François Craenhals, né le 15 novembre 1926 à Ixelles (province de Brabant, Belgique) et mort le 2 août 2004 à Montpellier (France), est un auteur de bande dessinée, coloriste de bande dessinée et illustrateur belge.
Représentant de la bande dessinée franco-belge et adepte de la ligne claire à la suite d'Hergé, il est connu du grand public particulièrement pour sa longue collaboration au journal Tintin, pour lequel il créa notamment Pom et Teddy (1953-1964) et Chevalier Ardent (1966-2001), et pour avoir été le dessinateur des 4 As (1964-2004). Il collabore également au quotidien belge La Libre Belgique avec Primus et Musette (1957-1968). Il aborde dans son œuvre tant le dessin réaliste que la bande dessinée humoristique. Il a été actif pendant plus d'un demi-siècle et son œuvre relève de l'école de Bruxelles.
Francois, Amand, Sylvain, Constant Craenhals naît le 15 novembre 1926 à Ixelles, une commune bruxelloise. Il est élève dans un internat catholique, où il passe la plupart de son temps libre à peindre et à dessiner. Parmi ses principales influences graphiques figurent les bandes dessinées américaines qu'il lit dans les magazines de bande dessinée Bravo ! et Junior, comme Flash Gordon d'Alex Raymond dont il adore le dessin, Alley Oop de V. T. Hamlin (en) et Abbie an' Slats d'Al Capp et Raeburn Van Buren. Il y apprécie encore le travail de Burne Hogarth. Une bande dessinée française retient son attention : les aventures de l'athlète Jean-Jacques Ardent, dessinées par René Pellos. À l'âge de 15 ans, Craenhals avec un ami réalisent trois courts récits de bande dessinée, qu'ils proposent vainement aux éditeurs de Bravo !. Il exerce divers menus emplois dont notamment celui de fourreur, vendeur et d’assistant dentaire. Après un bref travail en électromécanique où il fabriquait des ampèremètres et des maquettes de bateaux pour la revue Handbook for Motorest de la Compagnie maritime Ostende-Douvres, pour lequel il a suivi des cours du soir à l'Institut des Arts et Métiers de Bruxelles. Il prend des cours de dessin dispensés à l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles. Puis, il réalise quelques caricatures dans le magazine Vrai et conçoit ensuite des panneaux publicitaires pour une agence de publicité gantoise. Il déclare avoir aussi dessiné des corsets et des soutiens-gorge pour des catalogues de grands magasins à des fins purement pécuniaires.
François Craenhals débute véritablement dans le dessin en illustrant pour la presse Le Domaine de Druka, un récit fabuleux de chevalerie dans Le Soir illustré de juillet à octobre 1948, alors qu'il n'a qu'une vingtaine d'années. Le récit met en scène un chevalier, une princesse et un magicien, ce qui sera le cadre d'une de ses futures séries. Il continue d'illustrer plusieurs feuilletons de textes pour ce magazine et d'autres publications du groupe Rossel. Dans Le Soir Jeunesse — le supplément pour enfants du mercredi du journal Le Soir — Craenhals illustre les contes de fées de Paul Caso et, en 1949, il adapte en bande dessinée la légende de Till l'Espiègle, d'après le livre de Charles De Coster. Ce dernier récit est republié dans le fanzine Ran Tan Plan no 34 en 1977 et il faudra attendre les éditions brugeoises Bonte pour une publication en album en 1997 sous le titre La Légende de Thyl Ulenspiegel.
En 1949, il fait la rencontre de Fernand Cheneval lors d'un vernissage d'une exposition et dès l'année suivante, continuant ainsi sur sa lancée et poussé par ce dernier, il publie les aventures de Karan, une sorte de Tarzan à la franco-belge, dès le no 50 dans le périodique belge Héroïc-Albums. Le héros, un fils de la jungle est flanqué d'un jaguar. La série compte 8 récits et des programmes non-stop publiés d’avril 1950 à octobre 1951. Dans cette série figurent les ingrédients chers à l'auteurs que sont l'adolescent, la nature, l'animal et l'aventure.
