François Pinault, né le 21 août 1936 aux Champs-Géraux (Côtes-d'Armor), est un homme d'affaires milliardaire français, fondateur des sociétés Artémis et Kering.
Actif depuis 1962 dans le négoce de bois, il diversifie ses activités dans les années 1980 en entrant dans le secteur de la distribution (FNAC, La Redoute). Il s'oriente à la fin des années 1990 vers le secteur du luxe.
Son groupe Kering contrôle des marques de luxe comme Gucci, Yves Saint Laurent, Balenciaga, Bottega Veneta, Boucheron, Alexander McQueen, Brioni et Ulysse Nardin.
Via sa holding Artémis, il est propriétaire du magazine Le Point, des Éditions Tallandier, du Stade Rennais FC, des croisières Ponant, du château Latour, et de la maison d’enchères Christie's.
En 2003, il passe le relais à son fils François-Henri Pinault, et se consacre à sa passion pour l'art contemporain, au travers de la Collection Pinault.
François Pinault est classé 28e fortune mondiale le 13 juillet 2023 par Forbes, entre 4e et 6e fortune française, et figure parmi les 10 plus grands collectionneurs d'art contemporain au monde.
François Pinault est né le 21 août 1936 aux Champs-Géraux, une commune rurale au sud-est de Dinan dans les Côtes-d'Armor, à la limite de l'Ille-et-Vilaine. Son père est un marchand de bois d'origine paysanne. La famille parle le gallo à la maison où sa mère et sa grand-mère font régner une solide foi catholique.
En 1947, il devient pensionnaire au lycée Saint-Martin de Rennes. Il quitte l'école à seize ans et rejoint son père dans la scierie familiale. Il étudie au lycée des métiers du bois à Luchon où il est le voisin de chambre de Bernard Magrez. Il quitte ensuite la scierie pour combattre dans les troupes françaises en Algérie de 1956 à 1958. Il est artilleur sur les hauteurs de Blida. De retour en France, il travaille dans l'entreprise familiale. En 1959, à la mort de son père, il vend l'affaire familiale et devient chef d'exploitation chez Gautier Frères, entreprise de bois basée à Rennes.
En 1960, François Pinault se marie avec Louisette Gautier, avec qui il a trois enfants — François-Henri, qui a aujourd'hui repris la direction du groupe fondé par son père, Dominique, avocat, et Laurence (tous les trois ont grandi dans un pavillon de la banlieue de Rennes) — et dont il se sépare cinq ans plus tard.
En 1962, François Pinault reprend avec l'aide du Crédit lyonnais et l'appui de son beau-père l'entreprise de vente de bois de son beau-père, qu'il rebaptise Établissements Pinault. Il développe son chiffre d’affaires et parvient à s’émanciper des intermédiaires du bois pour traiter directement avec les scieries nord-européennes. En 1969, les Établissements Pinault importent 35 000 m3 de sapins du Nord.
En 1970, François Pinault épouse Maryvonne Campbell, antiquaire à Rennes qui l'introduit au monde de l'art. De par cette union, il est le beau-père de Florence Rogers-Pinault (1963-2021).
En 1973, sous la pression du Crédit lyonnais, il vend son entreprise à Venesta International, une holding britannique, pour 25 millions de francs. Il investit 300 000 francs dans le sucre à la bourse du commerce. Avec l'envolée des cours du sucre en 1974, il empoche une plus-value de 100 millions de francs. Doté d’une nouvelle fortune, il reprend Pinault SA à Venesta, alors au bord du dépôt de bilan, pour 10 millions de francs.
Lors du premier choc pétrolier, sentant que la crise menace le secteur du bois, François Pinault se rend chez tous ses fournisseurs étrangers pour rapidement mettre fin à ses contrats d'importation. Les cours du bois s'effondrent quelques mois plus tard et la guerre des prix qui en découle permet à François Pinault de racheter la plupart de ses concurrents en faillite.
Reprise d'entreprises en difficulté
À partir de 1978, François Pinault constitue une équipe spécialisée dans les rachats d'entreprises en difficulté et reprend plus de 60 sociétés. Il récupère des affaires de négoce, des menuiseries industrielles et des fabricants d'huisseries, de lambris et de toitures. En 1981, il déménage à Paris. En 1983, il devient membre de l'Association française des entreprises privées (AFEP).
En 1986, il rachète le fabricant de panneaux de bois Isoroy pour 1 franc symbolique. Il y investit 400 millions, dont 130 millions provenant de subventions publiques, supprime 1/4 des postes et revend l'entreprise en 1992. En 1987, il rachète le producteur de papier journal Chapelle Darblay (dans laquelle l'État français a injecté 2,3 milliards de francs en six ans) avec un prêt de 300 millions du Crédit lyonnais et en partenariat avec le Canadien Cascades. Chapelle Darblay consomme un million de stères de bois par an, un débouché juteux pour la société Pinault. En 1990, Pinault SA revend Chapelle Darblay aux groupes suédois Stora et finlandais Kymmene pour 1,4 milliard de francs.
Virage vers la distribution spécialisée et le luxe
Le 25 octobre 1988, Pinault SA fait son entrée à la bourse de Paris. En mars 1989, Pinault SA rachète la CFAO, puis les deux entités fusionnent l'année suivante. Parmi les perles de la CFAO, la CDME (distribution de matériel électrique) qui devient Rexel, société stratégique du groupe. CFAO possède également l'enseigne de supermarchés La Ruche méridionale qui est cédée à Casino en 1990.