La forteresse du Mont-Valérien est un fort pentagonal construit de 1840 à 1846. Elle est l'un des seize forts construits autour de Paris.
Elle est construite au début des années 1840 sur le mont Valérien, colline culminant à 161 mètres, située à environ deux kilomètres à l'ouest de Paris, dans les communes de Suresnes (majeure partie), Nanterre et Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine).
Son adresse est : avenue du Professeur-Léon-Bernard, 92150 Suresnes.
Au cours de la Seconde Guerre mondiale, plus d'un millier de résistants et otages y ont été fusillés par les Allemands.
Elle abrite l'état-major stratégique des opérations (unité non permanente) et la Direction interarmées des réseaux d'infrastructures et des systèmes d'information d'Île de France / 8e régiment de transmissions (DIRISI IDF/8e RT), qui a succédé au 8e régiment de transmissions, dissous le 1er août 2014.
Le mémorial de la France combattante, érigé en l'hommage de tous les morts de la guerre 1939-1945, inauguré par le général de Gaulle le 18 juin 1960, se trouve à l'extérieur de la forteresse, adossé à son mur d'enceinte au sud.
Le mont Valérien est le refuge d'ermites à partir du Bas Moyen Âge, alors que ses coteaux sont occupés par des vignes. Au XVIIe siècle, un calvaire religieux y est édifié, objet de pèlerinages jusqu'à la Révolution, qui le supprime. Le terrain est racheté par le député Antoine Merlin de Thionville en 1795 qui envisage d'y faire construire un château. En 1806, des religieux y sont à nouveau autorisés. Napoléon Ier projette d'y édifier une maison d'éducation de la Légion d'honneur, puis un édifice militaire, mais la chute de l'Empire met un terme à ces ambitions, même si un édifice, dit « de 1812 » est construit. Sous la Restauration, Charles de Forbin-Janson relance l'activité religieuse du mont Valérien, qui renoue avec la popularité qu'il connaissait sous l'Ancien Régime, de nombreuses personnalités royalistes se faisant enterrer dans le nouveau cimetière qu'il a conçu. Il fait aussi édifier un petit château et une chapelle. Symbole du légitimisme, le calvaire est définitivement fermé après l'arrivée de Louis-Philippe sur le trône, en 1830.
Sous son ministère, Adolphe Thiers y crée l'un des seize forts prévus dans le programme de fortifications de Paris décidé par la loi du 3 avril 1841. C'est l'un des plus importants. Cent quarante millions de francs sont alloués au projet, qui prévoit la destruction des anciens édifices religieux. De forme pentagonale, la forteresse comprend des fronts allant de 350 à 400 mètres, des pas de cavaliers reliant les bastions. Il y a un double mur de soutènement, des douves et un mur défensif. En 1850, la forteresse du Mont-Valérien est rattachée à Suresnes.
D'avant les travaux du milieu du XIXe siècle subsistent plusieurs éléments, toujours compris dans l'enceinte militaire :
la crypte qui daterait, selon les versions, du XVIIe siècle ou du XIXe siècle , reconvertie en chapelle ;
le bâtiment dit « de 1812 », construit sous le Premier Empire, de nos jours musée du régiment de transmissions ;
le château de Forbin-Janson datant du début du XIXe siècle, qui accueille depuis le mess des officiers ;
la chapelle attenante, construite en 1828, lieu de culte des troupes, désaffectée au début du XXe siècle avant d'être rendu au culte en 1939 et d'abriter des résistants condamnés lors de la Seconde Guerre mondiale.
En 1851, Gustave de Beaumont, Achille Chaper et Joseph Edmond Fayolle sont emprisonnés quelques jours au Mont-Valérien après leur protestation contre le coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte.
Pendant la guerre franco-allemande de 1870, la forteresse joue un rôle important :
d'une part dans le siège de Paris, la destruction du château de Saint-Cloud, tenu par les Allemands, le 13 octobre 1870, par les troupes républicaines du gouvernement de la Défense nationale, témoigne de la puissance de feu de ses canons. Sa plus forte pièce d'artillerie est « La Valérie », un canon de calibre 24 et d'un poids de 16 tonnes, capable de tirer des boulets de 100 k. Au château de La Celle, les dégâts ne sont à déplorer que dans l'orangerie. Le fort est occupé par les Allemands en application de l'armistice franco-allemand le 29 janvier 1871 ;
après le départ des Allemands, le fort est investi par les troupes versaillaises dès le 21 mars 1871 et utilisé pour bombarder les insurgés de la Commune de Paris. Au printemps 1871, les communards ont reçu 78 000 obus en 48 jours, à la porte Maillot et autour du bastion no 51 des fortifications de 1844.
La forteresse comporte une cartoucherie, où travaillent des ouvrières chargées de recycler et de détruire les munitions impropres au service puis d'en récupérer le salpêtre. Malgré deux incidents en 1870 et 1873, qui conduisent les autorités à préconiser l'arrêt de cette activité et la destruction des cartouches par noyade, elles poursuivent ce métier dangereux. Le 18 décembre 1882, une grande explosion touche la cartoucherie. L'incendie est maîtrisé mais 25 personnes sont brûlées, dont 17 finissent par mourir, 16 ouvrières et un sous-officier. Une stèle leur rend hommage dans le cimetière ancien de Puteaux.