François VI, deuxième duc de La Rochefoucauld, prince de Marcillac, pair de France, né le 15 septembre 1613 à Paris (paroisse Saint-Honoré) et mort le 17 mars 1680 dans la même ville (paroisse Saint-Sulpice), est un écrivain, moraliste, mémorialiste et militaire français du XVIIe siècle.
Il fait partie du mouvement littéraire du classicisme et est célèbre pour Maximes. Bien qu'il n'ait publié officiellement que ses Mémoires et ses Maximes, sa production littéraire est dense.
Appartenant à l'une des plus illustres familles de la noblesse française, François VI de la Rochefoucauld, alors prince de Marcillac, naît rue des Petits-Champs, dans le centre de Paris, le 15 septembre 1613 et est baptisé dans l'église Saint-Honoré (aujourd'hui détruite) le 4 octobre 1613, fils de François III de La Rochefoucaud et de Sylvie Pic de La Mirandole.
En 1628, le prince épouse sa cousine Andrée de Vivonne, riche héritière de la baronnie de la Châtaigneraie. Il reçoit la baronnie d'Ardelay en dot.
À l'âge de 16 ans (le 1er mai 1629), le jeune La Rochefoucauld succède à son oncle Benjamin de La Rochefoucauld, comte d'Estissac, en tant que mestre de camp du régiment d'Estissac. Son père François est gouverneur du Poitou.
Très jeune, le prince de Marcillac se mêle activement à toutes les intrigues de l'époque et prend part aux complots de Gaston de France et de la duchesse de Chevreuse contre le cardinal de Richelieu. Sa vie se voit dès lors ponctuée de disgrâces ; arrêté puis emprisonné à La Bastille pendant huit jours, il opte pour l'exil et se retire sur ses terres. À la mort de Richelieu (1642), il revient à la cour. Le cardinal Mazarin succède à Richelieu, mais l'animosité ne s'étiole pas. Le roi meurt en 1643. La reine Anne d'Autriche assume la régence pour son fils Louis XIV et garde le cardinal Mazarin comme premier ministre.
Nonobstant ses bravades, le prince de Marcillac est fait maréchal de camp le 19 mai 1646. Pendant la Fronde, il prend le parti de la révolte nobiliaire encouragé par sa maîtresse la duchesse de Longueville, princesse du sang, la propre sœur du Grand Condé. Leur fils né pendant le siège de la capitale sera nommé Charles-Paris, la capitale française étant sa marraine.
À la mort de son père en 1650, il prend le titre de duc de La Rochefoucauld, qu'il est le deuxième à porter. Blessé à plusieurs reprises au combat, il évitera de peu la cécité.
Assagi, c'est alors que, dans son château de Verteuil en Angoumois, il rédige ses « Mémoires » qu'il consacre à la régence d'Anne d'Autriche et qui sont publiés sans son autorisation à Cologne en 1662. Le scandale le pousse à désavouer son œuvre. Il publia lui-même sa propre édition en 1665. Jouissant de la faveur de Louis XIV, il se consacre à la réflexion. En 1661, il est fait chevalier des ordres du Roi.
Il fréquente dès lors les salons des « honnêtes gens » et se lie d'amitié avec la marquise de Sévigné, la marquise de Sablé et plus particulièrement avec la comtesse de La Fayette. Cette dernière et lui se côtoient tous les jours, et la comtesse comprend alors les états d'âme du duc, aussi bien d'amant trompé que du fait des intrigants de la Fronde (?). Tout le porte au mépris de l'humanité et à la misanthropie.
Ses réflexions successives l'amèneront à publier un ouvrage inédit en 1665 : les Réflexions ou sentences et maximes morales (communément nommé « Maximes »), ponctué d'aphorismes philosophiques.
La Rochefoucauld s'éteindra après avoir reçu l'extrême-onction des mains mêmes de Bossuet.
La Rochefoucauld fit partie du salon de Madeleine de Sablé, membre de la coterie de Rambouillet. Il s'était consacré dans la solitude à l’écriture de ses mémoires alors que la fréquentation des salons lui servit pour la composition de ses fameuses Maximes. En 1662, la publication de ses mémoires par les Elzeviers causa du trouble dans le petit monde des salons. Beaucoup de ses amis furent profondément blessés et il se hâta d’en nier l’authenticité. Trois ans plus tard, il publia sans son nom les Maximes, qui l’établirent d’un coup parmi les plus grands hommes de lettres. À peu près à la même époque commença son amitié avec Marie-Madeleine de La Fayette (1655), qui dura jusqu’à la fin de sa vie. Les aperçus que nous avons de lui proviennent surtout des lettres de Marie de Sévigné et, bien qu’elles montrent son agonie souffrant de la goutte, sont généralement plaisantes. Il avait un cercle d’amis dévoués dans les salons et à la cour (Simon Arnauld de Pomponne…) ; il était reconnu comme un moraliste et un écrivain de la plus haute valeur et il aurait pu entrer à l’Académie française sur demande.
Son fils, François, prince de Marcillac, auquel il avait donné un peu avant sa mort ses titres et honneurs, bénéficia d’une position supérieure à la cour.
Comme la plupart de ses contemporains, il voyait la politique comme un jeu d’échecs. Les Maximes forment une dénonciation inlassable de toutes les apparences de vertu.
Jean de La Fontaine lui a dédié sa fable no XI, située dans le premier recueil des Fables de La Fontaine : L'Homme et son image.
À 16 ans, en mai, il prend la place de maître de camp à son oncle Benjamin de la Rochefoucauld. Ses exploits militaires l'amènent à intégrer la Cour de la reine Anne d'Autriche dont il devient le chevalier servant. Il part faire la guerre lors de la guerre de Trente Ans.
Face à la volonté de Richelieu d'instaurer un régime absolutiste, le duc de La Rochefoucauld ne cache pas son hostilité ouverte envers le cardinal, qui le fait embastiller puis exiler dans ses terres de Verteuil. C'est dans une grande désillusion qu'il apprend qu'il ne sera pas récompensé par le nouveau cardinal Mazarin, malgré ses nombreux services rendus à la reine. Ce dernier espérait en effet obtenir plus rapidement le titre de duc afin de recevoir les Honneurs du Louvre, et le privilège du tabouret pour sa femme.