Ce Jour-là

Fra Angelico

Peintre italien dominicain du XVe siècle

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Guido di Pietro, en religion Fra Giovanni (postérieurement connu sous le nom de Fra Angelico, quelquefois de l'Angelico et de Beato Angelico pour les Italiens) ou encore « Le Peintre des anges », né entre 1387 et 1395 selon les sources, à Vicchio (république de Florence) et mort le 18 février 1455 à Rome (États pontificaux), est un peintre italien du Quattrocento de qui Giorgio Vasari disait qu'il avait un « talent rare et parfait ». Il était connu de ses contemporains comme Fra Giovanni da Fiesole, dans les Vies écrites avant 1555, et comme Giovanni Fra Angelico (« Frère Giovanni l'angélique »).

Il est béatifié tardivement, le 3 octobre 1982 par le pape Jean-Paul II, sous le nom de Bienheureux Jean de Fiesole, même si après sa mort il était déjà appelé « Beato Angelico », à la fois pour la religiosité émouvante de toutes ses œuvres, et pour ses qualités personnelles d'humanité et d'humilité. C'est Giorgio Vasari qui a ajouté l'adjectif « Angelico » à son nom, dans Les Vies.

Religieux dominicain, il a cherché à associer les principes picturaux de la Renaissance — constructions en perspective et représentation de la figure humaine — aux anciennes valeurs médiévales de l'art : sa fonction didactique et la valeur mystique de la lumière.

Il est commémoré le 18 février selon le Martyrologe romain.

Guido di Pietro naît vers 1395 dans la petite ville de Vicchio dans le Mugello, région d'où les Médicis sont originaires, et est baptisé Guido ou Guidolino, « petit Guido ». Vasari a laissé peu de détails sur sa famille, si ce n'est que son père Pietro est un paysan probablement aisé, fils d'un certain Gino et que son frère Benedetto, son cadet de quelques années, est devenu moine bénédictin. Sa sœur Checca (Francesca), mariée vers 1440, aura un fils Giovanni di Antonio qui assistera le peintre sur les chantiers d'Orvieto et de Rome.

Le premier document mentionnant Guido di Pietro date du 31 octobre 1417. Il indique qu'un peintre laïc du nom de Guido di Pietro rejoint, parrainé par Battista di Biagio Sanguigni, la confrérie saint Nicolas de Bari qui appartient à l'ordre des Dominicains observants, une branche dominicaine minoritaire de flagellants dans laquelle la règle originelle de saint Dominique est observée, requérant la pauvreté absolue et l'ascèse (l'« observance »), que Guido di Petro suit de 1418 à 1423.

Il entre avec son frère Benedetto dans le couvent San Dominico di Fiesole où ils constituent un atelier d'enluminure, puis il est envoyé dans celui de Foligno sous la pression de l'évêque de Fiesole qui refuse cette stricte observance. En 1414, la peste survient et la communauté est obligée de demander l'hospitalité au couvent de Cortone. Enfin, en 1418, le pardon de l'évêque lui permet de réintégrer Fiesole.

À partir de 1423, il est nommé « frère Jean des frères de San Domenico di Fiesole » (fra étant le titre de frère en italien) et c'est seulement après sa mort qu'il est appelé Beato Angelico en Italie (Bienheureux Angelico). C'est Giorgio Vasari qui, dans Les Vies, ajoute à son nom l'adjectif Beato (et le nomme précisément Fra' Giovanni da Fiesole) utilisé auparavant par fra Domenico da Corella et par Cristoforo Landino.

Son éducation artistique se déroule à Florence à l'époque de Lorenzo Monaco, Masaccio, Gentile da Fabriano et Gherardo Starnina. Du premier, il reprend l'usage de couleurs accentuées et peu naturelles, mais aussi celle d'une lumière très forte qui annule les ombres et participe au mysticisme des scènes sacrées, thèmes qu'on retrouve dans sa production de miniatures et dans ses premières compositions.

