Helena Kowalska (en religion sœur Marie Faustine), née le 25 août 1905 à Głogowiec et morte le 5 octobre 1938 à Cracovie, est une religieuse et mystique polonaise surnommée « l'apôtre de la Miséricorde divine ». L’Église catholique a d'abord interdit la diffusion de ses oeuvres avant que Jean Paul II ne reconnaisse que sa « vie mystique est d'une extrême richesse ». Béatifiée en 1993, canonisée en 2000, elle est fêtée le 5 octobre.
Helena Kowalska est née en 1905 dans le village de Głogowiec près de Łódź, ville industrielle textile de Pologne alors sous domination de l'Empire russe, la troisième des dix enfants d'une famille d'agriculteurs pauvres et croyants. Deux jours après sa naissance, elle est baptisée par l'abbé Józef Chodyński, à l'église Saint-Casimir de Świnice Warckie. Son parrain était Konstanty Bednarek, sa marraine Marianna Szewczyk.
Elle fait sa communion en 1914. Deux ans plus tard, elle commence à se rendre à l'école primaire de Świnice Warckie. Après y avoir passé trois ans, elle doit renoncer à poursuivre sa scolarité faute de moyens financiers et pour faire place à ses frères et sœurs plus jeunes.
À seize ans, elle entre comme domestique chez Leokadia et Kazimierz Bryszewski, à Aleksandrów Łódzki. Elle s'occupe de leur maison ainsi que de leur fils. À l’âge de dix-huit ans, elle fait part à ses parents de sa volonté d'entrer au couvent et se heurte deux fois à leur refus, car ils n’ont pas les ressources nécessaires pour payer la dot demandée par les congrégations religieuses. Durant l'automne, elle se rend à Łódż, où elle habite chez un cousin germain de son père, Michał Rapacki ; celui-ci gagne sa vie comme domestique pour le Tiers-Ordre franciscain. À partir de février 1923, elle aide à tenir la maison de Marcjanna Sadowska, la propriétaire d'une épicerie de Łódż.
Helena ressent pour la première fois un appel à la vie religieuse à l'âge de 7 ans (1912).
À quinze ans, l'âge où elle commence à travailler pour aider sa famille, elle est persuadée que Dieu lui-même l'appelle à devenir religieuse. En 1924, elle a une première apparition de surnaturelle qui se présente comme étant le Christ souffrant, qui lui donne l'ordre d'entrer au couvent.
Helena part pour Varsovie sans le consentement de ses parents. Elle s'arrête au village d'Ostrówek, où elle travaille jusqu'en 1925 pour Aldona et Samuel Lipszyc, des connaissances de Jakub Dąbrowski, le curé de la paroisse Saint-Jakub de Varsovie. Elle tente par la suite d'être admise dans plusieurs couvents de la capitale, où elle est à chaque fois refusée.
Finalement, elle est admise au couvent de la congrégation des Sœurs de Notre-Dame de la Miséricorde à l'âge de 20 ans, le 1er août 1925, dès lors qu'elle peut acheter son habit religieux en économisant, comme le réclamait la sœur supérieure. Elle prend l’habit de novice le 30 avril 1926 et reçoit le nom de sœur Marie-Faustine. Le 1er mai 1933, elle prononce ses vœux perpétuels à Cracovie, devenant définitivement sœur Marie Faustine du Saint-Sacrement. Le 29 mars 1934, jour du jeudi saint, elle fait, à la demande du Christ, un acte d’offrande d’elle-même pour la rédemption des âmes ayant perdu l’espoir en la Miséricorde divine (P.J., 308-309-310). Le 15 février 1935, elle se rend au chevet de sa mère mourante à Varsovie ; vers la fin de l’année, au retour d’une retraite à Cracovie, elle s’arrête pour prier devant la Vierge de Częstochowa. Par la suite, elle rédige la règle de la nouvelle congrégation qu’elle doit fonder à la demande du Christ ; elle a, par anticipation, une vision du futur emplacement de cette résidence, sise 12 rue Sainte-Anne à Vilnius (P. J., 559, 563), vision qu’elle reconnaîtra de ses propres yeux par la suite en se rendant sur place le 21 décembre 1935 (P. J., 573). Le 21 janvier 1937, elle découvre en esprit le futur couvent de la Miséricorde divine où elle voit régner « une grande spiritualité » (P. J., 892).
Pendant ses treize années de vie religieuse, Faustine remplit les modestes charges de cuisinière, de jardinière et de sœur portière dans les différentes maisons de la congrégation (Varsovie, Płock, Wilno, Cracovie). Comme beaucoup de saints, elle vécut la nuit de la foi, porta des stigmates invisibles et eut le don de bilocation.
