Felipe de Jesús Calderón Hinojosa, né le 18 août 1962 à Morelia (Michoacán), est un homme d'État mexicain. Membre du Parti action nationale, il est élu président de la république du Mexique le 2 juillet 2006 et admis dans ses fonctions par le Tribunal électoral du pouvoir judiciaire de la fédération le 5 septembre 2006. Il exerce son mandat du 1er décembre 2006 au 1er décembre 2012.
Il décide quelques mois après son élection la militarisation de la lutte contre le trafic de drogue. Cette politique conduit cependant à une situation qualifiée « d'épouvantable » sur le plan humanitaire (plus de 60 000 morts) causée par la violence déchaînée des cartels et les nombreuses exactions des forces armées. En économie, la dette externe augmente de plus de 90 % sous le mandat de Felipe Calderón et le taux de pauvreté passe de 43 à 46 %.
Environnement familial et formation
Felipe Calderón est le fils de Luis Calderón Vega (en), cofondateur du Parti action nationale (PAN), d'inspiration chrétienne-sociale et membre de l'Internationale démocrate-chrétienne. C'est un auteur de livres politiques dans lesquels il témoigne de ses convictions catholiques et plaide pour une ouverture économique et religieuse au Mexique. Il a une grande influence sur l'engagement de son fils, qui indique : « Mon père fut mon grand maître. Luis Calderón Vega (en), c'était un Mexicain exceptionnel. Quelqu'un qui avait non seulement des idées, mais aussi le courage et l'élan pour élever ses actes au niveau de ses idées. » Son père abandonnera toutefois le PAN en 1981, l'accusant d'abandonner ses idées chrétiennes progressistes pour devenir un parti de droite servant les riches.
Sa mère est María del Carmen Hinojosa González (1923-2016).
Sa sœur Luisa María (en) est psychologue, également affiliée au PAN. Elle est sénatrice depuis 2000 après avoir été députée du Congrès du Michoacán de 1983 à 1986 et députée fédérale de 1988 à 1991.
En 1993, il épouse Margarita Zavala Gómez del Campo, avocate, d'une famille militante au PAN. Ils ont trois enfants, María en 1997, Luis Felipe en 2000 et Juan Pablo en 2003. Sa femme a été élue députée PAN en 2003 et l'un des frères de celle-ci, Diego Hildebrando, s'est fait connaître comme « le beau-frère gênant » pour des allégations d'enrichissement personnel et d'évasion fiscale.
Il obtient une licence à l'École libre de Droit de Mexico et devient ainsi avocat. Il obtient ensuite une maîtrise en économie à l'Institut technologique autonome de Mexico et une maîtrise en administration publique à l'université Harvard.
Il rejoint le PAN à 18 ans quelques mois avant que son père ne quitte le parti. En 1988 il est élu député à l'Assemblée législative du District fédéral (Mexico). Il devient secrétaire général d'Acción Juvenil (PAN-jeunes) à l'issue de son mandat en 1991 et se fait élire en même temps député fédéral (1991–1994). Il s'implique alors dans l'Accord de libre-échange nord-américain. Il devient secrétaire du Comité exécutif national du PAN, puis secrétaire général du parti et représentant du PAN devant le Conseil général de l'IFE en 1993.
En 1995, il brigue le poste de gouverneur du Michoacán et perd face à Víctor Manuel Tinoco Rubí (en) du PRI.
Président du parti de 1996 à 1999, il voit le PAN gagner 14 capitales d'États, 3 gouverneurs (Nuevo León, Querétaro, Aguascalientes) mais perdre du terrain à la Chambre des députés lors des élections intermédiaires de 1997.
En 2000, il se fait élire comme député fédéral et devient chef du groupe parlementaire PAN.
Au niveau international. il a été vice-président de l'Internationale démocrate-chrétienne en 1998.
Au service du président Vicente Fox
De février à septembre 2003, il est directeur de la Banque nationale de travaux et services publics (Banobras), une banque dédiée au développement dont il démissionne rapidement pour un poste de ministre. La presse d'opposition l'accuse d'avoir abusé de ses fonctions et d'avoir accordé des crédits illégaux ainsi que d'avoir obtenu indûment un crédit immobilier important.
Il est ministre de l'Énergie dans le gouvernement de Vicente Fox de septembre 2003 à mai 2004. Il conclut plusieurs contrats avec des entreprises étrangères visant à l'exploitation des ressources énergétiques. Ces actions sont vues par l'opposition du PRI et du PRD comme une privatisation rampante du secteur énergétique, une propriété exclusive de la nation mexicaine selon la constitution. Il démissionne en 2004 à la suite d'une remarque dans son dos du président Fox qualifiant son intervention partisane lors d'une prestation du gouverneur de Jalisco de « très imprudente » — la constitution mexicaine interdit en effet l'intervention de figures publiques comme le président ou les ministres d'intervenir dans une campagne électorale.
Felipe Calderón est un catholique conservateur opposé à l'avortement, à l'euthanasie, au mariage entre personnes de même sexe et à la peine de mort[réf. nécessaire].
En tant que secrétaire général du PAN il s'oppose à un possible assouplissement de la législation sur l'avortement lors du Ve congrès national d'Acción Juvenil à Querétaro en 1998 et réitère sa position en 2006 sur la base du respect de la vie à partir de la conception : « Je suis en faveur de la vie, l'avortement est un moyen d'abréger la vie. », de même pour l'euthanasie et la peine de mort.