François Bluche, né le 17 septembre 1925 à Montpellier et mort le 28 juin 2018 à Cornimont, est un historien français considéré comme l’un des plus grands spécialistes de l’Ancien Régime. Professeur d'histoire moderne à l'université de Besançon puis à l'université Paris-X-Nanterre, il exerce les fonctions de pasteur protestant à Gérardmer en 1977-1979.
Joël François Bluche est le fils de Pierre Bluche, créateur d'une usine de bonneterie de soie à Ganges, qui soutient Philippe Pétain sous le régime de Vichy.
Il est le père de Frédéric Bluche, historien du droit.
Ayant reçu, selon Christian Amalvi, une éducation « profondément patriotique », il s'engage à 17 ans dans les Francs-tireurs et partisans et adhère au Parti communiste français. À la Libération, il intègre d'ailleurs la rédaction de Rouge Midi, dirigé par Jean Cristofol. Il quitte la mouvance communiste après de « rapides désillusions ».
Durant la guerre d'Algérie, il soutient l'Organisation de l'armée secrète (OAS), et est conséquemment inculpé, en juin 1962, de « complot contre l'autorité de l'État ».
Agrégé d'histoire en 1950, il soutient une thèse sur les magistrats du parlement de Paris au XVIIIe siècle, dédiée à son ami Pierre Gaxotte, et qui se distingue de la ligne historiographique alors dominante de l'École des Annales. Il est nommé professeur d'histoire moderne à l'université de Besançon (1957-1969), puis à l'université Paris-X-Nanterre où il finit sa carrière académique en 1996. Il est l'un des pionniers de l'histoire des mentalités.
Travaux de recherche sur le Grand Siècle du Roi Soleil
Spécialiste du Grand Siècle, il est notamment l'auteur d'un volumineux Louis XIV en 1986, « travail considérable » par la masse des faits collectés comme par la remise en cause, via le retour aux sources, de la plupart des interprétations qui avaient été faites de ce règne. En 1958, il qualifie d'appel du 12 juin, en référence à l'appel du 18 juin 1940, la lettre écrite en 1709 par le Roi-Soleil à destination de ses sujets et qui est lue partout dans le royaume, pour les convaincre de continuer à soutenir l'effort de guerre. La France est alors engagée dans la Guerre de Succession d'Espagne depuis 1701 et a connu un hiver particulièrement rude (la légende veut qu'au château de Versailles, le vin gelait dans les carafes).
François Bluche a également dirigé un Dictionnaire du Grand Siècle paru en 1990.
Il meurt le 28 juin 2018 à Cornimont.
Né dans une famille catholique « très conservatrice sur le plan religieux », lui-même alors agnostique, il rejoint l'Église réformée de France en réaction à une « logorrhée néo-chrétienne » alléguée, consécutive selon lui au concile Vatican II. Il est proche du courant, minoritaire, de Philippe Brissaud, éditeur du mensuel protestant Tant qu'il fait jour ; mais aussi, plus particulièrement, de Pierre Chaunu, dont il partage les positions opposées au progressisme ecclésial, et avec qui il signe un pamphlet remarqué, Lettres aux Églises (1977). En 1977-79, il exerce comme pasteur à Gérardmer.
En 1960, il compte parmi les signataires du Manifeste des intellectuels français pour la résistance à l'abandon.
En 1999, il signe pour s'opposer à la guerre en Serbie la pétition « Les Européens veulent la paix », initiée par le collectif Non à la guerre.
En 2012, il fait partie des parrains du projet Notre antenne, qui donne naissance en 2014 à TV Libertés.
L'Origine des magistrats au Parlement de Paris au XVIIIe siècle, Dictionnaire généalogique, 1956, 413 p., in Paris et Ile-de-France, Mémoires, tomes V-VI ;
Lamentable Clio sous le nom de « Paul Guérande », Éditions Fasquelle, 1957.
Les Honneurs de la cour, 1957, Les Cahiers nobles n° 10 & 11 ;
Les Magistrats du Parlement de Paris au XVIIIe siècle (1715-1771), Paris : Les Belles Lettres (vol. 35 d'une collection des Annales littéraires de l'université de Besançon), 1960. 463 p.