Marie-François-Denis Thomas, comte de Pange, dit « le chevalier de Pange », né à Paris le 9 novembre 1764 et mort à Passy-sur-Yonne le 15 juillet 1796, est un homme de lettres et journaliste libéral sous la Révolution française. Il est le second fils survivant de Jean-Baptiste Thomas, marquis de Pange, et de Renée d'Épinoy. Proche d’André et de Marie-Joseph Chénier, il publie également deux ouvrages de Germaine de Staël, qui lui témoigne une vive estime[réf. souhaitée].
Une famille au service des ducs de Lorraine
Originaire de Lorraine, la famille Thomas appartient à la noblesse de robe. Elle est anoblie en 1626 par le duc Charles IV de Lorraine en récompense de sa fidélité. La lignée sert durablement la dynastie ducale[réf. souhaitée].
Au XVIIIe siècle, la Lorraine est partagée entre le duché de Lorraine, le duché de Bar, le royaume de France et quelques principautés relevant du Saint-Empire romain germanique. Jean-Baptiste Thomas acquiert diverses charges financières, tant dans les Trois-Évêchés, alors français, qu’en Lorraine : il est notamment trésorier général de l'Extraordinaire des guerres à Metz et trésorier général de l'Ordre militaire de Saint-Louis.
En 1720, à la demande du duc Léopold Ier, il achète la terre de Pange, située à la frontière du duché de Lorraine et du pays messin, déjà intégré au royaume de France. En 1756, il y fait édifier, par l’architecte Jean-Baptiste Louis, un château de style classique. Il acquiert également à Paris l’ancien Hôtel de la Force, dans le quartier aristocratique du Marais.
Peu avant sa mort, Stanislas Leszczynski, placé à titre viager sur le trône de Lorraine par son gendre Louis XV de France, érige la terre de Pange en marquisat (1766).
Le premier marquis de Pange naît alors que le duc Charles V de Lorraine se distingue lors de la défense de Vienne contre les Ottomans. Il meurt sujet du roi de France, trois ans après la disparition de Stanislas Leszczynski. Âgé de 89 ans, il laisse à son fils aîné le titre et une fortune considérable.
Le second marquis de Pange épouse en premières noces Marie-Adélaïde de Chambon d'Arbouville, dont il a une fille. En 1755, il convole en secondes noces avec Renée d'Épinoy, qui lui donnera une autre fille et trois fils.
À la différence de son époux, plus âgé de seize ans, la marquise de Pange est issue de la haute noblesse[réf. nécessaire]. Sa grand-mère, membre de la maison de Fürstenberg, est apparentée à plusieurs familles princières européennes[réf. nécessaire].
La famille Thomas de Pange ne bénéficie pas des honneurs de la cour et ne peut être présentée au roi, mais elle fréquente des lignées prestigieuses, notamment les Montmorency-Luxembourg, parents de la marquise et protecteurs de Jean-Jacques Rousseau.
Les deux filles du marquis, Adélaïde et Françoise, contractent des alliances jugées brillantes, qui leur permettent d’être présentées à la cour et d’y occuper des fonctions officielles[réf. nécessaire].
Adélaïde, l’aînée, épouse en 1769 le fils cadet du maréchal de Bercheny. La cadette, Françoise, épouse en 1773 Claude-Anne de Rouvroy de Saint-Simon, marquis de Saint-Simon, en présence du roi. Peu après, elle est présentée à la cour puis nommée dame d'honneur de la comtesse d'Artois, petite-fille par alliance de Louis XV.
La comtesse de Bercheny et la marquise de Saint-Simon meurent prématurément en 1777, à quelques jours d’intervalle.
La famille de Pange est étroitement liée aux Montmorin. Le comte de Montmorin, l’un des derniers ministres de Louis XVI, paie de sa vie sa fidélité au souverain.
François de Pange entretient des liens étroits avec ses cousines, notamment Pauline de Montmorin, comtesse de Beaumont — qui deviendra après la Terreur l’une des proches de Chateaubriand — et Anne-Louise de Domangeville, fille de son oncle Jean-Baptiste-Nicolas Thomas de Pange. François et Anne-Louise restent très proches tout au long de leur vie.
À la différence de nombreux couples issus de leur milieu, le comte et la comtesse de Pange semblent former une union stable, centrée sur la vie familiale. Ils perpétuent certaines traditions lorraines, comme la fête de la Saint-Nicolas, dans leur hôtel du Marais, où ils accueillent les proches de leurs enfants.
Le fils aîné, Marie Louis Thomas de Pange, entre à 13 ans dans le régiment de Bercheny, dont son beau-frère est le propriétaire.
Cadet de la famille, François est destiné à l’ordre de Malte. Il est nommé chevalier de Saint-Jean de Jérusalem à l’âge de quatre ans et sera connu sous le nom de « chevalier de Pange », appellation liée à sa qualité de membre de l’ordre et, selon certains témoignages, à sa réputation de droiture[réf. souhaitée].