Ce Jour-là

Ferdinand VII

Roi d'Espagne entre mars et mai 1808 et de 1814 à 1833 (1784–1833)

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Ferdinand VII (en espagnol : Fernando VII), né le 14 octobre 1784 à Madrid et mort le 29 septembre 1833 dans la même ville, est roi d'Espagne entre mars et mai 1808, puis à nouveau de 1814 à sa mort.

Fils aîné du roi Charles IV et de Marie-Louise de Bourbon-Parme, il détrôna son père lors du soulèvement d'Aranjuez en mars 1808, puis régna pendant deux mois avant d'être à son tour contraint à l'abdication en mai 1808 lors de l'entrevue de Bayonne. Il passa toute la guerre d'indépendance prisonnier au château de Valençay, tout en restant reconnu par diverses juntes, le conseil de régence et les Cortes de Cadis, comme roi légitime de l'Espagne. Napoléon Ier lui rendit le trône d'Espagne en décembre 1813 par le traité de Valençay après la déroute des armées napoléoniennes et l'expulsion de Joseph Bonaparte en juin 1813 (bataille de Vitoria).

À son retour sur le trône en 1814, il jouit d'une confiance et d'une popularité inégalée auprès des Espagnols. Cependant, le Désiré se révèle très vite être un souverain absolutiste et est considéré par ses sujets comme peu scrupuleux, revanchard et traître à la Constitution. Entre 1814 et 1820, il rétablit l'absolutisme, déclare illégale la Constitution de Cadix, et poursuit les libéraux. Après six années de guerre, le pays et son économie sont dévastés, et les différents gouvernements de Ferdinand ne parviennent pas à redresser la situation.

En 1820, un coup d'État militaire déboucha sur le Triennat libéral. Pendant cette période de trois ans, on rétablit la constitution et les décrets de Cadix et on mena le troisième désamortissement. Tandis que les libéraux modérés étaient peu à peu débordés par de plus extrémistes, le roi, qui feignait de respecter le régime constitutionnel, conspirait pour rétablir l'absolutisme, ce à quoi il parvint après l'expédition d'Espagne de 1823 menée par la France de Louis XVIII. C’est également durant cette période qu’en 1822, après le refus de Ferdinand d'occuper le trône mexicain nouvellement établi, l'Empire mexicain est proclamé, avec le général Iturbide comme empereur constitutionnel sous le nom d’Augustin Ier.

La dernière période de son règne se caractérisa par une répression féroce, accompagnée d'une politique absolutiste modérée (la reine Marie-Christine, épousée en quatrièmes noces en 1829 et mère de ses deux filles Isabelle et Louise-Fernande, étant quelque peu libérale), qui provoqua un profond mécontentement dans les cercles absolutistes regroupés autour de l'infant Charles de Bourbon, frère de Ferdinand. À la mort de Ferdinand en 1833, sa fille aînée âgée de deux ans, Isabelle II, monta sur le trône sans être reconnue par son oncle l'infant Charles, ce qui déclencha la crise de succession d'Espagne.

Ferdinand de Bourbon vient au monde sous le règne de son grand-père, le roi Charles III d'Espagne. À sa naissance, il est le neuvième des quatorze enfants du prince Charles, futur Charles IV, et de Marie-Louise de Bourbon-Parme, petite-fille du roi Louis XV de France et cousine de Louis XVI. De ses treize frères et sœurs, huit meurent avant 1800. Après l'avénement sur le trône de son père en 1788, Ferdinand est reconnu comme prince des Asturies par les Cortes lors d'une cérémonie célébrée au monastère San Jeronimo el Real de Madrid le 13 septembre 1789.

Son éducation est d'abord confiée au père Felipe Scio de San Miguel, religieux de l'ordre des Escolapios, homme modeste, cultivé et intelligent. En 1795, ce dernier est nommé évêque de Sigüenza. Il est remplacé par l'évêque d'Orihuela, Francisco Javier Cabrera, puis par le chanoine Juan Escóiquiz. Sous l'influence de ce dernier, s'accroît la haine de Ferdinand envers sa mère et le favori de cette dernière, Manuel Godoy.

Très jeune, Ferdinand commence à conspirer contre ses parents et contre Godoy. Autour du jeune prince des Asturies se rassemble un petit noyau d'opposants, membres de la haute noblesse, appelés par la suite la camarilla, et qui ont pour objectif la chute de Godoy. En 1807, une première conspiration est découverte à cause d'une dénonciation. Ferdinand est jugé ; il dénonce tous ses partisans et implore le pardon de ses parents. Le tribunal, aux mains de partisans de la conspiration, absout toutes les personnes impliquées.

