François de France, né au château de Fontainebleau le 18 mars 1555 et mort à Château-Thierry le 10 juin 1584, est le dernier fils d'Henri II et de Catherine de Médicis. Titré duc d'Alençon, d'Anjou, de Touraine, de Brabant et de Château-Thierry, il est aussi connu comme François d'Alençon ou François d'Anjou, d'après ses titres d'apanages.
À la tête du parti des Malcontents, François joue un rôle politique important dans la France des années 1570. Il provoque des troubles à la cour de son frère Henri III et participe aux sixième et septième guerres de religion.
Dans le cadre de la guerre des Pays-Bas contre Philippe II, roi d'Espagne, il est appelé en 1580 à devenir leur nouveau souverain, mais cette opération aboutit à un échec (1583). Il est aussi prétendant de la reine Élisabeth Ire d'Angleterre de 1572 à sa mort, mais le mariage ne se réalise pas.
Il meurt prématurément en 1584, de la tuberculose. Sa mort a une conséquence majeure : le roi Henri III n'ayant pas d'enfant, c'est Henri de Navarre, chef du parti protestant, qui devient l'héritier présomptif de la couronne de France. Cette situation provoque une radicalisation du camp catholique sous la forme de la Ligue, origine de la huitième guerre de religion (1585-1598)[réf. incomplète], marquée par l'assassinat du duc de Guise (1588), l'assassinat d'Henri III (1589) et l'avènement du roi de Navarre, sous le nom d'Henri IV.
Chétif de naissance, François est pourtant baptisé Hercule et a pour parrains le cardinal Louis de Lorraine et le connétable de France Anne de Montmorency, et pour marraine la duchesse de Guise, Anne d'Este.
En 1565, il reçoit le prénom de François, aux côtés de son frère Henri, baptisé « Alexandre-Edouard », à l'occasion de leur confirmation, au cours du tour de France royal de 1564-1566.
Dans son enfance, François est gravement touché par la variole (dite « petite vérole ») et son visage en restera durement marqué : Henri de La Tour d'Auvergne note que la petite vérole « le changea du tout au tout l’ayant rendu méconnaissable, le visage lui ayant demeuré tout creusé, le nez grossi avec difformité, les yeux rapetissés et rouges, de sorte que d'agréable et beau qu'il étoit, il devint l’un des plus laids hommes qui se voyoient et son esprit n'étoit plus si relevé qu'auparavant ».
François est un prince revêche et taciturne, mais ambitieux. Dernier né de la famille royale, il est jaloux des égards dont bénéficie Henri, alors duc d'Anjou, futur Henri III, à l'ombre duquel il grandit.
Tout l'oppose à son frère : la physionomie, l'allure et le caractère.
François ne reçoit pas de sa mère, Catherine de Médicis, autant de responsabilités que le duc d'Anjou. Chargé en 1569 du gouvernement de la ville de Paris en l'absence du roi (Charles IX), mais la reine-mère ne lui faisant guère confiance, il en conçoit du dépit.
Comme son frère Henri, il s'entoure de « mignons », dont le plus connu est Louis de Bussy d'Amboise, mais contrairement au roi, il n'est pas fidèle en amitié et se montre disposé à trahir certains d'entre eux si le besoin s'en fait sentir.
En 1571, l'échec des négociations pour marier le duc d'Anjou avec Élisabeth Ire pousse Catherine de Médicis à proposer son autre fils, François, bien que celui-ci, âgé de 16 ans, soit de 22 ans le cadet de la reine d'Angleterre. C'est à cette époque que commence la carrière politique de François.
Après le massacre de la Saint-Barthélemy en 1572, François devient le point de ralliement de ceux qui, à la cour, s'opposent au renforcement de l'autorité royale. Il prend peu à peu conscience du rôle qu’il peut jouer dans la politique du royaume.
Lors du siège de la Rochelle de 1573, âgé de 18 ans, il marque son opposition au duc d'Anjou (22 ans), qui conduit le siège, et se lie d'amitié avec son beau-frère, le roi Henri de Navarre, depuis 1572 converti au catholicisme (lors de la Saint-Barthélémy) et époux de Marguerite de Valois (« la reine Margot »), âgée de 21 ans. On observe en effet au cours de ce siège un rassemblement autour du jeune duc d'Alençon (depuis 1566) de nobles catholiques ou réformés modérés : ce sont les prodromes du mouvement des « Malcontents ».
Après le départ du duc d'Anjou pour la Pologne, dont il a été élu roi, François espère succéder sur le trône de France à Charles IX (23 ans), dont la santé se détériore rapidement et qui n'a eu qu'une fille de son mariage avec Élisabeth d'Autriche.
Début 1574, grâce à l'influence de François de Montmorency, il est nommé chef du Conseil du roi, garde du sceau privé, et commandant des armées. Avec Henri de Navarre, il lance la conjuration des Malcontents, un complot destiné à l'imposer comme successeur à la place du duc d'Anjou. Catherine de Médicis parvient à déjouer la conspiration et François est arrêté. Henri, devenu roi en 1574 (il quitte rapidement la Pologne après la mort de Charles IX), lui pardonne, mais le maintient sous surveillance à la cour.
En 1575, François continue d'être à la cour le chef du parti d'opposition. Il ressent fortement les brimades et les moqueries dont il est l'objet de la part des mignons de son frère. Catherine de Médicis tente de calmer le jeu, mais en vain. Un soir de bal, François est directement insulté et prend alors la résolution de s'enfuir. Il s'évade du Louvre dans des conditions aventureuses et quitte Paris.
Sa fuite crée la stupeur. Les mécontents de la politique royale et les protestants s'unissent derrière lui. En septembre, il est rejoint par le roi de Navarre qui est à son tour parvenu à s'enfuir.