Frédéric Michalak, né le 16 octobre 1982 à Toulouse (Haute-Garonne), est un joueur international français de rugby à XV évoluant au poste de demi d'ouverture.
Formé et révélé au Stade toulousain, Michalak remporte deux championnats de France en 2001 et 2011 et deux Coupes d'Europe en 2003 et 2005 avec le club occitan en neuf saisons entrecoupées par une expérience en Afrique du Sud chez les Sharks en 2008 où il remporte la Currie Cup avec les Natal Sharks. En 2012, il part à nouveau chez les Sharks où il est finaliste du Super Rugby avant de revenir finalement en France pour évoluer avec le Rugby club toulonnais de 2012 à 2016. Avec le club varois, il ajoute un nouveau titre de champion de France en 2014 et deux Coupes d'Europe en 2013 et 2015 à son palmarès mais reste dans l'ombre de l'ouvreur titulaire Jonny Wilkinson. Il termine sa carrière au Lyon OU de 2016 à 2018.
Sélectionné avec le XV de France par Bernard Laporte à partir de 2001, Michalak dispute sa première Coupe du monde en 2003 en tant qu'ouvreur titulaire à l'âge de 20 ans. Il inscrit 103 points mais la France est éliminée en demi-finale par l'Angleterre comme quatre ans plus tard, en 2007. Non retenu lors du Mondial 2011, il retrouve une place de titulaire en 2015 juste avant la Coupe du Monde, devenant le meilleur buteur de l'histoire du XV tricolore, mais se blesse en quart de finale perdu contre la Nouvelle-Zélande. Il achève sa carrière internationale sur cette élimination après 77 sélections et 436 points inscrits. Au cours d'un parcours en Bleu discontinu notamment en raison de ses nombreuses blessures, il remporte toutefois quatre Tournois des Six Nations (2002, 2004, 2006 et 2010) dont trois Grands Chelems.
Il fait partie du cercle très fermé des joueurs ayant remporté quatre fois la Champions Cup, en compagnie de Cian Healy, Cédric Heymans, Isa Nacewa, Jonathan Sexton et Devin Toner. Un record dans la compétition.
En parallèle des terrains, Frédéric Michalak prête son image à plusieurs marques publicitaires et devient, après sa retraite, consultant à la télévision pour Canal+ et TF1. Il soutient également l'organisation de la Coupe du monde 2023 en France. Depuis 2023, il est membre du staff technique du club francilien du Racing 92.
Frédéric Michalak naît en 1982 dans le quartier toulousain d'Ancely. Petit-fils d'un immigré polonais et d'une Italienne et issu d'une famille modeste, il débute au rugby à l'âge de 4 ans chez les minipoussins de Ramonville entraînés par son père, maçon. Puis il rejoint le Stade toulousain à l'âge de sept ans.
Il y passe par tous les postes des lignes arrière mais c'est finalement au poste de demi d'ouverture qu'il est fixé. Il y remporte un titre de champion de France cadets en 1998 et deux championnats de France crabos en 1999 et 2000 mais c'est comme demi de mêlée qu'il va faire ses débuts professionnels. Tout le long de sa carrière, il alternera les deux postes.
Profitant des blessures de Jérôme Fillol et Jérôme Cazalbou, Frédéric Michalak commence sa carrière professionnelle en janvier 2001 lors de la réception de la Section paloise comme titulaire au poste de demi de mêlée et inscrit un essai. Il s'impose vite comme le titulaire du poste et contribue à l'excellente fin de saison du Stade toulousain qui se hisse jusqu'en finale du Top 14 face à Clermont. Lors de ce match, Michalak se montre très offensif dans le jeu et passe quatre pénalités de plus de 50 mètres. Toulouse s'impose 34-22 et Michalak est élu homme du match. À 18 ans seulement, il est alors le grand artisan de la conquête d'un nouveau titre de champion de France par le Stade toulousain. Il devient alors la nouvelle star du rugby français dont il est considéré comme un grand espoir.
Dès l'été 2001, il est alors appelé en équipe de France par Bernard Laporte mais il ne peut honorer cette première convocation car il devait passer un BEP. Ce n'est que partie remise : à l'automne 2001, Laporte le rappelle en équipe de France et il peut cette fois honorer sa première convocation en bleu. Il participe aux trois matchs de l'équipe de France dont un comme titulaire à l'ouverture face à l'Australie et confirme tous les espoirs placés en lui. Quelques mois plus tard, il profite alors de la blessure de Fabien Galthié pour entamer le Tournoi des six nations 2002 comme titulaire au poste de demi de mêlée face à l'Italie. Mais sa prestation déçoit et il n'est pas rappelé par la suite.