Invasion française (1808-1813)

Abdication de Charles IV et avènement de Ferdinand VII

Peu après, en mars 1808, face à l'arrivée de troupes françaises en Espagne (intervention qui s'appuyait sur le traité de Fontainebleau), la famille royale part pour Aranjuez. Godoy avait le projet de transférer la famille royale en Amérique si la présence française le nécessitait. Le 17 mars, le peuple, poussé par les partisans de Ferdinand, donne l'assaut au palais du prince de la Paix. Charles IV parvient à sauver la vie de Manuel Godoy, mais se retrouve contraint de céder aux demandes de l'empereur français Napoléon Ier.

Le 19 mars 1808, le roi abdique au bénéfice de son fils Ferdinand, comme conséquence de la pression à laquelle il s’est vu soumis au cours du soulèvement d'Aranjuez à l’instigation par le parti aristocratique — ou fernandin — et qui provoqua la chute de Godoy. Ce fut la seconde fois dans l'histoire de l'Espagne qu'un roi fut détrôné par son fils : la première fois Sanche IV détrôna Alphonse X.

Napoléon, dont les troupes entraient en Espagne pour envahir le Portugal en vertu du traité de Fontainebleau de 1807, mais dont l’intention de soumettre la monarchie était de plus en plus évidente — les troupes du maréchal Joachim Murat étaient entrées à Madrid le 23 mars —, décida d’intervenir dans la crise dynastique espagnole. Il obtint que Charles IV et son fils, proclamé sous le nom de Ferdinand VII, avec les autres membres de la famille royale, se rendent à Bayonne. Ferdinand arrive le 20 avril et est suivi le 30 du même mois par ses parents. La nouvelle du départ du reste de la famille royale vers Bayonne provoqua un soulèvement antifrançais à Madrid le 2 mai, passé à l’histoire sous le nom de « soulèvement du Dos de Mayo ». Il fut secondé en de nombreux autres lieux, où furent constituées des comités ou juntes — juntas — qui assumèrent le pouvoir, marquant le début du conflit qui serait plus tard désigné comme la guerre d'indépendance espagnole.

Déposition des Bourbons et règne de Joseph Ier

Le roi déchu, Charles IV, et son épouse se mirent sous la protection de Napoléon et furent placés sous la garde des troupes de Murat. Dans le même temps, Napoléon proposa au nouveau roi Ferdinand de le rencontrer. Ce dernier accepta car il espérait ainsi que l'empereur le reconnaisse et l'appuie comme roi d'Espagne. La réunion devait avoir lieu à Madrid mais Napoléon fut retenu par des événements imprévus ; la rencontre fut fixée plus au nord (Burgos, Saint-Sébastien…) pour finalement avoir lieu à Bayonne. Le 20 avril 1808, Ferdinand passa donc la frontière. Bien qu'il ne le sache pas encore, il venait d'être fait prisonnier : ce fut le début d'un exil de six ans. Charles IV avait abdiqué en faveur de Ferdinand VII en échange de la libération du favori Godoy. Napoléon invita également ce dernier à Bayonne dans un premier temps. Godoy avait, lui, l'espoir d'obtenir de Ferdinand l'autorisation de retourner en Espagne et de récupérer sa fortune. Charles et son épouse Marie-Louise demandèrent également de pouvoir assister à la réunion. Sous escorte des troupes françaises, ils arrivèrent à Bayonne le 30 avril. Deux jours plus tard, le peuple de Madrid entre en insurrection contre les Français, par le soulèvement du Dos de Mayo.

Entre-temps, à Bayonne, Napoléon empêcha l'arrivée de Godoy de manière qu'il ne puisse pas conseiller la famille royale qui, abandonnée à elle-même, révéla toute sa maladresse. Napoléon dit à Ferdinand que l'abdication de son père, obtenue sous la contrainte, était nulle et exigea qu'il rende le trône. Sa mère, Marie-Louise, demanda à Napoléon de fusiller Ferdinand pour ce qu'il leur avait fait, à Godoy, son mari et elle-même. Napoléon obligea Charles à lui céder ses droits au trône, en échange d'un asile en France pour le trio et d'une pension annuelle de 3 millions de reales (ou réaux). Comme Charles avait déjà abdiqué en mars, il estima n'avoir rien perdu. Quand les nouvelles du soulèvement et de la répression de Madrid arrivèrent à Bayonne, Napoléon et Charles firent pression sur Ferdinand VII pour qu'il reconnaisse son père comme roi légitime. En échange, il recevrait un château et une pension annuelle de 4 millions de reales. Il accepta le 6 mai 1808, ignorant que son père avait déjà renoncé à ses droits en faveur de Bonaparte. Ce dernier transmit ses droits à son frère Joseph Bonaparte. Tous ces transferts furent rassemblés sous le nom d'abdication de Bayonne en mai 1808, et Joseph fut roi à son arrivée en Espagne en juin.

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