Le marquis François de Barbé-Marbois (dit aussi Barbé de Marbois), né le 31 janvier 1745 à Metz en Lorraine et mort le 12 janvier 1837 à Paris, est un diplomate et homme politique français, ministre de Napoléon Ier et premier président de la Cour des comptes.
Né à Metz dans une famille d’hommes de loi, il entre dans la diplomatie successivement en poste à Ratisbonne, comme secrétaire de légation et chargé d'affaires en Allemagne à Dresde, à Munich et en 1780, consul général aux États-Unis, à Philadelphie, où il épouse en 1784 Elizabeth Moore (1765-1834), la fille de William Moore, le gouverneur de Pennsylvanie. En 1785, il est nommé intendant à Saint-Domingue, où il se heurte aux colons et qu'il doit quitter précipitamment le 26 octobre 1789.
À son retour en France, il est chargé de négocier les problèmes financiers à Vienne (1792). Il est ministre de France auprès de la diète d'Empire et quitte les affaires pendant la Terreur.
Maire de la ville de Metz du 5 janvier au 4 octobre 1795[réf. nécessaire], puis député et président du Conseil des Anciens, député au Conseil des Anciens en 1795, lié avec les Clichiens, il est arrêté et déporté sans jugement à Sinnamary en Guyane lors du coup d’État du 18 fructidor an V (4 septembre 1797).
Revenu en France dès 1800, il entre au Conseil d'État. Il est nommé en 1801 directeur, puis ministre du Trésor public.
En 1803, il négocie le traité de cession de la Louisiane aux États-Unis. Ministre du Trésor, il réorganise avec succès l'administration des finances, mais ne peut éviter la crise financière de 1805. Il est révoqué le 27 janvier 1806 à la suite d'une faute de gestion avec les Négociants réunis où figurait aussi Gabriel-Julien Ouvrard, et il est remplacé par Mollien. Il n'en devient pas moins en 1807 Premier président de la Cour des comptes nommé par Napoléon Ier. Il est fait membre du Sénat conservateur le 5 avril 1813, pair de France en 1814. Il vote pour la déchéance de Napoléon et fait partie de la commission qui rédige l'acte. Il se rallie aux Bourbon en 1814.
Restauration et monarchie de Juillet
Il sera maintenu dans cette fonction de président de la Cour des comptes par Louis XVIII, Charles X et Louis-Philippe Ier jusqu'en 1834, date de sa retraite. Sous Louis XVIII, il est quelque temps garde des sceaux, nommé dans cette fonction le 27 septembre 1815 jusqu'au 10 mai 1816, dans le cabinet du duc de Richelieu, tout en conservant sa fonction de premier président à la Cour des comptes, fonction qu'il occupe jusqu'en 1834.
À la Chambre des pairs, il est favorable à l’abolition de la traite des noirs. Il s'élève contre la création des colonies pénales, dont il a fait l'expérience en Guyane. Membre de la Société royale pour l'amélioration des prisons, il milite pour l’amélioration de la condition pénitentiaire. Le 14 février 1829, il est chargé des travaux préparatoires pour l’établissement d’une maison de refuge et de travail pour l’extinction de la mendicité. Il est membre du conseil général des hospices.
Après avoir dû quitter la cour des comptes en 1834 en raison des infirmités de l'âge, il siège toutefois au procès des insurgés d'avril à la suite du Massacre de la rue Transnonain, où Daumier le caricature.
Il meurt en 1837 à Paris et est enterré à Noyers.
Comte Barbé de Marbois et de l'Empire (lettres patentes de 28 avril 1813, Erfurt) ;
Pair de France (4 juin 1814, marquis-pair héréditaire le 31 août 1817, lettres patentes du 20 décembre 1817).
Légionnaire (9 vendémiaire an XII : 2 octobre 1803), puis,
Grand officier (25 prairial an XII : 14 juin 1804), puis,
Grand aigle de la Légion d'honneur (13 pluviôse an XIII : 2 février 1805) ;
Chevalier de l'ordre de Saint-Hubert (Bavière)
Les villes de Metz et de Sinnamary et de Port-au-Prince lui ont dédié une rue.