François Rebsamen, né le 25 juin 1951 à Dijon (Côte-d'Or), est un homme politique français.
Président du parti Fédération progressiste, il est maire de Dijon et président de Dijon Métropole de 2001 à 2014 et de nouveau entre 2015 et 2024 à la suite du décès de son remplaçant Alain Millot, ainsi que sénateur de la Côte-d'Or de 2008 à 2014 et président du groupe socialiste au Sénat de 2011 à 2014. Il reste président de Dijon Métropole après son départ de la mairie.
Proche de François Hollande, dont il est le second au Parti socialiste de 1997 (congrès de Brest) à 2008 (congrès de Reims), il est, une fois celui-ci élu président de la République, ministre du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social dans les gouvernements Valls I et II entre avril 2014 et septembre 2015.
Il rompt avec le PS en 2022 pour soutenir le président Emmanuel Macron et occupe les fonctions de ministre de l'Aménagement du territoire et de la Décentralisation dans le gouvernement Bayrou entre décembre 2024 et octobre 2025.
François Rebsamen est le fils d'Erich Gottfried Rebsamen et de Denise Agron. Son père est né à Stuttgart le 9 janvier 1917 dans une famille protestante et mort à Dijon le 19 février 1974, employé comme interprète et chef d'atelier de septembre 1939 à novembre 1943 chez Renault à Dijon. En 1945, Erich Rebsamen, en fuite, est inculpé d'atteinte à la sécurité intérieure de l'État. Sa photo en uniforme d'officier allemand est diffusée.
Eric épouse à Dijon le 26 octobre 1943, Denise Agron, morte le 25 août 2015, fille du professeur chirurgien Édouard Agron, élu radical-socialiste au conseil municipal de Dijon sous le Front populaire.
Études et débuts professionnels
François Rebsamen est titulaire d'une maîtrise de droit public, d'un DESS de sciences économiques et diplômé de sciences politiques. Il est marié et père d'une fille. Son frère Guy Rebsamen, restaurateur et propriétaire du restaurant Chez Guy and family à Gevrey-Chambertin, meurt le 12 mai 2023 des suites d'une longue maladie : le même jour, François Rebsamen est fait officier de la Légion d'Honneur au Palais des Ducs de Dijon par l'ancien Premier ministre Jean Castex. Sa nièce Sandrine et son neveu Yves travaillent également dans la restauration.
Il exerce les fonctions d'administrateur territorial mais n'a pas été élève de l'Institut national des études territoriales.
Après un passage à la Ligue communiste révolutionnaire de 1970 à 1974, année où il rencontre Pierre Joxe, François Rebsamen commence sa carrière professionnelle et politique comme chef de cabinet au conseil régional de Bourgogne de 1979 à 1983, aux côtés de Pierre Joxe (1979-1982) puis d'André Billardon (1982-1983). Il accompagne ensuite Pierre Joxe comme chef de cabinet dans ses différentes fonctions ministérielles (de 1984 à 1986 puis de 1988 à 1991). Puis il poursuit ses fonctions de collaborateur d'élu comme directeur-adjoint du cabinet de Laurent Fabius (1992-1993)[Où ?], et comme conseiller technique au cabinet de Jean-Jack Queyranne, ministre des relations avec le Parlement.
En 1989, il est élu président du groupe socialiste au conseil municipal de Dijon. Il le restera jusqu'à son élection en tant que maire en 2001. En 1994, il est élu au conseil régional de Bourgogne.
François Rebsamen échoue par quatre fois à se faire élire député dans la 1re circonscription de la Côte-d'Or : lors des élections législatives de 1988 ; de 1993 ; de 1997 où il est battu par Robert Poujade, le maire de Dijon ; et face à son successeur, le candidat UMP Bernard Depierre lors des législatives de 2002.
En mars 1998, il est élu conseiller général du canton de Dijon-5, avec 51,5 % des suffrages exprimés face au conseiller sortant Pierre Barbier (RPR). Il est réélu en mars 2004, cette fois avec 62,5 % des suffrages exprimés. Le 19 octobre 2004, le tribunal administratif de Dijon annule son compte de campagne « pour avoir transformé » l'éditorial du bulletin municipal en tribune politique. Le tribunal administratif intègre alors dans ce compte le coût de 6 pages du bulletin municipal ce qui provoque un dépassement du plafond des dépenses autorisées et entraîne, automatiquement et sans condamnation, une mesure d'inéligibilité d'un an. Six mois après, le Conseil d'État désavoue le tribunal administratif qui a pris une décision contraire à sa jurisprudence, l'annule dans la foulée, considérant que le maire d'une ville a le droit de rédiger librement son éditorial dans la revue municipale de sa ville, rétablit le compte de campagne initial et valide son élection, ce qui annule la peine d'inéligibilité pour dépassement du plafond de dépenses autorisées.
François Rebsamen est élu maire de cette ville de tradition conservatrice le 18 mars 2001, avec 52,14 % des suffrages contre 47,86 % à son adversaire Jean-François Bazin (RPR). Il devient ainsi le quatrième maire de la ville élu depuis 1945, succédant à Robert Poujade (maire de Dijon de 1971 à 2001), qui ne se représentait pas. Il est le premier maire classé à gauche élu à Dijon depuis 1935[réf. nécessaire].
À propos de ces élections municipales de 2001 et des succès remportés par la gauche aux élections régionales, cantonales et européennes de 2004, il souligne la part du vote populaire et prône de ce fait une grande attention du PS à cet électorat.
C'est sur la base du constat que l'« on ne dirige ni une ville ni un pays replié sur son camp »[source insuffisante] que François Rebsamen se déclare « favorable » à des alliances avec le MoDem pour les élections municipales de 2008. Il déclare alors que « les candidats présentés par le Parti socialiste doivent chercher le rassemblement le plus large […] sur la base de propositions communes ».
Le 9 mars 2008, il est réélu maire de Dijon dès le premier tour des élections municipales avec 56,22 % des suffrages exprimés face notamment au candidat de la droite : François-Xavier Dugourd (36,44 %). Il lance le projet de construction d'un tramway de Dijon, voté à l'unanimité par le conseil communautaire du Grand Dijon le 15 mai 2008 et inauguré en septembre 2012.
En 2007 et 2008, il est administrateur de Dexia-Crédit Local de France et démissionne quelques jours avant la faillite de cette banque qui aura nécessité un apport de 3 milliards d'euros de l'État (seule banque française ou en partie française à avoir bénéficié d'un apport en capital de l'État et non pas simplement d'un prêt ou d'une garantie). D'après l'Express, François Rebsamen aurait démissionné de son siège d'administrateur de la banque soutenue par l'argent public après que Le Canard enchaîné eut révélé le montant de ses jetons de présence, 20 000 euros en 2007.