Ce Jour-là

Françoise Malaprade

Artiste peintre française

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Françoise Malaprade, née le 17 mai 1934 à Nancy et morte le 28 septembre 2024 à Saint-Nicolas-de-Port, est une artiste peintre française. Spécialisée en art mural, elle participe entre 1959 et 1989 à l’ornementation de bâtiments, dont certains sont toujours visibles dans les rues de Nancy et en Lorraine ; puis elle se consacre à une recherche picturale personnelle.

Françoise Malaprade naît à Nancy, en Lorraine. Elle grandit près du quartier de la Place Stanislas, non loin de l’école de chimie où se trouve le laboratoire de son père, Léon Malaprade, auteur de la réaction qui porte son nom.

Très tôt, elle prend goût aux livres et aux images. Un ouvrage sur Chardin et son œuvre attise sa sensibilité artistique. Elle admire également les œuvres de Vélasquez, Botticelli, Giotto, et plus généralement les œuvres de la renaissance. Ses premiers « chocs » artistiques sont « Le chant du coq » de Brancusi ; puis le travail de Chagall, qu’elle voit chez Aimé Maeght à Paris.

En 1952, elle intègre l’école des Beaux-Arts de Nancy et suit la formation de base jusqu’en 1955. À partir de cette date et jusqu’en 1959, elle se spécialise dans l’art monumental et en apprend les diverses techniques : fresque, vitrail, mosaïque, tapisserie, peinture, papiers collés. Elle étudie d’abord avec Robert Wogensky, élève de jean Lurçat, puis – demeurée seule de sa promotion – avec Albert Lenormand, qui a notamment participé à la décoration de l’église Saint-Rémy de Baccarat. Elle côtoie alors des artistes qui marquent la création en Lorraine, comme Camille Hilaire, André Wahl, Daniel Meyer, Jacquorlande Sinapi et, en dehors de l’école, Nicole Gauthier, Denise Romanini-Aragon et Marguerite Jacquot, élèves de Victor Prouvé.

Très rapidement, en 1963, elle reçoit une commande au titre du 1% culturel des constructions publiques. L’architecte Jacques Haenel est chargé du projet d’aménagement du Centre Régional d'Éducation Populaire et de Sport (CREPS) de Lorraine sur le site de l’ancienne chocolaterie d’Essey-lès-Nancy. Il fait appel à Françoise Malaprade pour intervenir sur le grand mur du Foyer, lieu de détente et de loisir des sportifs en formation.

Dans l’esprit de l’artiste, cette première œuvre sera une sorte de sortie de thèse, l’aboutissement de sa formation : elle choisit de peindre ce mur de 3,20 mètres de hauteur par 6,50 mètres de longueur « à fresque », selon la technique traditionnelle fresque lissée sur mortier frais, dans un style contemporain. Le thème retenu, « la FÊTE » tente de faire lien entre l’activité de l’établissement qui consiste à former des sportifs, l’espace de détente choisi pour accueillir l’œuvre – où se tiennent parfois des spectacles – et les influences de l’époque : Léger, Picasso, Braque pour la peinture, le jazz band pour la musique.

Cette réalisation implique pour Françoise Malaprade de retrouver la technique ancienne appliquée par les Maîtres de la Renaissance ; elle est assistée dans cette tâche par Henri Schrepfer, entrepreneur, qui choisit M. Montagne, maçon expérimenté. Ce dernier prépare le mortier et l’applique sur la portion de mur à peindre ; l’artiste décalque les motifs et peint. Claude Schrepfer - son mari - incorpore la couleur par lissage.

De 1960 à 1980 : ses relations avec le milieu de l’architecture lui permettent de réaliser de nombreuses animations de murs grâce au béton armé. Ces années béton l’autorisent à développer de nouvelles mises en œuvre pour valoriser ce matériau et ce grâce à l’instigation d’un collaborateur de l’architecte Henri Prouvé, Claude Schrepfer, élève architecte dont la démarche est concrétisée par Bernard Guyot, élève ingénieur.

1966 : Centre paroissial Notre Dame des Pauvres - Nancy : la première réalisation se situe au Haut du Lièvre, l’un des nouveaux quartiers de Nancy. Le projet est confié à Dominique Louis, architecte dont la production garde une place majeure dans l’architecture d’après-guerre à Nancy. L’église est composée d’une nef circulaire, un baptistère et une chambre des morts. Ces espaces distincts sont reliés par des couloirs que Françoise Malaprade est chargée d’animer sur les thèmes respectifs de « l’histoire de l’Église » et « Requiem ». Il s’agit de bas-reliefs obtenus au moyen de mortier, appliqué dans les vides laissés par des panneaux de polystyrène expansé découpés puis cloués sur les murs et les plafonds, sur une surface de 75 mètres carrés environ.

