la nomenclature définitive des nouvelles mesures républicaines (le mètre, l'are, le stère, le litre, le gramme), débaptise la vieille livre tournois (rappelant trop la royauté) et décide que l'unité monétaire officielle de la République française est le franc. La loi confirme le système décimal qui avait été imposé par la loi du 1er août 1793 adoptant le système métrique : un franc est subdivisé en 10 décimes ou 100 centimes, mais les pièces prévues ne seront jamais frappées. Il faut attendre 1796 pour voir apparaître les premières pièces en franc.

Avec la loi du 28 thermidor an III (15 août 1795), le franc devient l'unité monétaire française. Elle va préciser les caractéristiques des nouvelles pièces d'argent. Elles auront pour type la figure d'Hercule unissant les figures allégoriques de l’Égalité et de la Liberté avec la devise « Union et Force ». Le poids de la pièce de un franc est fixé à 5 grammes d'argent au titre de 900 ‰, soit 4,5 grammes de métal pur, ce qui permet de retrouver un poids pratiquement égal à celui donné à la livre depuis la réformation de 1726 (4,505 16 grammes).

La loi du 25 germinal an IV (14 avril 1796) donne les équivalences livre tournois/franc : la livre pèse 4,505 16 grammes d'argent, et le franc 4,50 grammes d'argent fin. La livre est donc très légèrement supérieure au franc, mais la loi dispose que la pièce de 5 francs soit donnée et reçue pour 5 livres 1 sou et 3 deniers. Le franc vaut donc officiellement 1 livre 0 sol et 3 deniers (inversement, 1 livre = 0,987 7 franc).

Ce qui peut sembler une escroquerie n'en est pas : une étude sur une importante quantité de livres tournois en circulation montrait que, du fait de l'usure, le poids moyen d'un écu de 6 livres (la pièce de 1 livre en argent n'existe pas) était inférieur à 6 × 4,50 grammes d'argent et se situait à 93 % du poids théorique. À la longue, 1 livre sera égale à 1 franc (soit 20 sols = 100 centimes ou 10 décimes).

Cependant, la production de pièces ne suffit pas à répondre à la demande, le pays souffre d'un manque général de métaux (or, argent, mais aussi cuivre et bronze). Notamment, beaucoup d'émigrés sont sortis de France avec leurs métaux précieux, la thésaurisation limite la circulation d'espèces métalliques, la monnaie papier affiche des montants de plus en plus petits. Pour accélérer la mise en place de la nouvelle monnaie, deux mesures sont mises en place :

la loi du 2 fructidor an IV (19 août 1796) décide que les pièces de billon de Louis XV et des règnes antérieurs peuvent circuler pour 2 sous (10 centimes) mais en pratique le public ne les accepte que pour 1,5 sou.

une campagne de récupération des métaux est mise en œuvre : dons patriotiques, confiscation des biens des émigrés, fonte de la vaisselle royale, fonte de l'argenterie et de l'orfèvrerie des églises et des abbayes, 30 000 cloches sont fondues.

Enfin, à partir de 1796, les guerres vont aussi permettre de faire venir des masses de métaux de toute l'Europe (45 millions de livres en 1796).

La loi des 16-17 floréal an VII (5-6 mai 1799) renverse le principe de la primauté de la livre tournois, et impose d'évaluer les monnaies royales en francs et centimes quand bien même elles seraient énoncées en livres/sous/deniers. Elle oblige les comptabilités et stipulations à être établies en francs à dater du 1er vendémiaire an VIII (23 septembre 1799). Elle donne les valeurs relatives des monnaies de la livre tournois, fixe le paiement des engagements, rentes, provisions, etc. Elle impose que les traitements des fonctionnaires, les impôts, transactions, les actes entre les particuliers, les retraites soient exprimés en francs.

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