À la demande de son directeur spirituel, le bienheureux Père Michał Sopoćko, professeur de théologie à l'Université de Vilnius, Faustine écrit le Petit Journal. Dans ce livre, elle décrit ses expériences mystiques et précise les demandes que le Christ lui transmet.
Sœur Marie Faustine relate qu'elle a eu une vision du Purgatoire en présence d'une apparition qui se présente comme étant Jésus et d'une autre qui se présente comme étant la Vierge Marie à plusieurs reprises et qu'elle leur a parlé. Elle dira aussi avoir eu une vision de l'Enfer dans lequel elle s'est vue introduite par un ange : elle y a vu les sept peines dont sont tourmentées les âmes pour l’éternité dans les abîmes de l'Enfer.
Par la suite, elle écrit dans son Petit Journal que le Christ lui a demandé de faire connaître au monde la profondeur de la Miséricorde divine : « Secrétaire de mon plus profond mystère, ton devoir est d’écrire tout ce que je te fais connaître à propos de ma miséricorde au profit des âmes qui, en lisant ces écrits, seront consolées et auront le courage de s’approcher de moi. » « Ma fille, parle aux prêtres de mon insondable miséricorde. Les flammes de la miséricorde me brûlent, je veux les répandre sur les âmes, mais les âmes ne veulent pas croire en ma bonté » (P.J. 177). Elle accomplira cette demande par la diffusion de plusieurs pratiques de dévotion, promesses et autres révélations qu'elle dira avoir reçue de Jésus et qui donneront naissance à un culte à la Miséricorde divine.
Parmi ces révélations, Faustine rapporta par exemple que le soir du 22 février 1931, elle vit une apparition qui lui demanda de peindre un tableau selon sa vision : « Peins un tableau selon l'image que tu vois, avec l'inscription : Jésus, j'ai confiance en Toi. Je désire qu'on honore cette image, d'abord dans votre chapelle, puis dans le monde entier. Je promets que l'âme qui honorera cette image ne sera pas perdue. » (P.J. 47-48). Ce tableau demandé par le Christ est devenu l'icône de la Miséricorde divine.
Une autre fois, alors qu'elle se trouvait à Wilno en 1934, elle dit avoir reçu la demande de Jésus « que le premier dimanche après Pâques soit la fête de la Miséricorde. » (P.J. 299).
Le soir du 13 septembre 1935, dans sa cellule du couvent de Płock, Faustine eut la vision d’un ange, l’exécuteur de la colère de Dieu, envoyé pour punir la Terre en un endroit en particulier. Voyant cet ange, elle se mit à le prier de s'arrêter quelques instants, car le monde allait faire pénitence. Mais sa prière était impuissante face à la colère de Dieu. Soudain, elle se retrouva en présence de la Sainte Trinité et devant le trône de Dieu. Intimidée, elle n’osa plus répéter sa demande. Cependant, elle sentit intérieurement une grâce dont elle pense venir de Jésus qui l'inspira à prier deux nouvelles prières: « Alors que je priais ainsi, j’ai vu l’impuissance de l’ange qui ne pouvait pas infliger le juste châtiment que méritaient ces péchés. » (P. J. 475). Le lendemain matin dans la chapelle du couvent, elle entendit intérieurement une voix qui se présente comme étant Jésus et qui lui a dicté à nouveau ces deux prières et la structure d'un nouveau chapelet basé sur celles-ci, qui deviendra le chapelet de la Miséricorde divine. Elle rapporta également plusieurs promesses de l'apparition faites à ceux qui réciteront ce chapelet.
En 1936, Faustine tombe gravement malade, sans doute de la tuberculose pulmonaire, et est transférée à l'hôpital de Prądnik Biały (en). Elle est isolée à l’infirmerie de ce sanatorium pour préserver les autres sœurs de la contagion. Elle passe la plupart de son temps en prière, récitant le chapelet de la Miséricorde divine, priant pour la conversion des pécheurs. Elle est de retour dans sa congrégation le 27 mars 1937. Les deux dernières années de sa vie sont consacrées à rédiger son journal. Au cours de cette période, elle introduit une dernière pratique dévotionnelle, l'Heure de la Miséricorde divine, qu'elle décrit dans son journal en octobre 1937 et février 1938.À partir de juin 1938, elle ne fut plus capable d'écrire, et il devint évident qu'elle n'avait plus longtemps à vivre. Elle mourut le 5 octobre 1938.