Ce Jour-là

Françoise-Marie de Bourbon

Aristocrate française

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Françoise-Marie de Bourbon, dite la Seconde Mademoiselle de Blois, est née à Maintenon le 2 mai 1677 et est morte à Paris le 1er février 1749. Fille légitimée du roi Louis XIV et de sa maîtresse en titre Madame de Montespan, elle est par union avec Philippe d'Orléans, duchesse de Chartres puis duchesse d'Orléans. Durant la minorité du roi Louis XV, son époux fut désigné comme régent de France. Femme orgueilleuse et fière, elle arrange de prestigieux mariages pour ses huit enfants.

Françoise-Marie de Bourbon est née au château de Maintenon le 2 mai 1677. Née de l'union du roi Louis XIV et de sa maîtresse Madame de Montespan, elle est ainsi légitimée par lettres patentes en 1681. Sa mère étant une femme mariée de la cour, le nom de cette dernière ne fut pas mentionné. En ce temps, la marquise connait la disgrâce, notamment suite à l'Affaire des poisons. Suite à une première séparation obtenue par l'aumônier de la cour, puis une réconciliation, dont Françoise-Marie et le comte de Toulouse furent les fruits, la disgrâce fut alors signifiée. La légitimation de leurs deux enfants peut être ainsi vue comme un cadeau de rupture du roi.

Ce dernier octroya à sa fille le titre de « Mademoiselle de Blois », porté auparavant par Marie-Anne de Bourbon, une fille qu'il eut avec Louise de La Vallière. La jeune fille n'était pas aimée par sa mère la marquise de Montespan qui, alors célèbre par sa beauté, lui en voulait d'être laide. Elle était très fière de son ascendance royale et de ses liens avec la maison de Bourbon. Plus tard, on plaisantait à propos de sa fierté en disant qu'elle « se souviendrait qu'elle était une fille de France, même sur sa chaise percée ». Le marquis d'Argenson disait qu'elle ressemblait à mère sur le plan physique et qu'elle avait hérité de l'esprit ordonné et la dureté de son père.

Dans une volonté d'abaisser les grands du royaume, Louis XIV donna à sa fille pour époux son neveu Philippe d'Orléans, duc de Chartres. La cérémonie fut célébrée en la chapelle royale du château de Versailles le 18 février 1692. Après la cérémonie, un banquet fut offert dans la galerie des Glaces en présence des princes du sang. Il se trouvait parmi les invités le roi Jacques II et son épouse Marie de Modène, alors en exil. Cette dernière eut même l'insigne honneur de pouvoir donner à la duchesse son linge de lit. La princesse palatine, la mère du duc, considérait cette union comme étant une mésalliance, giflant son fils devant la cour en apprenant la nouvelle.

Mère de la jeune duchesse, Madame de Montespan ne fut même pas présente lors du mariage. Le roi attribua à sa fille une dot énorme de deux millions de livres, mais qui ne suffit pas à vaincre les prétentions du côté des Orléans. Pour convaincre son frère, « Monsieur », d'accepter ce mariage, le roi lui offrit pleinement le Palais-Royal et chargea le marquis d'Effiat, amant de ce dernier, d'user de son influence. En tant qu'épouse d'un petit-fils de France, Françoise-Marie bénéficia du prédicat d'Altesse Royale. Les jeunes mariés purent ainsi souvent dîner en la compagnie du roi ainsi qu'être assis en sa présence, un droit offert par le privilège du tabouret de grâce.

En tant que duchesse de Chartres, Françoise-Marie devenait la deuxième, puis plus tard la troisième dame du royaume en 1697 après l'arrivée de la jeune duchesse de Bourgogne, épouse du duc de Bourgogne. Le mariage du duc et de la duchesse de Chartres ne fut pas heureux. Lors de l'annonce de ses fiançailles, Françoise-Marie disait alors avec cynisme : « Peu m'importe qu’il m'aime, pourvu qu'il m’épouse ! ». Quant au promis, il ne tarda pas à surnommer son épouse « Madame Lucifer ».

Néanmoins, le duc et la duchesse eurent huit enfants au cours de leur mariage :

Fille non-identifiée, Mademoiselle de Valois (17 décembre 1693 - 17 octobre 1694) ;

Marie-Louise-Élisabeth d'Orléans (1695-1719), épouse de Charles de France, duc de Berry ;

Adélaïde d'Orléans (1698-1743), Mademoiselle d'Orléans, future abbesse de Chelles ;

Charlotte-Aglaé d'Orléans (1700-1761), Mademoiselle de Valois, épouse de François III de Modène, duc de Modène ;

Louis d'Orléans (1703-1752), futur duc d'Orléans, surnommé « le Pieux » ;

Louise-Élisabeth d'Orléans (1709-1742), Mademoiselle de Montpensier, épouse de Louis Ier, roi d’Espagne ;

Philippine-Élisabeth d'Orléans (1714-1734), Mademoiselle de Beaujolais ;

Louise-Diane d'Orléans (1716-1736), Mademoiselle de Chartres, épouse de Louis-François de Bourbon-Conti, prince de Conti.

Le duc trompait régulièrement son épouse mais celle-ci, imbue de sa naissance royale, n'était pas très ennuyée par cela et ne se souciait pas plus de ses enfants. Elle cherchait absolument à compenser le « vice » de sa naissance en traitant son entourage avec hauteur, y compris sa belle-sœur, la duchesse Élisabeth-Charlotte d'Orléans, qu'elle voulait traiter « en servante ».

La mort de Monsieur, survenue le 9 juin 1701, permet à Françoise-Marie de devenir duchesse d'Orléans et d'ainsi se hisser au rang de seconde dame de la cour, juste après la duchesse de Bourgogne. Le duc de Saint-Simon nous livre dans ses Mémoires un portrait plutôt précis :

« Madame la Duchesse d’Orléans était grande et de tous points majestueuse; le teint, la gorge, les bras admirables, les yeux aussi ; la bouche assez bien avec de belles dents, un peu longues; des joues trop larges et trop pendantes qui la gâtaient , mais qui n’empêchaient pas la beauté. [...] Elle avait un parler gras si lent, si embarrassé, si difficile aux oreilles qui n’y étaient pas fort accoutumées, que ce défaut, qu’elle ne paraissait pourtant pas trouver tel, déparait extrêmement ce qu’elle disait. »

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