Ce Jour-là

Forêt-Noire

Massif montagneux au sud-ouest de l'Allemagne

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La Forêt-Noire (en allemand : Schwarzwald, prononcé /ˈʃvaʁt͡s.ˌvalt/) est un massif montagneux situé dans le Sud-Ouest de l'Allemagne, dans le Land du Bade-Wurtemberg. Elle résulte de l'effondrement du graben avorté du fossé rhénan, qu'emprunte le Rhin en coulant vers le nord, lequel fleuve constitue en cet endroit la frontière entre l'Allemagne et la France. La Forêt-Noire à l'est de la plaine rhénane est le pendant géologique du massif des Vosges à l'ouest. Elle dévoile sur ses hauteurs des paysages variés : au nord, les épicéas bordent des routes escarpées ; au centre, les vignes des coteaux cèdent la place aux pâturages et à de riches fermes-auberges ; au sud, les lacs alternent avec les hauts sommets. Le massif, distant d'environ 25 km de Strasbourg, est visible de la ville.

Le nom antique du massif forestier est Abnoba mons ou Abnoba silva (silva vient du latin qui veut dire « forêt »). Abnoba, la « sylve noire », est une divinité topique celte de la faune. Elle est similaire à Arduinna, latinisée en Diana Arduenna, et à Vosegus, qui président au massif ardennais et au massif des Vosges.

La Forêt-Noire est séparée par le fossé rhénan du massif des Vosges dont elle reprend la forme triangulaire et le type de relief, plus élevé au sud. Le plus haut sommet est le Feldberg, qui culmine à 1 493 mètres. Les autres sommets notables sont :

et le Hornisgrinde (1 163 m), plus haut sommet du Nord de la Forêt-Noire.

Région bien irriguée, la Forêt-Noire est traversée dans sa partie centrale/est (entre Donaueschingen et Schwenningen) par la ligne de partage des eaux entre la mer du Nord et la mer Noire :

le Rhin se dirige vers la mer du Nord en contournant le massif par le sud puis par l'ouest, recevant pour affluents la Kinzig, la Murg et, à Mannheim seulement, le Neckar, qui traverse le massif en direction du nord avec ses affluents, l'Enz et le Nagold ;

le Danube se dirige vers la mer Noire à l'est et résulte, à sa source, du confluent de la Breg et de la Brigach.

La Forêt-Noire borde le plateau de la Baar au sud-est.

La chaîne de montagnes a des températures plus basses et des précipitations plus importantes que la campagne environnante. Les hautes terres de la Forêt-Noire sont caractérisées par des précipitations régulières tout au long de l'année. Cependant, les températures ne baissent pas de manière uniforme avec l'augmentation de l'altitude, et les précipitations n'augmentent pas non plus de manière uniforme. Au contraire, les précipitations augmentent rapidement même dans les régions les plus basses et sont disproportionnées sur le versant ouest des montagnes, plus pluvieux.

Les zones les plus humides sont les hautes terres autour de la Hornisgrinde au nord et autour du Belchen et du Feldberg au sud, où les précipitations annuelles atteignent 1 800-2 100 mm. Les vents d'ouest atlantiques chargés d'humidité déversent environ autant de pluie dans le nord de la Forêt-Noire, malgré son altitude plus faible, que dans la zone plus élevée du sud. Là, les Vosges agissent comme un bouclier contre les vents dominants. Sur le versant est exposé de la Forêt-Noire centrale, il est à nouveau beaucoup plus sec. Ainsi, les précipitations annuelles n'y sont par endroits que de 750 l/m2 environ.

Sur le plan thermique, les zones avec les plus hautes altitudes de la Forêt-Noire se caractérisent par des fluctuations annuelles relativement faibles et des valeurs extrêmes de vapeur. Cela est dû aux vents légers fréquents et à une plus grande couverture nuageuse en été. En hiver, les hautes pressions fréquentes font que les sommets sont souvent baignés de soleil, tandis que les vallées disparaissent sous une épaisse couverture de brouillard en raison des poches d'air froid (inversion de température).

