Ce Jour-là

Fra Bartolomeo

Peintre italien

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Baccio della Porta, plus connu sous le nom monastique de Fra Bartolomeo (né le 28 mars 1472 à Sofignano (Prato) – mort le 31 octobre 1517 à Pian di Mugnone (it) (Florence)), est un peintre italien qui devint religieux Dominicain. Sa vie est intimement liée à Florence, et son œuvre, à la période de la Première Renaissance. Son style caractérise le début du cinquecento florentin, une culture qui hésite entre le classicisme de Raphaël et le premier Maniérisme. Le thème de ses œuvres est constant : la méditation religieuse.

Il est connu aussi sous le nom de Fra Bartolomeo di San Marco.

Bartolomeo di Paolo di Jacopo naît à Soffignano, aujourd'hui Sofignano (it), près de Prato, en 1472. En 1478, son père Paolo s'installe à Florence près de la Porta a San Pier Gattolini, d'où son surnom de Baccio della Porta. Sa formation artistique débute en 1483 ou 1484, quand, grâce à une recommandation de Benedetto da Maiano, il entre dans l'atelier florentin de Cosimo Rosselli (1439-1507) collaborant rapidement avec l'un des autres apprentis de l'atelier Mariotto Albertinelli (1474-1515). Ainsi une des premières œuvres de Baccio, l'Annonciation du dôme de Volterra , est terminée par Albertinelli. En 1490, quand Baccio quitte Rosselli pour ouvrir son propre atelier, Albertinelli le suit : les deux amis vont former un partenariat qui se prolongera jusqu'à l'entrée de Baccio chez les dominicains.

Bartolomeo a déjà obtenu de grands succès dans son art lorsqu'il fait la connaissance de Savonarole alors qu'il travaille au couvent San Marco à Florence. Le prédicateur, qui dénonce les mœurs délétères de la Renaissance, acquiert rapidement une grande influence sur Bartolomeo qui jette au bûcher des œuvres séculaires ou mythologiques. Sa peinture se fait didactique, son style grandiloquent est au service de la glorification des personnages bibliques. Il quitte le pinceau, peu après l'exécution de Savonarole en 1498, pour se faire religieux. Il prend en 1500 l'habit des dominicains dans le couvent San Marco, et il ne consacre plus son talent qu'à des sujets religieux aidé en cela par son ami Fra Ambrogio della Robbia. Saint Marc et son Saint Sébastien figurent parmi ses œuvres les plus remarquables. Sur l'ordre de son supérieur, il quitte le monastère.

Son Jugement dernier attire l'attention de Raphaël qui est son cadet de huit ans. Le contact avec Raphaël et le court séjour qu'il fait à Venise en 1508, modifient son style. Du jeune artiste, il apprend les règles de la perspective ; en retour, c'est à son contact que Raphaël améliore son sens de la couleur et des drapés. Après son séjour à Venise, sa palette devient plus délicate et son art plus velouté. Raphaël, Michel-Ange et Léonard de Vinci ont tous quitté Florence avant la fin de la première décennie du siècle. Durant la seconde décennie, Fra Bartolomeo n'a plus d'autre rival que Andrea del Sarto. Le Mariage de sainte Catherine, peint en 1512, marque l'apogée de sa recherche et de son association avec Albertinelli : simplification des masses et adoucissement des contours par un usage du clair-obscur. Il excelle dans le coloris et le relief, et dans l'art du drapé. Il est le premier qui fait usage du mannequin à ressort. Découragé par les difficultés de l'art, Albertinelli, qui a du talent et du charme, l'abandonne pour devenir aubergiste. Un moine, Fra Paolino le remplace auprès de Fra Bartolomeo. Il est malheureusement médiocre et l'atelier sombre dans l'insignifiance.

Raphaël est à Rome quand Fra Bartolomeo s'y rend en 1514 ou 1515 ; Rome est alors supplanté par Florence dans le rôle de centre artistique.

En 1517, à la suite d'une paralysie partielle, il se rend aux bains de San Filippo. Grand amateur de fruits, désœuvré, c'est là qu'il consomme des figues qui lui seront fatales : après avoir consommé une grande quantité de figues fraîches, il est pris de fièvre et en meurt le 31 octobre 1517.

La carrière de Fra Bartolomeo, dont la thématique religieuse est constante, peut être divisée en trois périodes : celle de l'élève de Piero di Cosimo, devenu maître à son tour et qui, dans l'esprit de Savonarole, peint dans le style de Fra Angelico, également inspiré des œuvres de Masaccio et de Filippino Lippi, période durant laquelle il travaille au couvent San Marco ; celle qui, après sa rencontre de Raphaël, est nourrie des voyages à Rome et à Venise lors desquels il découvre les œuvres de ses contemporains les plus remarquables, sa peinture étant alors enrichie des enseignements de Bellini et de Titien qui mettent en œuvre une coloration plus vive, mais également de Michel-Ange qui ouvre les portes du maniérisme ; enfin celle de son retour à Florence, à partir de laquelle il se consacre entièrement à sa tâche de peintre de l'ordre dominicain.

Fra Bartolomeo a su donner un nouveau souffle à la peinture religieuse, utilisant les techniques les plus novatrices, la perspective, la caractérisation des sujets, la composition, le rythme et le mouvement. Il influence Paolino da Pistoia, Plautilla Nelli et Eufrasia Burlamacchi.

Exprimant une sérénité issue du Pérugin, son art a un fort accent de religion sentimentale et une généralisation étudiée des formes, des traits, des drapés, des gestes et des poses, dédiés aux objectifs didactiques de l'art ecclésiastique.

Il rejette le mélange de l'intemporel et du contemporain, et recherche toujours, parfois avec une insensibilité agressive, une interprétation conventionnelle très éloignée de l'idéalisation de la nature qui inspira Léonard de Vinci. Le meilleur de Fra Bartolomeo parvient à la noblesse dans la sobriété, la tendresse et la douceur. Ses compositions sont simples, symétriques ou pyramidales. Toutefois, l'émotion de ses grands retables est souvent exagérée, la piété didactique trop ardente, les personnages trop conscients de leur rôle, les sentiments et les gestes forcés, les drapés tournoyants et le contrapposto implacable artificiels et mécaniques.

L'étiquette « École San Marco » désigne un vaste mouvement de la peinture toscane qui se voulait l'incarnation des idéaux et du style de Fra Bartolomeo.

Minerve, v. 1495, musée du Louvre

Portrait de Savonarole, v. 1495, musée de San Marco

Saint Jérôme pénitent, vers 1495, huile sur bois, 45,1 × 27,9 cm, collection Alana (acquisition 2012), Newark (Delaware) États-Unis

Portrait de Girolamo Savonarole, huile, v. 1498, Couvent San Marco, Florence

L'Annonciation, 1497, panneau, 176 × 170 cm, cathédrale de Volterra

Vierge à l'Enfant et saint Jean, v. 1497, peinture, Metropolitan Museum of Art, New York

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