Ce Jour-là

Fernando Henrique Cardoso

Homme d'État brésilien

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Fernando Henrique Cardoso — parfois désigné par ses initiales, « FHC » —, né le 18 juin 1931 à Rio de Janeiro, est un homme d'État brésilien, président de la république fédérative du Brésil de 1995 à 2003.

Opposé au coup d'État de 1964, il s'exile avant de rentrer au Brésil en 1968. Membre du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB), il devient sénateur fédéral en 1983 et participe à la fondation du Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB) en 1988.

Sous la présidence d'Itamar Franco, il est ministre des Relations extérieures (1992-1993) puis ministre des Finances (1993-1994). Dans le cadre de cette dernière fonction, il conduit un plan qui permet de stabiliser l'économie brésilienne, ce qui le rend très populaire au sein de l'opinion publique.

Il est élu président de la République au premier tour de scrutin en 1994 et 1998, devançant à chaque fois largement son plus proche adversaire, Luiz Inácio Lula da Silva. Pendant son premier mandat, il poursuit ses réformes libérales et réussit à maintenir l'inflation à un faible niveau. Son second mandat est marqué par des crises économiques, provoquant une baisse de sa popularité. Alors qu'il est le premier président brésilien à avoir effectué deux mandats complets, Lula da Silva lui succède.

Fernando Henrique Cardoso est aussi un sociologue polyglotte ayant publié de nombreux ouvrages et enseigné dans des universités au Brésil, en France, au Royaume-Uni et aux États-Unis. Dans les années 1980, il préside notamment l'Association internationale de sociologie.

Né à Rio de Janeiro, il a vécu principalement à São Paulo. Il est veuf et père de trois enfants.

Après des études de sociologie, il est professeur de science politique et de sociologie à l'université de São Paulo. En 1969, il publie l'ouvrage Dépendance et développement en Amérique latine avec le sociologue chilien Enzo Faletto ; cet ouvrage a un impact considérable[réf. nécessaire]. Il est président de l'Association internationale de sociologie de 1982 à 1986.

Il est membre de l'Institute for Advanced Study, membre honoraire étranger de l'Académie américaine des arts et des sciences. Il est aussi directeur des études associé de l'École des hautes études en sciences sociales et professeur invité au Collège de France, à l'université Paris VIII puis à l'université Paris X. Il a aussi enseigné dans de nombreuses universités américaines, notamment l'université Stanford et l'université de Californie à Berkeley.

Fernando Henrique Cardoso est nommé pour cinq ans, en 2003, professeur au Watson Institute for International Studies de l'université Brown. Il est un membre fondateur du Center on Public Dipomacy's Advisory Board de l'université de Californie du Sud. En février 2005, il donne la quatrième Kissinger Lecture annuelle de la Bibliothèque du Congrès sur la politique étrangère et les relations internationales sur le sujet Dépendance et développement en Amérique latine.

En 2005, Cardoso est classé par le magazine britannique Prospect dans la liste des cent un plus grands intellectuels vivants.

Fernando Henrique Cardoso compte parmi les membres fondateurs du Collegium international éthique, politique et scientifique. Il est en outre membre du comité d'honneur de la Fondation Chirac, lancée en 2008 pour agir en faveur de la paix dans le monde.

Membre du Mouvement démocratique du Brésil (MDB), parti de l'opposition officielle sous la junte militaire, il se présente comme suppléant de Franco Montoro à l'élection sénatoriale de 1978 dans l'État de São Paulo. Lorsque ce dernier devient gouverneur de São Paulo en 1983, Fernando Henrique Cardoso lui succède comme sénateur fédéral. Il est réélu en 1986, sous l'étiquette du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB), successeur du MDB.

En 1988, avec un groupe de parlementaires, il quitte le PMDB pour former le Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB). Il préside le groupe du PSDB au Sénat jusqu'en octobre 1992.

D'octobre 1992 à mai 1993, il est ministre des Affaires extérieures sous la présidence d'Itamar Franco (PMDB). De mai 1993 à mars 1994, il est ministre des Finances et initie le plan réal afin de juguler l'inflation, qui culminait à 6000 % en 1993.

Auréolé par le succès du plan réal, Cardoso décide de se présenter à l'élection présidentielle de 1994.

Fernando Henrique Cardoso remporte l'élection présidentielle de 1994 dès le premier tour de scrutin, avec 54,3 % des suffrages. Pendant la campagne, il est notamment soutenu par le patronat et bénéficie d’appuis politiques, économiques et médiatiques considérables. Le candidat arrivé en deuxième position, Luiz Inácio Lula da Silva (Parti des travailleurs), obtient 27,0 % des voix, ce qui permet à Fernando Henrique Cardoso de l’emporter avec la plus forte avance jamais obtenue par un candidat victorieux dans l’histoire du Brésil.

Le 1er janvier 1995, Fernando Henrique Cardoso est investi président de la République fédérative du Brésil. La situation du pays, engagé dans une politique de forte libéralisation de l'économie, est alors compliquée : hyperinflation, fortes inégalités sociales, importantes violences urbaines. Dans son gouvernement, il intègre un membre du Parti des travailleurs de son adversaire Lula da Silva. La coalition gouvernementale comprend son parti — le PSDB, initialement de centre gauche mais qui évolua vers le conservatisme sous son mandat présidentiel — et des partis de la droite traditionnelle. Il dispose immédiatement d’une majorité absolue au Congrès.

Bien que se réclamant de la social-démocratie, le gouvernement de Cardoso prend des mesures économiques libérales, comme la privatisation de plusieurs dizaines d'entreprises publiques, et maintient la politique économique d'ouverture du pays au capital étranger établie par ses prédécesseurs à partir des années 1990. Il mène une politique d’austérité budgétaire, en particulier lors de son second mandat. Ses opposants dénoncent des coupes budgétaires massives dans les domaines de la santé et de l'éducation, ainsi que sa politique de « flexibilisation » de la main-d’œuvre, qui laisse nombre de salariés sans contrats formels. Ainsi, le taux d'emplois formels chute de 53,7 % en 1991 à 45 % en 2000.

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