Ce Jour-là

François (pape)

266e pape de l'Église catholique, de 2013 à 2025 (1936–2025)

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Jorge Mario Bergoglio, S.J. (en espagnol : [ˈxo̞ɾxe ˈmaɾjo β̞e̞ɾˈɣ̞oɣ̞ljo̞]), né le 17 décembre 1936 à Buenos Aires et mort le 21 avril 2025 au Vatican, est un ecclésiastique argentin. Il est successivement prêtre, évêque puis archevêque de Buenos Aires et cardinal, avant d'être élu pape le 13 mars 2013 sous le nom de François (en latin : Franciscus, en italien : Francesco, en espagnol : Francisco). En qualité d'évêque de Rome et chef d'État du Vatican, il est le 266e pape de l’Église catholique jusqu’à sa mort.

Premier pape issu des rangs de la Compagnie de Jésus et premier pape non européen depuis le pape syrien Grégoire III au VIIIe siècle, François est aussi le premier pape issu du continent américain et le premier à prendre ce nom, en mémoire de François d'Assise.

Son pontificat, d'une durée de douze ans, est marqué par un déplacement du centre de gravité de l'Église vers, entre autres, l'Amérique latine et l'Afrique, et des prises de position progressistes en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique, pour l'accueil des réfugiés et la justice sociale. Il entretient toutefois une doctrine conservatrice concernant les droits LGBT, ainsi que sur l'ensemble des grands thèmes de bioéthique.

Il poursuit la lutte contre les abus sexuels sur mineurs dans l'Église catholique ainsi que le dialogue interreligieux entamés par son prédécesseur, et se mobilise en faveur de la paix lors de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, ainsi que pour un cessez-le-feu immédiat dans le cadre de la guerre à Gaza depuis 2023.

Dès le début de son pontificat, il lance un ambitieux programme d’assainissement des finances du Vatican et engage une profonde réforme de la Curie romaine, officialisée en 2022 par la constitution Praedicate Evangelium, visant à simplifier son fonctionnement, renforcer le rôle des laïcs et lutter contre le cléricalisme.

Ses prises de position en font un pape populaire auprès de beaucoup de fidèles, mais critiqué au sein de l'Église par les conservateurs et plus encore par les traditionalistes. Promoteur d'un style de gouvernement décentralisé par la synodalité, François a paradoxalement été très centralisateur voire autoritaire dans sa gouvernance.

Jorge Mario Bergoglio naît le 17 décembre 1936 au 531, rue Membrillar dans le quartier populaire de Flores, situé dans l'ouest de la ville de Buenos Aires.

Son père, Mario José Bergoglio, est un immigré italien venu du Piémont et arrivé en Argentine en 1927 ou plus probablement début 1929, les biographes ne sont pas d'accord sur la date exacte de cette immigration. Sa mère, Regina María Sivori, née en Argentine, est fille d'immigrés italiens venant de Ligurie.

Son grand-père paternel, Giovanni Angelo Bergoglio, est originaire de Portacomaro Stazione, un hameau de Bricco Marmorito aujourd'hui rattaché à la commune d'Asti (Piémont). Son père, Mario José Bergoglio, exerce la profession de comptable employé des chemins de fer, et sa mère, Regina María Sivori, est femme au foyer. Ses parents se marient le 12 décembre 1935 à Buenos Aires et ont cinq enfants (dont Jorge Mario est l'aîné) : trois garçons (Jorge Mario, Alberto et Oscar) et deux filles (Marta Regina et María Elena), parmi lesquels seule María Elena est encore en vie au moment de l'élection de Jorge.

Jorge Bergoglio est baptisé le 25 décembre 1936, jour de Noël, par le père Enrique Pozzoli (qui sera plus tard son directeur spirituel) en la basilique Saint-Charles-Borromée-et-Marie-Auxiliatrice située dans le quartier d'Almagro à Buenos Aires ; son parrain est Francisco Sivori et sa marraine Rosa Vassallo de Bergoglio.

