Mary Flannery O'Connor, née le 25 mars 1925 à Savannah en Géorgie et morte à l'âge de trente-neuf ans, le 3 août 1964 à Milledgeville en Géorgie, est une romancière, nouvelliste et essayiste américaine.
O'Connor est une voix importante de la littérature américaine. Elle est l'autrice de deux romans, de trente deux nouvelles, ainsi que de nombreux textes courts. On lui doit par ailleurs un important corpus de lettres (L'Habitude d'Être) qui constitue une œuvre morale et littéraire. Son style, qualifié de Southern Gothic, est intimement lié à sa région, le Sud des États-Unis, et à ses personnages grotesques. Les écrits d'O'Connor reflètent sa foi catholique, dans l'examen de questions morales.
En 1972, huit ans après sa disparition, la publication posthume de ses Histoires complètes remporte le U.S. National Book Award dans la catégorie fiction.
Enfant unique d’Edward F. O’Connor et de Regina Cline, elle se décrit comme une enfant aux pieds tournés en-dedans avec un menton fuyant et un complexe du type « fiche-moi la paix ou je te mords ».
À l’âge de six ans, elle fait sa première expérience avec le statut de célébrité. Les gens du Pathé News avaient filmé « Petite Mary O’Connor » avec sa poule savante et diffusèrent par la suite le film dans tout le pays. Elle raconta à ce sujet : « Quand j’avais six ans, j’avais une poule qui marchait à reculons et qui s’est retrouvée dans le Pathé News. On pouvait aussi m’y voir avec la poule. J’étais juste là pour l’assister, et ça, ce fut le point culminant de ma vie. Depuis, tout le reste n’a été qu’une douche froide. »
En 1937, un lupus érythémateux disséminé est diagnostiqué chez son père. Il meurt le 1er février 1941, ce qui laissa Flannery, alors âgée de 15 ans, complètement anéantie.
Formation et premières publications
En 1942, O’Connor obtint un diplôme du Peabody Laboratory School et fréquenta le Georgia State College pour femmes (à présent le Georgia College & State University (en)) où, grâce à un programme accéléré, elle obtint une licence en sciences sociales. Elle participa intensément à la création de planches de bande-dessinée pour le journal de l’université.
En 1946, elle entre dans l’atelier d'écriture des Écrivains d’Iowa (Iowa Writers' Workshop), une section prestigieuse de l’Université de l’Iowa, où elle s’était d’abord inscrite dans le but d’étudier le journalisme. Elle y trouve l’occasion de rencontrer plusieurs auteurs et critiques de renom qui y donnaient des cours et des conférences. Parmi ceux-ci figurent Robert Penn Warren, John Crowe Ransom, Robie Macauley (en) et Andrew Nelson Lytle (en). Ce dernier, rédacteur en chef de longue date de The Sewanee Review, un journal littéraire de prestige, compte parmi les premiers admirateurs des romans d'O’Connor. Plus tard, il publie cinq de ses histoires dans son journal, ainsi que des analyses critiques sur son œuvre. Le directeur de l’atelier, Paul Engle, est le premier à pouvoir lire et commenter les premières ébauches de ce qui deviendra La Sagesse dans le sang.
A côté de ses deux romans La Sagesse dans le sang (1952) et Et ce sont les violents qui l'emportent (en) (1960), elle publie deux recueils d'histoires courtes, Les braves gens ne courent pas les rues (en) (1955) et Mon mal vient de plus loin (en) (posthume, 1965).
Diagnostic de lupus et retour aux origines
En 1951, un médecin lui diagnostique un lupus érythémateux disséminé, la même maladie qui avait emporté son père. Elle retourne alors, vivre dans sa ferme ancestrale, Andalusia (en), à Milledgeville en Géorgie. Bien qu’on lui accorde encore cinq ans de vie, elle survit encore treize ans.
Dans sa ferme elle s’adonne à l’élevage d’une centaine de paons. Fascinée par tous les oiseaux, elle élève également des canards, des autruches, des émeus, des toucans, et tous les oiseaux exotiques qu’elle pouvait obtenir. Elle décrit ses paons de manière détaillée dans un essai intitulé Le Roi des oiseaux.
Malgré sa vie retirée, son écriture révèle une compréhension étonnante des nuances du comportement humain. Catholique fervente vivant à l’intérieur du Bible Belt, le Sud américain protestant, elle collectionne des livres de théologie catholique et donne des conférences sur la foi et la littérature, parfois loin de chez elle malgré sa santé fragile. Elle écrit douze histoires courtes ainsi que deux nouvelles pendant son combat contre la maladie.
Elle entretient également une vaste correspondance avec des auteurs tels que Robert Lowell et Elizabeth Bishop. Elle ne s’est jamais mariée, s’appuyant sur ses correspondants et sur sa mère, Regina Cline O’Connor, en compensation.
Elle meurt le 3 août 1964, au Baldwin County Hospital, à l’âge de 39 ans des complications liées au lupus. Elle est enterrée au cimetière de Memory Hill à Milledgeville.
O'Connor est d'abord destinée à une carrière de caricaturiste. Elle publie des dessins satiriques dans les journaux de son école secondaire et du collège. Les dessins publiés dès octobre 1942 dépeignent avec humour la vie sur le campus. Ses dessins apparaissent dans presque toutes les publications du collège.
O'Connor est par après nommée Art Editor du Spectrum, l'album de fin d'année du Georgia State College. La même année, l'écrivaine tente ensuite de les faire publier dans le, The New Yorker afin de financer l'écriture de ses premiers récits. Le magazine refuse leur publication.