Ce Jour-là

François Séverin Marceau

Général français (1769-1796)

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François Séverin Marceau-Desgraviers, né le 1er mars 1769 à Chartres et mort le 21 septembre 1796 en Allemagne à Altenkirchen dans le land de Rhénanie-Palatinat, est un général français de la Révolution.

François Séverin Marceau est le fils de François Séverin Marceau-Desgraviers, procureur au bailliage de Chartres (1769) puis greffier en chef du bailliage criminel de Chartres (1778), et de sa seconde épouse, Anne Victoire Gaullier. Il est le frère aîné de Louis Augustin Marceau (1778–1839), le beau-frère de Jérôme Guillard (1763–1808) et de Sergent-Marceau (1751–1847) (par le remariage en 1795 de sa demi-sœur, Marie Louise Françoise Suzanne Marceau (1753–1834) connue comme graveur sous les noms d'Émira Marceau-Desgraviers ou Champion de Cernel). Il est l'oncle d'Auguste Marceau.

Le jour même de sa naissance, aussitôt après son baptême célébré en l'église Saint-Saturnin de Chartres, il est placé en nourrice à Luisant auprès de Marie-Anne Aubert, épouse de Claude Houdard, vigneron, et passe son enfance comme un petit paysan, ne voyant que très peu sa famille, hormis l'été quand celle-ci vient vivre au Pavillon à Luisant.

Un général des armées de la Révolution française

Marceau est destiné par son père au barreau. N'ayant aucune attirance pour le droit, il s’engage à 16 ans dans l'infanterie, le 2 décembre 1785, au régiment d'Angoulême.

En service dans l'armée des Ardennes

À la Révolution, il entre dans la garde nationale parisienne le 14 juillet 1789. Il prend part à la prise de la Bastille. En octobre, il est capitaine dans la garde nationale de Chartres. En 1791, il s'engage au 1er bataillon de volontaires d'Eure-et-Loir où il est élu capitaine de la 2e compagnie le 6 novembre. Il est promu adjudant-major le 1er décembre, puis lieutenant-colonel en second le 25 mars 1792.

Il passe à l'armée du Nord et demande à entrer dans les cuirassiers légers de la légion germanique, où il est admis le 4 septembre 1792 avec le grade de lieutenant-colonel.

En service dans l'armée de l'Ouest

En 1793, il sert en Vendée dans l'armée de l'Ouest, où il se trouve mis en état d'arrestation avec son chef François-Joseph Westermann, par ordre du représentant Pierre Bourbotte.

Mis en liberté peu de temps après, il est capitaine au 19e chasseurs à cheval le 1er mai 1793 et le 10 juin sauve la vie à ce même Bourbotte qui, entouré d'ennemis pendant la bataille de Saumur, allait succomber lorsque Marceau survient et le délivre. Cette conduite lui vaut le grade de général de brigade le 16 octobre 1793, soit deux mois avant Bonaparte.

Marceau est promu général de division le 10 novembre 1793 à 24 ans. Les représentants en mission restent cependant toujours méfiants à l'égard des généraux Westermann et Jean-Baptiste Kléber.

Devant la nécessité de réunir à terme l'armée de l'Ouest avec l'armée des Côtes de Brest, ils confient à Marceau, sur la proposition de Kléber, le commandement en chef par intérim de l’armée de l’Ouest le 27 novembre 1793, à la place de Jean-Antoine Rossignol, et en attendant l'arrivée de Louis Marie Turreau le 30 décembre 1793.

Les 12 et 13 décembre 1793, il remporte la bataille du Mans.

En service dans l'armée de Sambre-et-Meuse

Muté en 1794 dans l'armée des Ardennes, puis dans l'armée de Sambre-et-Meuse, comme général de division, il y retrouve son camarade et ami Jean-Baptiste Kléber. Il participe aux batailles victorieuses de Fleurus en juin (aile droite), Sprimont en septembre et Aldenhoven en octobre ; il poursuit jusqu'au Rhin, toujours sous les ordres de Jourdan, s'emparant de Cologne le 6 octobre 1794 puis Bonn deux jours plus tard et enfin Coblence — fief des émigrés — le 23 octobre. Après la Belgique, la Rhénanie est occupée.

En septembre 1795, durant la première campagne d'Allemagne, il est chargé par Jean-Baptiste Jourdan de diriger sur la rive droite le siège de la forteresse d'Ehrenbreitstein face à Coblence. Devant les revers de son commandant en chef et l’inaction de Charles Pichegru face aux Autrichiens, il lève le siège le 18 octobre 1795 et demeure sur la rive gauche du Rhin. Il remporte d'ultimes combats le 10 novembre (gorges de Stromberg puis Kreuznach) et le 17 décembre (Sulzbach), limitant les gains autrichiens au triangle Mayence, Mannheim et Kaiserslautern et forçant les Autrichiens à proposer le 19 décembre un armistice à Jourdan.

Forcé de lever le blocus de Mayence qu'il commande depuis juin 1796, il est chargé de couvrir la retraite de l'armée. Durant cette deuxième campagne d'Allemagne, il demeure à la tête de l'arrière-garde de l'armée de Sambre-et-Meuse dirigée par Jourdan, protégeant les défilés et le passage du Rhin. Il repousse provisoirement en septembre la contre-offensive de l'archiduc Charles-Louis d'Autriche-Teschen qui a battu Jean-Baptiste Jourdan le 24 août à Amberg ; tandis que pour donner le temps à l'armée de passer le défilé d'Altenkirchen le 19 septembre 1796, il arrête la marche du corps ennemi commandé par le général Friedrich von Hotze, il reçoit d'un chasseur tyrolien un coup mortel qui le laisse entre les mains de l'ennemi, dans la forêt d'Höchstenbach. L'archiduc Charles fait en vain prodiguer au jeune général républicain des secours, mais Marceau succombe. Il est inhumé dans le camp retranché de Coblence au son de l'artillerie des deux armées.

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