Ce Jour-là

Faith Ringgold

Artiste afro-américaine (1930-2024)

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Faith Ringgold, née Faith Willi Jones le 8 octobre 1930 à Harlem et morte le 13 avril 2024 à Englewood (New Jersey), est une artiste afro-américaine connue pour ses peintures mosaïques et ses courtepointes.

Faith Willi Jones est née le 8 octobre 1930 au Harlem Hospital de New York. Ses parents, Andrew Louis Jones et Willie Posey Jones, sont issus de la classe ouvrière des familles déplacées par la Grande Migration. Ils ont déjà deux enfants à sa naissance. Après la renaissance de Harlem, le quartier était très vivant avec une scène artistique florissante, des artistes de premier rang, comme Duke Ellington ou Langston Hughes vivaient juste au coin de sa maison. Son ami d'enfance, Sonny Rollins, qui deviendrait plus tard un éminent musicien de jazz, leur rendait souvent visite et leur jouait du saxophone. À cause de son asthme chronique, Faith Ringold ne peut aller à l'école et c'est sa mère, couturière de mode, qui lui donne des cours. Elle a à cette époque exploré l'art visuel comme un passe-temps grâce à sa mère. Adulte, elle raconta plus tard :

« j'ai grandi à Harlem pendant la Grande dépression, ça ne veut pas dire que j'étais pauvre et opprimée. Nous étions protégés de l'oppression et entourés par une famille aimante. »

L'œuvre de Faith Ringgold a été grandement affectée par les gens, la poésie et la musique qu'elle a connus dans son enfance, ainsi que le racisme, le sexisme, et la ségrégation auxquels elle avait aussi affaire tous les jours.

En 1950, poussée par sa famille, elle s'inscrit au City College de New York en Beaux-Arts, mais elle fut contrainte de se réorienter en éducation à l'art, car l'art était alors un domaine exclusivement masculin. La même année, épouse le pianiste de jazz Robert Earl Wallace. Ils ont ensemble deux filles, Michele Foi Wallace et Barbara Foi Wallace. Toutefois, en raison de sa dépendance à l'héroïne, ils se séparent quatre ans plus tard, et Faith Ringgold a la garde de ses filles. Durant ce temps, elle a étudié auprès de Robert Gwathmey, Yasuo Kuniyoshi, et a rencontré le graveur Robert Blackburn, avec qui elle réalisera une série de gravures 30 ans plus tard.

En 1955, Faith Ringgold obtient un Bachelor of Arts (licence) du City College et elle devient professeure de beaux-arts pour les écoles publiques de la ville de New York. En 1959, elle reçoit un Master of Fine Arts (master) du City Collège et part avec sa mère et ses filles pour un premier voyage en Europe. Alors qu'elles voyagent à Paris, Florence et Rome, elles visitent de nombreux musées, dont le Louvre. Il lui inspira une série de courtepointes connue comme la Collection française. Ce voyage fut écourté en raison de la mort prématurée de son frère en 1961 : Faith Ringgold, sa mère, et ses filles retournent aux États-Unis pour les funérailles.

Faith Ringgold voyagea aussi en Afrique de l'Ouest en 1976 et en 1977. Ces deux voyages auront une profonde influence sur son art, en particulier pour ses masques, poupées, mais aussi ses œuvres de peinture et de sculpture.

De retour, elle rejoint le Black Arts Movement dont elle deviendra une figure de proue.

Faith Ringgold a un domaine artistique extrêmement vaste et diversifié, allant de la peinture aux courtepointes, de la sculpture aux livres d'enfants. En 1973, alors qu'elle commence à être connue et reconnue, elle quitte l'enseignement pour se consacrer entièrement à la création.

Faith Ringgold commença sa carrière de peintre dans les années 1950. Elle puise son inspiration dans des écrits de James Baldwin et Amiri Baraka, dans l'art africain, l'impressionnisme et le cubisme pour créer ses œuvres durant les années 1960. Son travail au début est composé des personnages et des formes plates. Si elle a reçu une grande attention grâce à ces images, les galeries et les collectionneurs n'en voulaient pas et elle en vendit très peu. C'est aussi parce que ses premières peintures sont axées sur le racisme dans les activités quotidiennes de la vie. Ces travaux étaient également politiquement fondés sur ses expériences durant son enfance, au cours de la renaissance de Harlem. Ces thèmes ont grandi en maturité durant les mouvements pour les droits civiques et les mouvements féministes, auxquels elle a participé.