En 1950, Craenhals propose également ses services à Tintin, le journal du personnage emblématique de la bande dessinée d'Hergé. Craenhals soumet son histoire de chevalerie précédente pour Le Soir illustré, mais le rédacteur en chef avec lequel il a une entrevue lui oppose un refus accompagné de la réponse : « Ce n'est pas mal mais on a déjà quelque chose comme cela. ». Le second contact est mené par le directeur artistique Evany qui le soutient et l'encourage. Il rejoint le studio graphique de l'éditeur, où Raymond Reding et lui occupent le poste laissé vacant par Bob de Moor parti au Studios Hergé. Sous la supervision du directeur artistique Evany, Craenhals apprend les différentes facettes des métiers de l'édition et de l'imprimerie. Entre 1950 et 1962, il réalise des mises en page et des illustrations éditoriales pour le journal Tintin. Il illustre également de courts récits et des romans publiés en feuilletons, à commencer par Petite Mort, le vison de l'écrivain Marshall en 1950. Il dessine également de courtes bandes dessinées historiques à vocation éducative basées sur des personnages, des films et de la littérature mondiale, souvent écrites par Yves Duval de 1953 à 1955.
Il succède à Raymond Macherot et dessine aussi de nombreux strips publicitaires pour Publiart, la filiale publicitaire de Raymond Leblanc, dirigée par Guy Dessicy, qui sont publiés dans la version belge de Tintin : Grenadier Victoria - Mission dans le bled publié de décembre 1954 à avril 1955) met en avant la chocolaterie bruxelloise Victoria avec un personnage emblématique d'un grenadier anglais. Pour le matériel de camping Governor, il réalise des strips Governor - Les Aventures de Polochon, campeur modèle (de mai à juillet 1955) et Polochon - Le trappeur modèle (de mai à juillet 1956), ou dans Chez Nous (Ninette et Titi).
Il participe également discrètement à la série Alphonse, toujours pour Tintin, en dessinant une histoire de deux pages, Alphonse extra, sur un scénario de René Goscinny.
Il figure au sommaire de la revue scoute Seeonee produite par Publiart, avec des illustrations et Adalbert : un louveteau à l’âge de pierre qu’il dessine de manière humoristique, sous le pseudonyme de Clopp, entre 1957 et 1961.
C'est en 1951 qu'il lance sa première série de bande dessinée pour Tintin : Rémy et Ghislaine. Il réalise des dessins expressifs au lavis qui ont établissent le style caractéristique de Craenhals à savoir des histoires mélodramatiques mettant en vedette des enfants héroïques qui affrontent les maux du monde dans des pays lointains. Plongé dans la nostalgie, l'auteur s'est principalement inspiré de romans populaires de la fin du XIXe siècle (comme ceux de Charles Dickens). Ses influences graphiques sont les bandes dessinées américaines et ses collègues Paul Cuvelier et Edgar P. Jacobs.
C'est l'histoire d'un professeur bruxellois Henri de Bonneval dont les découvertes intéressent une puissance étrangère. Avec ses enfants Rémy et Ghislaine, l'aventure les mènera en Australie au XIXe siècle. Le second volet tourne autour d'un puits de pétrole aux États-Unis. Même si seulement deux longues histoires sont réalisées : Le Cas étrange de Monsieur de Bonneval (1951) et Le Puits 32 (1952), la série l'impose comme un des meilleurs dessinateurs réalistes de Tintin et préfigure la première grande création de Craenhals : Pom et Teddy. Deux albums sont publiés en édition brochée aux Éditions du Lombard en 1955, vingt-deux ans plus tard c'est un petit éditeur bruxellois Michel Deligne qui proposera une réédition au tirage limité de 1 000 exemplaires.
En 1953, il se fait un nom en lançant la carrière de Pom et Teddy, aux Éditions du Lombard, série qui comptera bientôt sept albums et dont le dernier tome sortira en 1968, Craenhals n'ajoutera ensuite que quelques histoires courtes dérivées de la série pour les Tintin Sélection.
En 1955, il publie un court récit de 12 pages intitulé Pom et Teddy mènent l'enquête publié en noir et blanc dans Tintin Sélection 1955 aux côtés d'une série humoristique découpée en strips Yopy contre les Picothripes mettant en scène le jeune Yopy, fils du chef de la tribu des Gros-Mignons, partant à la chasse aux mammouths à l'ère préhistorique. Le deuxième récit de la série : Les Nouvelles Aventures de Pom et Teddy est une histoire d'espionnage (Tintin France, 1955-1956). En 1958 paraît l'album Le Talisman noir dans la collection « du Lombard », le tirage n'est que de 14 360 exemplaires. À l'occasion de la réédition de cet album par Bédéscope en 1979, Louis Cance écrit dans Hop ! : « Les pérégrinations de nos héros aux Indes, étaient et sont toujours, aussi passionnantes […]. »