Le franc belge (en néerlandais : Belgische frank, en allemand : Belgischer Franken) (code ISO : BEF, symbole : F, f., FB, Fr) est une unité monétaire de la Belgique, en vigueur de 1832 au 1er janvier 1999, date à laquelle il est devenu une subdivision de l'euro. Les billets de banque et les pièces libellés ont continué de circuler pendant une période de transition jusqu'au 1er mars 2002. Le franc était divisé en 100 centimes.
Le présent article est divisé en deux, une première partie économique et historique et une seconde partie reprenant la description des pièces et billets (voir Pièces de monnaie en franc belge).
Lors de l'indépendance de la Belgique du Royaume uni des Pays-Bas, le 4 octobre 1830, de nombreuses monnaies étrangères circulaient dans le pays, des francs français, des florins néerlandais, des pièces des anciens Pays-Bas autrichiens ou encore de la monnaie provenant de la Principauté de Liège. Le choix d'une unité monétaire devenait une priorité pour le jeune royaume.
Selon l'article 112 de la Constitution Belge, le Roi a le droit de battre monnaie, en exécution de la loi. Cette loi précise que la monnaie légale repose sur deux principes juridiques. Le premier confie le droit de frapper monnaie au pouvoir exécutif, le second charge le pouvoir législatif de fixer le statut monétaire.
Par la loi monétaire du 5 juin 1832, la Belgique se dota d'une unité monétaire semblable à celle de la France : « cinq grammes d'argent au titre de neuf dixièmes de fin constituent l'unité monétaire au nom de franc ». Le franc était donc défini en poids d'argent.
Joseph-Pierre Braemt (1796-1864) fut désigné graveur général de l'Hôtel des Monnaies de Bruxelles et c'est lui qui réalisa les premières pièces belges en argent en s'inspirant des pièces françaises à l'effigie de Louis-Philippe. Dès 1832 apparaissent ainsi les premières pièces en francs d'argent avec la tête du roi Léopold Ier, ceinte d'une couronne de chêne, et les premières pièces en centimes de cuivre avec le lion belge et la devise nationale, en français, « l'union fait la force ». Les premiers billets de banque sont émis par des banques privées, mais ils restent marginaux.
La loi monétaire du 31 mars 1847 fixa la parité or-argent. Une nouvelle série de pièces en or et en argent, dessinées par Léopold Wiener est frappée à partir de 1848 avec la tête nue (sans couronne) du roi Léopold Ier.
Le ministre des finances Hubert Frère-Orban (1812-1896), par une loi de mai 1850, crée la Banque nationale de Belgique. Une première série de billets de banque (de 20 francs à 1 000 francs) est émise en janvier 1851. L'impression est de faible qualité et tous les billets sont signés à la main par le gouverneur de la Banque nationale. Cependant la circulation des billets de banque va s'intensifier progressivement dans tout le pays et particulièrement au sein du milieu des affaires.
La loi monétaire du 28 décembre 1850 mit fin à la frappe des monnaies en or, ceci dans le but (sic) de juguler la spéculation. Quelques pièces commémoratives en or furent cependant frappées (100 francs 1853 « mariage du Duc de Brabant », 40 francs 1856 « 25e anniversaire de la Belgique »). Le cours légal des pièces étrangères et des anciennes monnaies fut également supprimé.
La loi monétaire du 4 juin 1861 rétablit à nouveau la parité or-argent : « 1 gramme d'or pour 15,5 grammes d'argent ». Des pièces en or (90 %) furent à nouveau émises tandis que l'Hôtel des Monnaies de Bruxelles frappait les premières pièces en cupronickel (20 centimes).
Malheureusement la spéculation sur l'argent réapparait, avec pour conséquence un réajustement de la valeur des monnaies. C'est pourquoi plusieurs pays d'Europe, la France, la Suisse, l'Italie et la Belgique concluent une convention le 23 décembre 1865 en vue de battre leurs monnaies sur un étalon monétaire identique, c'est la naissance de l'Union monétaire latine le 1er août 1866. La Grèce y adhéra en 1868. Les pièces en or et en argent de ces pays avaient une seule et même valeur. La pièce de 5 francs conserva son alliage de 90 % tandis que les valeurs divisionnaires en argent furent frappées avec un titre à 83,5 %.
Les premières pièces et les premiers billets avec les mentions en néerlandais sont imprimés en 1886 et 1887.
Pendant la Première Guerre mondiale (1914-1918), l'émission de billets par la Banque nationale est suspendue par les Allemands. Des émissions privées sont confiées à la Société Générale et le mark allemand devient un moyen de paiement légal. Des pièces en zinc sont frappées de 1915 à 1918. À la fin de la guerre, l'économie belge est en ruine et l'inflation se développe.
Pour améliorer la convertibilité de la monnaie belge par rapport à celle de la France, Henri Jaspar (1870-1939), ministre des finances, créa une deuxième unité monétaire, le belga, d'après les dessins de Devreese et Everaerts. À ce moment le franc a perdu jusqu'à un septième de sa valeur. C'est ainsi qu'à partir de 1926 apparurent les premiers billets et pièces avec la mention en belga en plus de celle exprimée en francs. 1 belga = 5 francs.
La convention du 23 mai 1935 (Union économique belgo-luxembourgeoise) entre le Royaume de Belgique et le Grand-duché de Luxembourg a défini une association monétaire entre les deux pays, officialisant une situation de fait depuis le traité d'union économique de 1921 : une parité de un pour un entre les deux monnaies et une libre circulation du franc belge au Luxembourg, le franc luxembourgeois devenant une monnaie d'appoint. Pendant la Seconde Guerre mondiale (1940-1945), l'occupant allemand impose à nouveau l'utilisation du mark allemand parallèlement à la monnaie belge. Il suspend le privilège d'émission de billets de la Banque nationale au profit d'une nouvelle Banque d'émission à Bruxelles tandis que les pièces de monnaie en zinc réapparaissent à partir de 1941 (type Rau, type Jespers).
Lors de la libération de la Belgique, en 1944, les Alliés avaient imprimé des billets et frappé des pièces en acier galvanisé (2 francs) type « Libération ». Le gouvernement belge en exil avait, quant à lui, pris les dispositions nécessaires pour éviter l'inflation telle que celle connue en 1918 (loi Gutt). Pendant la régence du prince Charles, la moindre référence à la maison royale disparaît des pièces de monnaie : les pièces en cupronickel avec le buste de Cérès commencent à circuler.
Dans la période qui suit la guerre, la Belgique adhère au nouvel ordre monétaire international, ou système monétaire international, qui dans les années 1970 voient se créer successivement le serpent puis le système monétaire européen.
Serpent et système monétaire européen