Frédéric Schaelderlé, né le 21 novembre 1893 à Sainte-Marie-aux-Mines, mort le 25 mars 1945 à Zwickau, est un résistant alsacien de la Seconde Guerre mondiale. Fondé de pouvoirs à la compagnie d'assurances Rhin-et-Moselle à Strasbourg, il entre dans la résistance intérieure à l'automne 1941 au sein du groupe Bareiss. Agent de liaison entre les résistants strasbourgeois et ceux du Haut-Rhin, il s'implique également dans une filière d'évasion pour les prisonniers de guerre évadés. Arrêté en mars 1942, condamné à mort par le Reichskriegsgericht (« cour martiale du Reich ») en mars 1943, sa peine est commuée en détention à vie. Il meurt en déportation le 25 mars 1945.
Frédéric Schaelderlé est issu d'une famille modeste, il est le fils d'Armand Schaelderlé, artisan cordonnier, et de Caroline Weygand. Élevé dans un milieu francophone et religieux, il suit l'école communale jusqu'à l'âge de 14 ans, puis entre en apprentissage dans une entreprise locale qui l'emploie à titre permanent dès 1909.
Mobilisé dans l'armée allemande durant la Première Guerre mondiale, il reprend à l'issue du conflit une activité dans le secteur des assurances à Sainte-Marie-aux-Mines, avant de s'installer à Strasbourg en 1925. À la Concorde, il assume la direction du bureau, avant de rejoindre en 1927 la compagnie Rhin-et-Moselle en qualité de fondé de pouvoirs. Il s'investit parallèlement dans le mouvement des anciens combattants et dans la vie sportive associative, et s'unit à Suzanne Ehret pendant l'entre-deux-guerres ; deux enfants naissent de cette union, dont l'aîné Georges en 1924.
Après l'annexion de fait de l'Alsace, Robert Falbisaner, agent général pour la compagnie Rhin-et-Moselle et responsable du réseau clandestin à Strasbourg-ville, recrute Frédéric Schaelderlé comme agent de liaison en octobre 1941. Frédéric Schaelderlé intègre ainsi le groupe Bareiss, au sein duquel il entretient des relations suivies avec Raymond Berchtold à Mulhouse et Joseph Rey à Colmar. Il participe à plusieurs réunions clandestines et assure la circulation de tracts ainsi que de notes sur la situation en Alsace annexée de fait.
Parallèlement, Frédéric Schaelderlé s'implique dans une filière d'évasion au profit des prisonniers de guerre évadés, en qualité de pourvoyeur et de convoyeur. Son épouse Suzanne contribue à cette action en assurant le ravitaillement et l'habillement des évadés, tandis que des contacts sont établis avec la filière de Caroline Muller, dite « Tante Jeanne », à Haguenau. Il prend en outre part à la diffusion du Rapport économique en février 1942 et mars 1942.
Arrestation, jugement et déportation
Le 26 mars 1942, Frédéric Schaelderlé et son épouse sont arrêtés par la Gestapo à la suite d'une dénonciation de Léon Barth. Interné à Strasbourg, il est transféré en mai 1942 au camp de sûreté de Vorbruck-Schirmeck, puis le 23 juillet 1942 à la prison de Kehl. Jugé une première fois en décembre 1942 par le Volksgerichtshof (« tribunal du peuple ») pour aide à l'évasion, il est condamné à une peine d'emprisonnement.
Il est ensuite traduit devant le 4e Sénat du Reichskriegsgericht (« cour martiale du Reich ») réuni à Strasbourg du 4 mars 1943 au 10 mars 1943 pour juger dix-huit prévenus. Reconnu coupable d'espionnage et d'intelligence avec l'ennemi, il est condamné à la peine capitale. La sentence est confirmée le 16 avril 1943 par l'amiral Bastian. Le 15 août 1943, Hitler commue la peine de Frédéric Schaelderlé ainsi que celle de huit de ses co-condamnés en détention à vie dans un établissement pénitentiaire allemand.
Transféré au début de juillet 1943 à la prison de Bruchsal, il y demeure jusqu'en novembre 1944, date à laquelle il est acheminé à Ludwigsburg, puis en décembre 1944 à Zwickau. Il y décède le 25 mars 1945.
Son épouse Suzanne, internée au camp de sûreté de Vorbruck-Schirmeck à partir du 18 juin 1942, y est maintenue jusqu'à la libération du camp le 23 novembre 1944. Georges, l'aîné des enfants, est incorporé de force dans la Wehrmacht ; envoyé sur le front de l'Est, il est déclaré disparu le 19 janvier 1944.
Médaille de la Résistance française par décret du 15 juin 1946.
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
Auguste Gerhards, « Schaelderlé Frédéric », dans Tribunal de guerre du IIIe Reich : des centaines de Français fusillés ou déportés : Résistants et héros inconnus 1939-1945, Le Cherche midi, 2014 (ISBN 9782749120676, lire en ligne).
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Jean-Claude Richez, Léon Strauss et Hélène Bigot, Résistantes et résistants strasbourgeois, EDBH, coll. « Histoires entre deux siècles », 2025, 226 p. (ISBN 978-2-493781-33-8), « Schaelderlé Frédéric », p. 143.
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