Ainsi, bien que né en Amérique du Sud, Jorge Bergoglio grandit dans un milieu familial largement européanisé, venant de deux régions italiennes, le Piémont et la Ligurie, mais dont les familles parentales n'étaient pas italophones dans la vie quotidienne.

Il est marqué par « la sainteté de l'Iglesia » militante de ses parents et de sa grand-mère Rosa, disant qu'elle a beaucoup compté pour lui et dont il conserve le testament dans son bréviaire. Il dit aussi que des conflits familiaux entre ses oncles le marquent. Un de ses oncles était un « radical de 90 » (qui avait soutenu la révolution du Parc de 1890).

C'est dans l'église San José du quartier de Flores que Jorge Mario Bergoglio, à l'âge de 17 ans, lors d'une confession précédant la fête de la saint Matthieu de 1953, fait l'expérience « de la miséricorde de Dieu » et qu’« il a eu une révélation divine, pour entrer dans les ordres » et s'est senti appelé, « à l'instar d'Ignace de Loyola ». Alors qu'il est fiancé à une jeune femme (comme le révèle sa sœur), il entame une réflexion qui le conduit à rompre ses fiançailles et être ordonné ; jusqu'à son accession à la papauté, il vient chaque année dans l'église San José célébrer une messe pour Pâques.

Il étudie notamment au collège salésien Wilfrid Barón de Ramos Mejía en 1949, avant d'entrer dans l'école industrielle E.N.E.T (Escuela Nacional de Educación Técnica) no 27 Hipólito Yrigoyen, où il obtient un diplôme de technicien en chimie. Pendant ses études à Buenos Aires, Bergoglio raconte qu'il a subvenu à ses besoins financiers en faisant des ménages dans une usine locale et en travaillant en tant que videur dans un club mal famé de Córdoba.

Concernant la politique, il est l'un des étudiants sur l'estrade lors d'une visite de Juan Perón à son école. Il précise : « Adolescent, je me suis également passionné pour le « zurdaje » [terme argentin utilisé pour désigner la gauche], en lisant des livres du parti communiste que me prêtait mon professeur Esther Ballestrino de Careaga, une grande dame qui avait été secrétaire du « Parti révolutionnaire de février » paraguayen. À cette époque-là, la culture politique était très vivante. J'aimais me faufiler partout. Dans les années 1951 et 1952, j'attendais avec impatience le passage, trois fois par semaine, des militants socialistes qui vendaient le journal La Vanguardia. Et, bien évidemment, je fréquentais également des groupes justicialistes. Mais je ne me suis jamais inscrit à aucun parti. »

À l'âge de 21 ans, il décide de devenir prêtre, à la suite de l'ablation de la partie supérieure du poumon droit qui est la conséquence d'une pneumonie aiguë avec multiples kystes pulmonaires. Plusieurs causes sont évoquées : tuberculose contractée au contact des populations pauvres et traitée par pneumothorax en raison de la pénurie d'antibiotiques à cette époque, tabagisme excessif lors de son passage au séminaire.

Jorge Mario Bergoglio termine sa formation de technicien en chimie avant d'entrer au séminaire de Villa Devoto, puis au noviciat de la Compagnie de Jésus, le 11 mars 1958. Il poursuit sa formation spirituelle au Chili et revient en 1963 à Buenos Aires pour ses études de philosophie.

Après une expérience d'enseignement (régence) de la littérature dans un collège de Santa Fe (Colegio de la Inmaculada) et dans un collège de Buenos Aires (Colegio del Salvador) (1964 à 1966), il fait ses études de théologie au théologat de San Miguel dans la banlieue de Buenos Aires qui dépend de l'université jésuite del Salvador (1967 à 1970), puis est ordonné prêtre le 13 décembre 1969 par Ramón José Castellano, archevêque de Córdoba. Il continue ensuite ses études à la faculté théologique et philosophique San José de San Miguel.

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