Ce Jour-là

François Duprat (homme politique)

Homme politique français

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François Duprat, né le 26 octobre 1940 à Ajaccio et mort le 18 mars 1978 à Saint-Wandrille-Rançon, près de Caudebec-en-Caux, est un essayiste et homme politique français.

Auteur spécialisé dans le nationalisme et les mouvements d'extrême droite français et adepte des thèses négationnistes, il est l'une des figures de l'extrême droite française dans les années 1960 et 1970, en étant notamment le numéro deux du Front national (FN). Il meurt assassiné dans l'explosion de sa voiture, affaire demeurant à ce jour non résolue. Jean-Marie Le Pen avait accusé l’extrême gauche de cet attentat.

François Duprat est le fils de Joseph Duprat, résistant durant l'Occupation de la France par l'Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale, membre du Noyautage des administrations publiques (NAP).

Il fait ses études à Bayonne, au lycée Pierre-de-Fermat à Toulouse en prépa lettres, puis en 1959-1960 au lycée Louis-le-Grand à Paris. Il y côtoie notamment Régis Debray et le fils de Maurice Thorez, Paul Thorez. En mars 1960, aux côtés notamment de Pierre Bousquet, il est écroué pour « atteinte à la sûreté intérieure de l'État » et « reconstitution de ligue dissoute » - celle du mouvement nationaliste Jeune nation. Le mois suivant, il est admis en khâgne au lycée Lakanal de Sceaux.

Il effectue son service militaire chez les parachutistes à Pau en 1961, puis est affecté en Algérie au 3e régiment de parachutistes d'infanterie de marine (3e RPIMa). Il en sort à la fin de 1962.

Débuts politiques et professionnels

Diplômé d'études supérieures en histoire en 1963, il travaille à la société La Foncière populaire, avant de devenir professeur de relations internationales à l'Institut de relations publiques de Paris et professeur d'histoire au collège de Caudebec-en-Caux.

Il dirige de facto la revue de Maurice Bardèche, Défense de l'Occident, et est documentaliste de Roland Gaucher pour son ouvrage L'Opposition en URSS 1917-1967 (Albin Michel, 1967).

Il passe successivement par Jeune Nation (adhésion en 1958) devenant le Parti nationaliste, créé en 1959 autour de Pierre Sidos et Dominique Venner et dont il met en place une section à Toulouse, l'OAS — ce qui lui valut d'être emprisonné.

Il est militant à la Fédération des étudiants nationalistes, dont il est exclu début 1964, date après laquelle il milite ensuite à Occident — dont il est exclu en mars 1967.

Courant 1969, alors qu'il fréquentait le nouvellement créé Centre universitaire expérimental de Vincennes, il est agressé par des militants maoïstes qui le jettent, couvert de peinture et de croix gammées, dans une pièce d'eau[Quoi ?][réf. souhaitée].

Intégré en janvier 1970 à Ordre nouveau, puis au Front national, dès sa fondation en octobre 1972, il est exclu de ces deux organisations le 22 février 1973, peu avant les affrontements du 21 juin 1973 à Paris qui voient un meeting d'Ordre nouveau au Palais de la Mutualité de Paris attaqué par des militants antifascistes, maoïstes et trotskistes.

Il est ensuite réadmis en 1974 au Front national. Ces exclusions récurrentes nourrissent abondamment le soupçon de double jeu en liaison avec des services de police, notamment les Renseignements généraux de la préfecture de police de Paris (RGPP).

À la fin de ses études, entre octobre 1964 et octobre 1965, il est coopérant un court temps de l'UNESCO au Congo à la mission protestante américaine de Bibemga et est recruté ensuite en mars 1965 pour s'occuper de la propagande de Moïse Tshombé à l'Agence congolaise de presse avec un poste de conseiller à la Sûreté nationale congolaise jusqu'en novembre 1965. Durant la guerre du Biafra, il se rend au Nigeria pour transmettre des fonds aux autorités et est embauché comme lobbyiste par l'ambassade du Nigeria en France. Il défend le régime nigérian dans Rivarol et dans un mensuel dédié à cette cause, et tient une conférence de presse au nom d'une association montée de toutes pièces, le « Comité France-Nigeria », afin d'influencer les médias pro-biafrais vers des positions pro-nigérianes.

Ayant des liens avec le Fatah et le FPLP, il joue aux côtés de Maurice Bardèche un rôle non négligeable dans la naissance d'un « antisionisme d'extrême droite ». En 1967, il crée un Rassemblement pour la libération de la Palestine et un Centre d'étude et de documentation des problèmes du Proche-Orient. L’antisionisme de Duprat est fondamentalement antisémite. Celui-ci rend l’ensemble des juifs complices des exactions dont est accusé l’État d’Israël, leur dénie tout sentiment national autre qu’israélien et s'appuie sur la théorie du complot juif mondial. Ces positions pro-palestiniennes sont alors très minoritaires à l’extrême droite. Dominique Venner le critique notamment dans une tribune publiée par Minute, stigmatisant son soutien aux « Arabes communistes » et affirmant qu’Israël ne doit pas être confondu avec « l'internationale juive ».

En février 1973, il est discrètement reçu à l'hôtel de Matignon pour négocier avec les responsables gaullistes en vue des législatives — ce que Jean-Marie Le Pen dément.

Il publie l'hebdomadaire Les Cahiers européens et la Revue d'histoire du fascisme. Revenu au Front national à partir de septembre 1974, il devient membre de son bureau politique et le demeure jusqu'à sa mort. Duprat, qui y est notamment chargé de la commission électorale, y représente la tendance nationaliste-révolutionnaire et anime également les Groupes nationalistes révolutionnaires (GNR), aux côtés d'Alain Renault. Il contribuait aux revues Défense de l'Occident et Rivarol sous les pseudonymes de François Solchaga ou François Cazenave, ainsi qu'au National.

En 1976, avec le Manifeste nationaliste révolutionnaire, il devient une sorte de théoricien de la mouvance nationaliste-révolutionnaire, apparue des années plus tôt en France mais son influence idéologique reste restreinte y compris au sein de cette mouvance hétéroclite.

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