Ce Jour-là

Françoise Arnoul

Actrice française

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Françoise Gautsch, dite Françoise Arnoul, est une actrice française, née le 9 juin 1931 à Constantine (Algérie française) et morte le 20 juillet 2021 à Paris.

Les années 1950 constituent la période de gloire de l’actrice, où elle est une véritable vedette en France et participe à des films importants, dont French Cancan, de Jean Renoir, en 1955. Après 1960, sa carrière au cinéma est devenue plus confidentielle.

Françoise Annette Marie Mathilde Gautsch et ses deux frères sont les enfants du général de brigade Charles Lionel Honoré Arnoul Gautsch (1882-1969), un polytechnicien, à qui elle empruntera un prénom pour en faire son nom d'artiste.

Sa mère, Janine Gradwhol, d'origine juive, devenue femme au foyer après son mariage, avait auparavant suivi les cours d’art dramatique du conservatoire de Lyon et était apparue sous le nom de Jeanine Henry sur la scène du théâtre des Célestins aux côtés de Charles Vanel.

Mme Gautsch incite très tôt sa fille à se former dans le domaine artistique : « Tu dois penser à l’art, la seule chose réellement belle. Si tu n’aimes pas le piano autant que moi, fais de la danse. »

Françoise est donc inscrite aux cours de danse à Rabat où son père est en poste au début de la Seconde Guerre mondiale. Vers l'âge de sept ans, elle fait ses débuts sur les planches dans le rôle d'un papillon pour le Carnaval de Robert Schumann, dans un ballet donné au profit de la Croix-Rouge. Ce spectacle va aussi être présenté dans les grandes villes du Maroc.

Elle commence ses études secondaires au lycée de Casablanca, où la famille a déménagé. Elle continue ses cours de danse classique. C’est à cette époque qu’elle découvre le cinéma, ses magazines et ses stars, Shirley Temple, Errol Flynn ou Gary Cooper.

En 1945, Charles Gautsch reste au Maroc, retenu par ses obligations professionnelles, mais le reste de la famille rentre en France, s'installant un moment à Bagnères-de-Bigorre dans les Hautes-Pyrénées, puis dans le 16e arrondissement de Paris.

Françoise Gautsch entre au lycée Molière et partage sa passion naissante pour la composition française avec ses deux nouvelles amies : Yvonne Roussel, la sœur de Michèle Morgan (Simone Roussel), et Danièle Heymann, fille du réalisateur Claude Heymann et future journaliste. Les trois amies, entre le lycée et la lecture de Cinémonde, organisent de petites représentations entre elles, le goût de la déclamation leur ayant été inculqué par leur professeur de français.

Un jour, Yvonne Roussel obtient deux places pour assister, dans la loge de sa sœur Michèle Morgan au théâtre de l'Empire, à la projection de son dernier film, La Symphonie pastorale de Jean Delannoy (1946). C'est le premier contact de Françoise avec une star.

Quelque temps plus tard, devant cette même salle de L’Empire, elle est abordée par le réalisateur Marc Allégret qui recherche deux jeunes filles pour son prochain film, Les lauriers sont coupés. Elle est reçue par le jeune assistant d’Allégret, Roger Vadim, qui lui annonce que l’autre jeune fille, une certaine Brigitte Bardot, est déjà engagée ; mais finalement le film ne se fera pas.

Ayant peu de goût pour les études, Françoise quitte le lycée en classe de seconde, déclarant à sa mère : « Je veux faire du cinéma. » Elle est inscrite aux cours d'art dramatique dispensés dans le IXe arrondissement par l'une des connaissances de sa mère, madame Bauer-Thérond. Elle y a pour condisciples Michel Drach, Roger Carel et Roger Hanin. Lors d’une audition au théâtre de la Potinière, elle signe un contrat avec l’agence artistique Besnard, qui compte déjà parmi ses jeunes acteurs Magali Noël et Renée Cosima.

Elle est pressentie par Robert Dhéry pour une pièce qu’il est en train de monter, Le Bouillant Achille de Paul Nivoix (1948), avec pour vedette Bourvil, mais le rôle est finalement confié à une autre débutante, Nicole Courcel.

Françoise fait une première figuration en 1948 dans Rendez-vous de juillet de Jacques Becker, où Nicole Courcel tient l'un des rôles principaux.

Allant sur ses 18 ans, elle est engagée par Willy Rozier qui lui confie son premier grand rôle dans L'Épave (1949). Elle est « Perrucha », un rôle qui, avec quelques scènes déshabillées, lance le personnage de Françoise Arnoul. Elle expliquera ultérieurement que plusieurs plans de ce film étaient truqués : mineure à l’époque, elle était contrainte par la loi de se faire doubler pour les plans les plus osés.

Même si elle joue quelquefois des rôles légers, comme dans Nous irons à Paris (1950) ou de midinette comme dans French Cancan (1954), elle incarne le plus souvent des personnages peu conventionnels, troubles et destructeurs, voire pervers : Le Fruit défendu (1952), La Rage au corps (1954), et la série des films d’Henri Decoin, La Chatte (1958-1960), où son visage félin d’espionne perdue séduit les spectateurs. Plus que Brigitte Bardot dont le succès l'a en partie éclipsé dans cette période, elle incarne des personnages souvent énigmatiques. Elle dit à Vadim sur le plateau de Sait-on jamais… (1957) : « Si tu cherches Brigitte à travers moi, tu ne la trouveras pas. Elle n’est pas moi, je ne suis pas elle ! ». Avec ce film et avec celui de Pierre Kast, La Morte-Saison des amours (1960), elle a l’occasion de montrer ses talents.

Dans les années 1950, elle travaille sous la direction de Carlo Rim, Henri Decoin, Henri Verneuil, Pierre Billon, Georges Lacombe, Pierre Chenal et figure dans un film de Sacha Guitry : Si Paris nous était conté ; par contre, la scène qu'elle a tournée pour son Napoléon a été coupée au montage.

Elle connaît ses premiers vrais triomphes d'actrice à partir de 1955, face à Jean Gabin dans Des gens sans importance d'Henri Verneuil et French Cancan de Jean Renoir. Elle fait un caméo dans En effeuillant la marguerite de Marc Allégret, dont Brigitte Bardot, à la veille de l'explosion mondiale de sa notoriété, est la vedette, et trouve un de ses plus beaux rôles aux côtés de Robert Hossein dans Sait-on jamais… de Roger Vadim, dont l'action se déroule à Venise, sous la neige, au son du Modern Jazz Quartet. Elle s'épanouit aussi, entre Bernard Blier et Roger Hanin dans le diptyque La Chatte et La Chatte sort ses griffes, mis en scène par Henri Decoin, et son imperméable noir entre dans la mythologie du cinéma de cette époque.

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