En s'inspirant de l'artiste Jacob Lawrence et de l'écrivain James Baldwin, Ringgold peint sa première collection nommée Americain People Series en 1963. Les tableaux représentent le style de vie américain vis-à-vis du mouvement des Droits civiques, et illustrent les interactions raciales d'un point de vue féminin. Cette collection se pose la question du « pourquoi? » des problèmes de race dans la société Américaine.

Autour de l'ouverture de son spectacle pour le American People, Faith Ringgold a également travaillé sur sa collection appelée America Black, ou Black Light Series, dans laquelle l'artiste expérimente avec les couleurs sombres. Cela a été encouragé par l'observation que « l'art occidental blanc a été porté autour de la couleur blanche et la lumière/contraste/clair-obscur, tandis que les cultures Africaines utilisent des couleurs plus sombres, et pour souligner la couleur plutôt que le contraste ». De fait, elle a été « dans la recherche d'une esthétique noire plus positive ». Elle a également créé de très grandes peintures murales telles que The Flag Is Bleeding, U.S. Postage Stamp Commemorating the Advent of Black Power People, et Die, en conclusion de son American People series. Ces peintures murales ont aidé à l'approche de son œuvre future.

Dans la French Collection, elle explora de nouvelles solutions pour dépasser le lourd passé de femmes et hommes d'ascendance africaine. Ringgold créa cette série de plusieurs toiles pour approcher les vérités et mythes du modernisme. Comme la France était à l'époque le pays de l'art moderne, ce fut son inspiration pour trouver une « identité moderne » à l'art afro-américain.

Faith Ringgold alla en Europe l'été 1972 avec sa fille Michèle. Tandis que Michele rendait visite à ses amis en Espagne, Ringgold continua son voyage en Allemagne et aux Pays-Bas. À Amsterdam, elle a visité le Rijksmuseum, où elle a vu une collection de peintures sur tissus népalaises des XIVe et XVe siècles. Ces thangkas l'ont inspiré pour son propre travail, et lorsqu'elle est retournée aux États-Unis, une nouvelle série est née: The Slave Rape Series. Dans ces œuvres, Ringgold essaie d'imaginer à quoi aurait pu ressembler à une femme Africaine capturée et vendu en esclavage. Elle a invité sa mère à collaborer sur ce projet, qui était une couturière célèbre de Harlem pendant les années 1950. Cette collaboration aboutira à la réalisation de leur première couverture, Echoes of Harlem, dans les années 1980. Cette approche féministe et sa reprise de techniques classées dans les femmages fait écho à son exclusion du groupe d'artistes afro-américains Spiral (en).

Elle écrit souvent des histoires sur ses courtepointes, afin d'être entendue, car personne à l'époque n'aurait publié l'autobiographie sur laquelle elle avait travaillé. Sa première courtepointe-histoire Who's Afraid of Aunt Jemima? (1983) décrit l'histoire de Tante Jemima, une icône publicitaire stéréotypant la femme africaine américaine, qu'elle imagine devenir une sorte d’executive woman. Un autre morceau, intitulé Change: Faith Ringgold’s Over 100 Pounds Weight Loss Performance Story Quilt (1986), engage le sujet d'« une femme qui veut se sentir bien, de la difficulté des normes culturelles de beauté, d'une personne dont l'intelligence et la sensibilité politique lui permettent de voir les contradictions inhérentes à son poste, et de quelqu'un qui s'en inspire pour mettre l'ensemble de ce dilemme dans une œuvre d'art ».

La série de l'histoire des courtepointes de Ringgold issues de la French collection traite de l'histoire des femmes afro-américaines qui se sont dévoués à changer le monde (The Sunflowers Quilting Bee at Arles), la redirection du regard masculin, et l'imagination enfantine de la narration. Beaucoup de ses courtepointes s'inspirent de livres pour enfants qu'elle a par la suite publiés, comme le Dinner at Aunt Connie’s House (1993) publié par Hyperion Books, basé sur The Dinner Quilt (1988).

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