Angelo-Fausto Coppi, dit Fausto Coppi, né le 15 septembre 1919 à Castellania dans le Piémont et mort le 2 janvier 1960 à Tortone, est un cycliste italien. Professionnel de 1940 à 1959, il est considéré comme l'un des plus grands coureurs de l'histoire du cyclisme, ce qui lui vaut le surnom de « campionissimo ». Premier coureur à réaliser le doublé Tour d'Italie-Tour de France en 1949 (exploit réédité en 1952), il remporte notamment cinq Tours d'Italie, deux Tours de France, cinq Tours de Lombardie, trois Milan-San Remo, un Paris-Roubaix, une Flèche wallonne, quatre Championnats d'Italie sur route et trois championnats du monde : un sur route et deux sur piste en poursuite. Il détient également le record de l'heure de 1942 à 1956. Sa carrière a été marquée par sa rivalité avec Gino Bartali. Coureur complet, son palmarès compte des victoires majeures dans différents types de compétition, sur route et sur piste. Il a acquis nombre de victoires au bout de longues échappées solitaires.
Il est également reconnu pour avoir changé l'approche de la compétition cycliste par son intérêt pour la diététique, le dopage aux amphétamines, les évolutions techniques de la bicyclette, les méthodes d'entraînement, la médecine sportive. Il meurt prématurément en 1960, mal soigné après avoir contracté la malaria en Haute-Volta.
Fausto Coppi est né le 15 septembre 1919 à Castellania, petit village de quelques dizaines d'habitants de la province d'Alexandrie. Fils de Domenico Coppi et d’Angiolina Boveri, il est le quatrième d’une famille de cinq enfants. Ses parents sont d'humbles paysans, et Fausto les aide dans les difficiles travaux des champs entre douze et treize ans.
Sa première bicyclette est un vieux vélo, au cadre « beaucoup trop grand pour lui, à l'émail éclaté ou fortement craquelé de partout », et il admire le champion italien de sa région Costante Girardengo. À 14 ans, il devient commis-charcutier à Novi Ligure, à 20 km de chez lui. Il s'y rend à bicyclette, et effectue donc deux fois cette distance chaque jour, en plus des livraisons. En 1935, son oncle Fausto, officier dans la marine marchande, voyant son intérêt pour le cyclisme, lui donne 400 lires afin qu'il s'achète un vélo de course. Avec celui-ci, le jeune Fausto s'entraîne, tout en conservant son emploi à Novi Ligure. En 1937, il dispute ses premières courses pour non-licenciés et gagne pour la première fois lors de la dernière course de l'année. Entrevoyant une carrière cycliste, il décide en 1938 de revenir à Castellania, où il peut s'entraîner davantage tout en aidant son père aux champs, et prend une licence amateur. Il gagne sa première course en tant que licencié en fin d'année, à Castelletto d'Orba.
C’est à partir de cette année qu'il est appelé par Biagio Cavanna à faire partie des coureurs dont il s'occupe. Cavanna est un masseur réputé de grands sportifs, dont Costante Girardengo. Il est devenu aveugle quelque temps plus tôt. Étant client de la boucherie qui employait Fausto Coppi, celui-ci le connaissait depuis plusieurs années. Cavanna l'incite à prendre en 1939 une licence d'« indépendant », statut intermédiaire entre amateurs et professionnels, permettant de disputer quelques courses avec ces derniers. En mai, Coppi remporte une épreuve du championnat d'Italie des indépendants, avec sept minutes d'avance sur les suivants. Il gagne de la même manière la Coupe de la ville de Pavie. Cavanna estime qu'il est temps pour lui de se frotter aux professionnels et l'inscrit au Tour du Piémont, auquel participe Gino Bartali, vainqueur du dernier Tour de France. Cavanna a auparavant parlé de Coppi à Eberardo Pavesi, directeur de l'équipe Legnano de Bartali : ce Tour du Piémont est donc un test pour un éventuel passage chez les professionnels. En raison de cet engagement, Fausto Coppi doit repousser une proposition de Girardengo, qui souhaite le recruter dans l'équipe Maino.