L'art de la miniature sur manuscrit est une discipline rigoureuse qui a beaucoup servi Fra Angelico dans ses œuvres ultérieures. Avec cette activité, il compose des figures au style parfait et impeccable, à petite échelle, souvent en utilisant des pigments coûteux comme le lapis-lazuli et la feuille d'or, dosés avec un soin extrême, chaque contrat précisant la quantité à utiliser. En janvier et février 1418, il est mentionné dans certains documents comme « Guido di Pietro dipintore ».

En 1417, il est nommé dans des documents « Guido di Pietro, peintre de la paroisse San Michele Visdomoni ». En 1418, peu avant de prononcer ses vœux dans le couvent San Domenico di Fiesole, il peint un retable aujourd'hui perdu pour la chapelle Gherardini de l'église Saint-Étienne à Florence dans le cadre d'un projet décoratif confié à Ambrogio di Baldese, qui est peut-être son maître. La date exacte à laquelle il prononce ses vœux n'est pas connue, mais elle peut être située entre 1418 et 1421 car les novices n'étaient pas autorisés à peindre la première année et aucune de ses œuvres n'est documentée entre 1418 et 1423.

En 1423, il peint une croix pour l'hôpital Santa Maria Nuova et est nommé dans des documents comme « frère Giovanni de' frati di San Domenico di Fiesole », preuve qu'il est déjà religieux à cette date. Un Saint Girolamo dans le style masaccesque date de 1424. Son ordination sacerdotale remonte plutôt à la période 1427-1429.

Le triptyque de saint Pierre martyr, commandé par les religieuses du monastère de Saint-Pierre-Martyr à Florence, date de 1428-1429. Dans cette œuvre, Angelico montre qu'il connaît et apprécie à la fois les nouveautés de Gentile da Fabriano et Masaccio et qu'il tente une sorte de réconciliation entre les deux, embrassant progressivement le « style masaccesque » au fil des années, mais aussi en développant bientôt, à partir des années 30, un style personnel. Si Fra Giovanni montre un penchant indéniable pour les ornements, les détails précieux, les figures élégantes et allongées (constante de l'art gothique tardif ), il est aussi intéressé à les placer dans un espace réaliste, régi par les lois de la perspective et à leur donner un volume corporel perceptible et équilibré.

Déjà dans le triptyque de saint Pierre martyr, les robes des saints sont lourdes et ont des plis qui descendent droit, avec des couleurs vives et lumineuses, tout comme dans les miniatures ; l'espace est profond et mesurable, comme le suggère la disposition en demi-cercle des pieds des saints.

Une Vierge à l'Enfant, aujourd'hui au Musée national San Marco, et une Vierge à l'Enfant avec douze anges au Städelsches Kunstinstitut de Francfort-sur-le-Main, font partie des œuvres datées de cette période.

À San Domenico di Fiesole (1429-1440)

En 1419, Angelico est au couvent San Domenico di Fiesole où, le 22 octobre, il est enregistré comme « Frère Johannes petri de Muscello » lors d'une réunion du chapitre. Il apparaît également dans d'autres réunions du chapitre en janvier 1431, en décembre 1432, en janvier 1433 (comme vicaire à la place du prieur absent) et en janvier 1435. Il est également documenté le 14 janvier 1434 dans une nomination laïque comme juge pour une estimation avec le peintre Rossello di Jacopo Franchi, du tableau de Bicci di Lorenzo et Stefano d'Antonio pour l'église San Niccolò Oltrarno à Florence : l'expertise d'autres peintres établis est souvent utilisée alors pour décider de la rémunération à verser aux artistes.

Entre les années vingt et trente du XVe siècle, il se consacre à de grands retables pour l'église San Domenico di Fiesole, ce qui lui vaut une renommée considérable et incite d'autres instituts religieux à lui en commander des répliques et des variantes. Entre environ 1424 et 1425, il peint le premier des trois panneaux pour les autels de l'église Saint-Dominique : la Pala di Fiesole, œuvre retouchée par Lorenzo di Credi en 1501 qui en refait le fond. C'est un retable très original où les séparations entre les saints sont désormais absentes des compartiments du polyptyque, même si des cuspides ont été enlevées plus tard lors de la restauration du XVIe siècle.

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