Ce Jour-là

François-Ferdinand d'Autriche

Archiduc d'Autriche-Este et prince de Hongrie et de Bohême

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François-Ferdinand de Habsbourg-Lorraine (en allemand : Franz Ferdinand von Habsburg-Lothringen, en hongrois : Habsburg–Lotaringiai Ferenc Ferdinánd), né le 18 décembre 1863 à Graz est mort assassiné le 28 juin 1914 à Sarajevo (Autriche-Hongrie), fut archiduc de Basse-Autriche et de Haute-Autriche ainsi que prince royal de Hongrie et prince de Bohême. Il devient l'héritier du trône de l'Empire austro-hongrois à partir de 1896. Son assassinat est l'événement déclencheur de la Première Guerre mondiale.

Enfance et héritages d'un État en situation d'échec

François-Ferdinand naît le 18 décembre 1863 à Graz (Styrie) en Autriche. Neveu de l'empereur François-Joseph Ier, il est le fils aîné de l'archiduc Charles-Louis, frère cadet de l'empereur et de sa seconde épouse, la princesse Marie-Annonciade de Bourbon-Sicile, ainsi que le petit-fils de l'archiduchesse Sophie, véritable chef de la famille impériale, et du roi Ferdinand II des Deux-Siciles, qui s'était fait haïr des libéraux européens en ordonnant le bombardement de la ville sicilienne de Messine qui s'était révoltée. À sa naissance, le royaume des Deux-Siciles vient d'être annexé de force au nouveau royaume d'Italie. Le mariage de ses parents ne revêt aucune importance politique pour l'empire d'Autriche mais rappelle à l'Europe, l'attachement de la maison de Habsbourg-Lorraine aux valeurs d'un catholicisme conservateur voire autoritaire. Le nourrisson est quatrième dans l'ordre de succession au trône après son cousin germain l'archiduc-héritier Rodolphe, unique fils de l'empereur, son oncle paternel l'archiduc Ferdinand-Maximilien et son père.

Après la naissance de François-Ferdinand, l'archiduc Charles-Louis et l'archiduchesse Marie-Annonciade ont eu trois autres enfants :

l'archiduc Otto en 1865, père du futur Charles Ier] ;

l'archiduc Ferdinand-Charles en 1868 ;

l'archiduchesse Marguerite en 1870.

Un archiduc aux mains des parvenus

À l'époque, l'empereur des Français Napoléon III, avec l'aide du roi des Belges, a envahi le Mexique qui ne payait plus ses dettes envers l'Europe. Ce prétexte est aussi l'occasion de barrer la route des États-Unis qui se débattent dans la guerre civile et de freiner leur influence en Amérique latine. L'empereur des Français essaie d'affirmer le principe monarchique sur ce continent républicain et cherche un souverain européen pour le Mexique. Son choix se porte sur l'archiduc Maximilien, frère de l'empereur d'Autriche et de l'archiduc Charles-Louis. En effet, des ragots non vérifiés prétendent que l'archiduc serait en réalité le fils du duc de Reichstadt (donc biologiquement un Bonaparte). De plus, il a épousé la fille du roi des Belges. Cette alliance permettra de réconcilier la France et l'Autriche, qui se sont combattues en Italie quatre ans plus tôt. L'aventure tournera au fiasco. L'empereur du Mexique sera fusillé par les rebelles, et l'impératrice sombrera dans la folie.

L'Autriche rejetée d'Italie et d'Allemagne : fin du pouvoir absolu

L'alliance française n'a pas été plus favorable à l'Autriche que son inimitié. Après les défaites face à la France et à la Sardaigne qui ont ôté à l'Autriche son influence en Italie, chassé les dynasties en place (donc l'oncle paternel du petit archiduc), permis l'annexion des différents États italiens et la proclamation du royaume d'Italie au profit du roi de Sardaigne en 1861, c'est un nouveau revers pour l'empereur d'Autriche qui, en 1866, à cause d'une autre défaite militaire cette fois-ci face à la Prusse, verra son pouvoir sur les États allemands s'effondrer au profit du roi de Prusse. Face à ces échecs et pour apaiser ses peuples, l'empereur se résout à mettre fin à son pouvoir absolu, à octroyer une charte puis à donner une place pleine et entière aux Magyars qui ont dangereusement mis sa couronne en péril durant la révolution de 1848. La Hongrie, si souvent en révolte, devient un royaume indépendant sous l'autorité de l'empereur d'Autriche, partageant certaines prérogatives avec l'Autriche. En juin 1867, l'empereur François-Joseph Ier est couronné roi de Hongrie à Budapest au détriment des populations slaves de l'empire qui lui étaient restées fidèles. En 1871, la fondation de l'Empire allemand au profit du roi de Prusse Guillaume Ier après une guerre victorieuse contre la France sera également considérée comme un camouflet pour l'empereur d'Autriche, tandis que l'Empire français s'effondre et que, pour la troisième fois, la France devient une république.

Victime de la tuberculose, l'archiduchesse Marie-Annonciade meurt à l'âge de 28 ans en 1871, laissant orphelins de mère ses quatre enfants dont l'aîné, François-Ferdinand, n'a que sept ans. L’année suivante, l’archiduchesse Sophie décède à son tour, elle qui était inflexible en politique mais d’une grande douceur avec ses petits-enfants.

Pour la seconde fois, l'archiduc Charles-Louis est veuf. Il n'a que 38 ans. Il se remarie en 1873 à Marie-Thérèse de Bragance. Elle aussi issue d'une branche catholique et conservatrice de la maison de Bragance, l'infante est née et a été élevée loin de son pays d'origine. Elle est la fille du défunt roi Michel Ier de Portugal - mort en exil pour avoir convoité le trône de sa nièce - et de la princesse Adélaïde de Löwenstein-Wertheim-Rosenberg. La nouvelle archiduchesse a 22 ans de moins que son mari. C'est une femme de caractère, d'une grande piété. Elle élèvera comme les siens ses beaux-enfants dont l'aîné n'a que 8 ans de moins qu'elle.

L'archiduc Charles-Louis et l'archiduchesse Marie-Thérèse donneront le jour à deux filles qui viendront compléter la fratrie :

Marie-Annonciade (1876-1961) ;

En 1875, son cousin François V, gendre du roi Louis Ier de Bavière, le dernier duc de Modène, meurt sans enfant. Il désigne alors comme héritier de sa vaste fortune François-Ferdinand, alors âgé de onze ans, à la condition qu'il ajoute Este à son nom. François-Ferdinand relève ainsi le titre de la branche autrichienne de Modène, issue du mariage de l'archiduc Ferdinand d'Autriche-Este avec la princesse Marie-Béatrice de Modène en 1771.

À la mort de l'archiduc Rodolphe, retrouvé sans vie dans le pavillon de chasse de Mayerling, le 30 janvier 1889, en compagnie de sa maîtresse Marie Vetsera, le père de François-Ferdinand devient héritier du trône. Il y renonce immédiatement en faveur de son fils aîné[Quoi ?]. L'archiduc Charles-Louis meurt prématurément d'une fièvre typhoïde contractée après avoir bu l'eau du Jourdain lors d'un pèlerinage en Terre sainte en 1896. Dès lors, François-Ferdinand est désigné officiellement comme héritier du trône impérial.

La chasse est la grande passion de François-Ferdinand, qui jouit d'une réputation de bon tireur. Dès le début des années 1890, il est considéré comme le meilleur tireur du monde.

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