1969 : Centre Paroissial Saint-François d’Assise – Vandœuvre-lès-Nancy : Dans le cadre du projet confié à l’architecte Henri Prouvé, elle reçoit commande pour animer les façades de la chapelle annexe de l’église, sur le thème de la vie de Saint-François. La décoration de ces surfaces est obtenue par des panneaux préfabriqués en béton armé coulés à plat sur un fond de moule. Les motifs sont obtenus par des réservations en polystyrène expansé découpé. L’ensemble est constitué de 29 panneaux de 3 mètres de hauteur et de 1,70 mètre de largeur. Ce centre paroissial est inscrit depuis le 4 octobre 2012 à l’inventaire des monuments historiques.

Groupe scolaire Jeanne d’Arc, Vandœuvre-lès-Nancy : Architectes : Baudoin et Lejzerzon. Utilisant la même technique, animation de l’ensemble des façades au moyen de 62 éléments en béton moulé de 2 mètres par 2 mètres, intégrant une macro mosaïque en grès émaillé à dominante rouge et blanc.

Groupe scolaire Bichat-Niederbronn, Lunéville: Architecte : Fernand Costes. Deux faces du mur écran décoratif à l’entrée des garçons. Thème : « Ulysse , odyssée chant XXI vers 404 à 423 » ; dimensions 2,20 mètres de hauteur, 4,60 mètres de longueur, 20 cm d’épaisseur multiplié par 2. Béton armé coulé sur place par l’entreprise Ramelli.

1972 : direction des PTT, 3 boulevard Joffre – Nancy : Architecte : Henri Prouvé. Ensemble comportant des allèges de fenêtres et un mur de soutènement. Bas-reliefs coulés sur place dans des coffrages en polystyrène expansé sculpté à l’aide d’une panne chauffée avec un courant électrique, représentant 250 mètres carrés de surface. Illustration du thème du message. Rappel du rôle qu’ont joué les pigeons voyageurs.

1974 : Musée Pierre-Noël de Saint-Dié-des-Vosges : Architecte : Aldo Travaglini. Reprise du procédé de moulage du béton en béton blanc pour animer 3 façades. Le lieu est proche de la cathédrale, non loin de l’usine Claude-et-Duval créée par Le Corbusier. Thème : « la promenade », « le banquet » et « garder, préserver ». Dimensions : 78 éléments de 2,50 mètres de hauteur par 1,22 mètre de largeur.

1979-1980 : Cité Judiciaire de Nancy : Architectes : Biro et Fernier. Traitement de la passerelle, accès principal de la cité. 164 éléments préfabriqués dont la couleur rappelle l’aspect de la lave ; moules en polystyrène expansé très élaborés, sur le thème : « TOUT HOMME EST L’HOMME ». Assistant : Paul Schrepfer, alors étudiant à l'École d'architecture de Nancy.

1982 : direction de la SNCF, viaduc Kennedy – Nancy : Architecte : Jean-Luc André. Dans la même ligne d’intervention plastique dans l’espace public, Françoise Malaprade conçoit un motif « domino » béton gris et brique qui s’intègre dans le projet architectural. Moules par Cini. Thème : « jeux ». Assistant : Paul Schrepfer, alors étudiant à l'École d'architecture de Nancy.

À la suite de ces commandes qui décorent l’extérieur des bâtiments – et grâce à sa formation qui l’a conduite avec Albert Lenormand à fréquenter les Ateliers Pinton au moment d’aborder la technique de la tapisserie–, viennent les commandes pour orner certains murs à l’intérieur des édifices. Le choix de la technique traditionnelle de la tapisserie s’impose, ainsi que celui de la manufacture Pinton à Felletin dans la Creuse pour son savoir-faire sur métier basse-lisse.

1980 « La Fête Républicaine » : Dimensions : 2,85 mètres de hauteur, 9,25 mètres de longueur, salle du conseil Municipal de l’Hôtel de Ville de Vandœuvre-lès-Nancy. Cette tapisserie a été inscrite au titre des monuments historiques le 16 juin 2022.

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