Coppi est la révélation de ce Tour du Piémont. Se trouvant encore parmi les favoris après 200 km, il attaque à Castelnuovo et se retrouve seul en tête à 40 km de l'arrivée. Sa course est cependant stoppée par un saut de chaîne dans la côte de Moriondo. Replaçant sa chaîne sur un braquet trop grand, il peine dans l'ascension et est rattrapé par Bartali. Surpris de voir le jeune Coppi parvenir à le suivre, il lui demande de collaborer à l'échappée, avec trois autres coureurs. Bartali s'échappe ensuite seul dans la col de la Rezza et part gagner à Turin. Coppi prend la troisième place et est félicité par le vainqueur. Dès le soir de la course, Eberardo Pavesi signe un contrat avec Coppi, l'engageant dans l'équipe Legnano pour une durée d'un an renouvelable. Coppi termine l'année 1939 en indépendant. Il gagne d'autres courses, dont le difficile circuit de Varèse, dernière épreuve du championnat des indépendants. En fin d'année, il est deuxième de la Coppa Bernocchi, course professionnelle, puis troisième du Tour de la province de Milan, course dans laquelle il est associé à Severino Rigoni : il bat lors de la poursuite le champion d'Italie Olimpio Bizzi.
L'avènement au Tour d'Italie 1940
Durant ses premiers mois au sein de la Legnano, Coppi est une aide précieuse pour la victoire de Gino Bartali lors de la classique Milan-San Remo. Après avoir contesté la tactique proposée par Bartali et obtenu gain de cause auprès du directeur d'équipe Eberardo Pavesi, Fausto Coppi respecte son engagement en poursuivant toutes les échappées, jusqu'à épuisement. Il prend finalement la huitième place. Durant ce début d'année, il est 21e du Tour de Toscane et 12e du Tour du Piémont. Il connaît toutefois des périodes de découragement.
Le Tour d'Italie, qui part de Milan le 19 mai, est annoncé comme un duel entre Bartali et Giovanni Valetti, mais également entre leurs équipes respectives, Legnano et Bianchi. Lors de la deuxième étape, Bartali tombe dans la descente du col de la Scoffera en voulant éviter un chien : il arrive plus de cinq minutes après le vainqueur, Pierino Favalli. Bien qu'un médecin lui prescrive un repos de cinq jours après avoir constaté une hémorragie interne au genou, Bartali continue la course. Deux jours plus tard, Coppi est autorisé à se lancer seul à la poursuite des échappées. Il est deuxième à Grossetto, derrière Adolfo Leoni de la Bianchi, et malgré la rupture d'une manivelle dans les derniers hectomètres, qui occasionne une chute et un bris de selle, il accède à la deuxième place du classement général. Il recule à la quatrième place lors de la huitième étape, entre Fiuggi et Terni, à cause d'une chute qui lui fait perdre trois minutes. Alors que le Giro arrive à sa moitié, Pavesi ne fait plus de Coppi un équipier, mais le second de Bartali, qui a désormais un quart d'heure de retard au classement général. Lors de la onzième étape, Coppi attaque à l'Abetone. Il rattrape Ezio Cecchi, échappé plus tôt, et effectue le reste de la course seul, augmentant ainsi son avance dans les différents cols. Il gagne l'étape à Modène avec 3 min 45 s d'avance sur ses suivants, et prend le maillot rose avec une minute d'avance. Alors que Bartali, toujours souffrant et perdant du temps de jour en jour, songe à abandonner, il est convaincu par Pavesi de continuer en se mettant au service de Coppi. Lors de la 17e étape, les deux coureurs s'échappent en début de parcours et passent ensemble les cols du Falzarego, du Pordoi et de la Sella, non sans se mettre mutuellement à l'épreuve. Bartali gagne l'étape et Coppi garde le maillot rose. Bartali s'impose à nouveau lors de la 19e étape à Vérone. Lors de la dernière étape, Coppi est retardé par un saut de chaîne et pénètre dans l'Arena de Milan 32 secondes après ses adversaires. Ce retard est sans conséquence : il gagne son premier Giro dès sa première participation, avec 2 min 40 s d'avance sur Enrico Mollo et 11 min 45 s sur Giordano Cottur. Bartali termine à la neuvième place et gagne le Grand Prix de la montagne. Coppi est alors âgé de vingt ans, huit mois et vingt-cinq jours, record de précocité pour cette course. Il gagnera encore quatre fois le Giro entre 1947 et 1953, devenant avec cinq succès le recordman de l'épreuve avec Alfredo Binda et Eddy Merckx.