Il continue de progresser à Toulouse et, après une mauvaise entame de l'équipe de France lors du Tournoi des Six Nations 2003, il est rappelé pour les deux derniers matchs du Tournoi face à l'Italie et le Pays de Galles, cette fois comme demi d'ouverture. Cette fois, il répond aux attentes en inscrivant un essai dans chacun de ces deux matchs. Puis, il réalise une excellente fin de saison avec le Stade toulousain qui se hisse jusqu'en finale du Top 14 et surtout remporte la coupe d'Europe. Michalak y inscrit notamment l'essai de la victoire lors de la demi-finale face au Munster.
Le 24 mai 2003, il est titulaire avec le Stade toulousain, associé à Yann Delaigue à la charnière, en finale de la Coupe d'Europe au Lansdowne Road de Dublin face à l'USA Perpignan. Les Toulousains s'imposent 22 à 17 face aux catalans et deviennent ainsi champions d'Europe.
Destiné à être le remplaçant de Yann Delaigue, dans un premier temps, et après la blessure en tournée de ce dernier, Bernard Laporte en fait alors le demi d'ouverture titulaire de l'équipe de France pour la coupe du monde 2003 en association avec le demi de mêlée et capitaine Fabien Galthié. Michalak rentre fort dans sa coupe du monde en inscrivant 26 points au pied face aux Fidji puis un essai et 19 points au pied face au Japon et un nouvel essai et 20 points au pied lors de la finale du groupe face à l'Écosse. Il est alors mis au repos pour le dernier match de poule sans enjeu face aux États-Unis. De retour en quart de finale face à l'Irlande il est à l'origine d'un essai d'Olivier Magne d'une chandelle en diagonale dès la 4e minute puis inscrit 23 points au pied, jouant un rôle déterminant dans la belle victoire 43-20 du XV de France. À 21 ans seulement, sa coupe du monde est alors exceptionnelle mais, contre toute attente, lors de la demi-finale perdu face à l'Angleterre, il passe complètement à côté de son match en ne passant qu'un seul des cinq coups de pied qu'il tente. La France est battue 7-24 et il subit de nombreuses critiques. Il termine deuxième du classement des réalisateurs du mondial avec 103 points, juste derrière Jonny Wilkinson.
Il reste cependant titulaire lors du Tournoi des six nations 2004 mais, après une nouvelle prestation décevante à la botte lors du match d'ouverture face à l'Irlande, il cède sa place de buteur à Jean-Baptiste Élissalde ou Dimitri Yachvili. Il reste néanmoins l'ouvreur titulaire des Bleus pour le reste du tournoi que la France remporte avec le Grand Chelem. Il manque ensuite le quart de finale de coupe d'Europe du Stade toulousain sur blessure mais revient pour la fin de saison. Il joue ainsi de nouveau la finale de la Coupe d'Europe qui se déroule cette fois au Stade de Twickenham à Londres face aux London Wasps. Il est titularisé en demi-de-mêlée associé à Yann Delaigue à l'ouverture. Les Anglais l'emportent sur le fil 27 à 20, à la suite d'une erreur de Clément Poitrenaud, empêchant les Toulousains de gagner un deuxième titre consécutif.
L'intersaison 2004 voit l'ouvreur du Stade toulousain Yann Delaigue quitter le club. Ainsi, alors que Frédéric Michalak continue de jouer principalement demi de mêlée avec son club, il y est repositionné ouvreur, poste auquel il avait déjà joué en équipe de France et chez les jeunes du Stade toulousain. Sa première saison comme ouvreur de l'équipe première du Stade toulousain est un succès puisque le club remporte une nouvelle coupe d'Europe, un titre auquel contribue Michalak en inscrivant des essais en quart de finale face à Northampton Saints et en demi finale face aux Leicester Tigers. En revanche, avec le XV de France, il doit faire face à la concurrence de son ex-coéquipier Yann Delaigue qui s'est relancé avec le Castres olympique et dont il doit se contenter d'être la doublure lors du Tournoi des Six Nations 2005.