Dans l'Antiquité, la Forêt-Noire était connue sous le nom d'Abnoba mons, du nom de la divinité celtique Abnoba. À l'époque romaine, le nom de Silva Marciana (« forêt marcynienne », du mot germanique marka « frontière ») lui a été donné. La Forêt-Noire représentait probablement la zone frontalière des Marcomans (« peuple frontalier ») qui étaient installés à l'est du limes romain. Ils faisaient à leur tour partie de la tribu germanique des Suèves, qui ont ensuite donné leur nom à l'État historique de Souabe. À l'exception des établissements romains sur le périmètre (par exemple les bains de Badenweiler, et les mines près de Badenweiler et de Sulzburg) et de la construction de la route romaine de la Kinzig, la colonisation de la Forêt-Noire n'a pas été effectuée par les Romains, mais par les Alamans. Ils se sont installés et ont d'abord colonisé les vallées, en franchissant l'ancienne frontière de colonisation, dite « frontière de grès rouge », par exemple depuis la région de Baar. Peu après, des zones de plus en plus élevées et des forêts adjacentes ont été colonisées, de sorte qu'à la fin du Xe siècle, les premiers établissements se trouvaient dans la région du grès rouge (Bunter). Parmi ceux-ci, on trouve par exemple Rötenbach, qui a été mentionné pour la première fois en 819.

Durant la guerre des Six Deniers au XVe siècle, les Mulhousiens et leurs alliés mirent à feu et à sang toute l'Alsace ainsi que la Forêt-Noire.

Certains des soulèvements (dont le mouvement Bundschuh) qui ont précédé la guerre des paysans allemands, sont originaires de la Forêt-Noire au XVIe siècle. D'autres troubles paysans, sous la forme des soulèvements du salpêtre, ont eu lieu au cours des deux siècles suivants dans la région du Hotzenwald, qui correspond au sud de la Forêt-Noire.

Des vestiges de fortifications militaires datant des XVIIe et XVIIIe siècles se trouvent en Forêt-Noire, notamment sur les cols de montagne. Parmi eux figurent les multiples ouvrages de campagne baroques du Margrave Louis-Guillaume de Bade-Bade ou des positions défensives individuelles comme la forteresse d'Alexandre, la Röschenschanze et la forteresse suédoise (Schwedenschanze).

À l'origine, la Forêt-Noire était une forêt mixte de feuillus et de sapins. En altitude, l'épicéa poussait également. Au milieu du XIXe siècle, la Forêt-Noire a été presque entièrement déboisée par la sylviculture intensive et a ensuite été replantée, principalement par des monocultures d'épicéas.

En 1990, les tempêtes Vivian et Wiebke ont causé des dégâts considérables à la forêt. Le 26 décembre 1999, la tempête Lothar a traversé la Forêt-Noire et a causé des dégâts encore plus importants, notamment aux monocultures d'épicéas. Comme cela s'était produit après les tempêtes de 1990, de grandes quantités de grumes tombées ont été conservées pendant des années dans des zones provisoires de stockage humide. Les effets de la tempête sont décrites en empruntant le sentier Lothar (Lotharpfad), un sentier forestier éducatif et d'aventure au centre de la nature de Ruhestein (de) parcourant une forêt de bois d'altitude d'environ 10 hectares qui a été détruite par un ouragan. Plusieurs zones endommagées par la tempête, grandes et petites, ont été laissées à la nature et sont aujourd'hui redevenues une forêt mixte naturelle.

L'économie se concentre surtout dans les vallées. La vie agricole associe l'élevage et la culture de céréales. L'industrie travaille notamment le bois issu des nombreuses forêts d'épicéas. Les industries textiles et l'horlogerie cèdent progressivement la place au tourisme. Un climat privilégié et d'importantes sources thermales lui assurent une forte fréquentation touristique. Les sources thermales aux propriétés cicatrisantes étaient déjà connues des Romains.

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