Ce Jour-là

Frédéric Bastiat

Économiste et homme politique libéral français

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Frédéric Bastiat, né le 30 juin 1801 à Bayonne et mort le 24 décembre 1850 à Rome, est un économiste, homme politique et magistrat français. Rattaché à l'école libérale française, il est entré tardivement dans le débat public. Il marque la France du milieu du XIXe siècle en prenant part aux débats économiques : il collabore régulièrement au Journal des économistes et entretient une polémique virulente avec Proudhon. Élu à l'Assemblée, il participe à la vie politique française en votant tantôt avec la gauche, tantôt avec la droite.

Il développe une pensée libérale, caractérisée par la défense du libre-échange ou de la concurrence et l'opposition au socialisme et au colonialisme. Il est considéré comme un précurseur de l'école autrichienne d'économie et de l'école des choix publics.

Tombé dans un oubli relatif en France, il bénéficie en revanche d'une renommée internationale, en particulier grâce à ses Harmonies économiques.

La famille Bastiat est une famille bourgeoise plutôt aisée de marchands, commerçants, jurats propriétaires terriens originaire de Laurède, en Chalosse. Vers 1700, Pierre Bastiat s'installe dans la commune voisine de Mugron, et y devient un important bourgeois. Le grand-père de Frédéric Bastiat, également prénommé Pierre, s'installe à Bayonne pour y commercer, et s'y marie en 1770.

Frédéric Bastiat naît le 30 juillet 1801 (11 thermidor de l'an IX) à Bayonne. Il est le fils de Pierre Bastiat, négociant et d'une demoiselle Fréchou, mariés vers 1800. Sa mère meurt en mai 1808, et son père, malade et presque ruiné, rentre à Mugron et y meurt le 1er juillet 1810.

L'orphelin est recueilli par sa tante, Justine Bastiat, et étudie à Bayonne à l'école de l'abbé Meillan. Il est placé au collège de Saint-Sever, puis à l'abbaye de Sorèze, qu'il quitte en 1818, âgé de 17 ans.

Son grand-père l'envoie à Bayonne travailler dans la maison de commerce Monclar, appartenant à son oncle.

Dans sa jeunesse, il lit le Censeur européen, journal créé par Charles Dunoyer, qui donne, selon ses propres termes, la direction de ses études et de son esprit.

Sa carrière d'économiste et pamphlétaire dure à peine six ans : galvanisé par les succès de la ligue libre-échangiste de Manchester, il suit cet exemple et envoie au Journal des économistes un premier article, intitulé « De l’influence des tarifs français et anglais sur l’avenir des deux peuples ». Cet article, paru en 1844, ayant fait sensation, on lui en réclame d’autres, et ainsi se constitue la série d’articles publiée, par la suite, sous le nom de Sophismes économiques. En même temps, il publie son premier ouvrage, intitulé Cobden et la Ligue et monte à Paris pour se faire imprimer. En 1846, il est élu membre correspondant de l'Institut de France.

Dans la capitale, il devient bientôt l’adversaire le plus actif et le plus redouté de la politique protectionniste. Il devient secrétaire général de l’Association pour la liberté des échanges, créée à Paris en 1816, qui a pour organe le Libre-Échange, qu’il a créé et dont il est le rédacteur en chef. La révolution de février oblige les économistes français, en général, et Bastiat en particulier à s’opposer au socialisme. Bastiat étant de ceux qui l’ont combattu, il tente de réfuter tour à tour Louis Blanc, Victor Considerant, Pierre Leroux, Proudhon, etc. dans plusieurs ouvrages dans lesquels il combat à la fois le socialisme et le système prohibitif.

Élu député des Landes en 1848 à l'Assemblée constituante, il est réélu en 1849. Soutien du pouvoir en place, il se range aux côtés de Cavaignac. Il goûte peu les questions de politique pure pour ne s'intéresser qu'à l'économie : à l'Assemblée, il devient vice-président de la commission des finances. Siégeant à gauche, il vote, selon le projet de loi discuté, pour les conservateurs ou pour les socialistes. Cela ne le classe pas centriste ou social-démocrate car son seul critère de jugement reste la liberté naturelle. Il s'en justifie notamment dans une profession de foi électorale de 1849 : « On a rapproché mes votes de ceux de l'extrême gauche. Pourquoi n'a-t-on pas signalé aussi les occasions où j'ai voté avec la droite ? ».

À l'Assemblée et en dehors, il n'a de cesse de combattre le protectionnisme et le socialisme, ainsi que de promouvoir le libre-échange et les droits de l'individu. Il est en particulier l'un des plus fervents défenseurs des idées de Richard Cobden et des ligues anti Corn Laws. Sa première contribution au Journal des économistes est d'ailleurs en défense du libre-échange, et fustige les politiques colonialistes. Il crée l'Association pour la liberté des échanges et écrit un livre sur Richard Cobden.

Il est également conseiller général à partir de 1831 et juge de paix du 28 mai 1831 au 30 novembre 1846.

Durant le tour de France qu'il entreprend pour promouvoir les idées libérales, il contracte la tuberculose.

Ne pouvant plus siéger régulièrement à l'Assemblée, il part en Italie pour tenter de se rétablir et meurt à Rome en 1850, déclarant sur son lit de mort que son ami Gustave de Molinari est son fils spirituel. Il est inhumé en l'église Saint-Louis-des-Français de Rome. Un monument lui a été érigé dans la ville de Mugron le 23 avril 1878. Il avait fait un mariage malheureux, épousant le 7 février 1831 Mlle Marie Huart mais la quittant rapidement.

On connaît plusieurs domiciles où vécut Frédéric Bastiat :

Le domaine de Sengresse (aujourd'hui chambre d'hôtes) à Mugron dans les Landes.

3, rue d'Alger à Paris. Le fac-simile du passeport de Frédéric Bastiat en date du 27 octobre 1849 indique cette adresse. Il est visible dans le livre Aimez-vous Bastiat de Jacques Garello.

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