Ce Jour-là

FRIPON

Réseau de caméras destiné à surveiller le ciel de France

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FRIPON, acronyme de l'anglais Fireball Recovery and InterPlanetary Observation Network, en français « Réseau de récupération de boules de feu (bolides) et d'observation interplanétaire », est un réseau de caméras qui surveille le ciel en continu depuis 2016 pour détecter des bolides, c'est-à-dire des fragments de corps extraterrestres rentrant dans l'atmosphère terrestre et suffisamment gros pour arriver parfois en partie au sol. L'objectif final est de localiser et collecter les météorites résultantes.

Certaines météorites sont les plus vieilles roches existantes auxquelles ont accès les scientifiques, seuls témoignages de la formation et de l'évolution du système solaire. Elles viennent d'un grand nombre de corps célestes différents, probablement de l'ordre de la centaine ou plus. Ces météorites primitives offrent potentiellement une voie d'accès à la compréhension de l'origine du système solaire et de ses différents corps, notamment bien sûr la Terre, voire à la spécificité qui en fait une planète habitée. Ainsi, de manière ultime, elles sont des éléments indispensables pour comprendre l'origine de la Vie sur Terre. Mais pour interpréter ce qu'elles représentent, les scientifiques ont besoin de savoir d'où elles proviennent. Le programme FRIPON est conçu pour obtenir ces informations.

La Terre est en permanence bombardée par des corps plus ou moins gros, appelés « météoroïdes », venant de l'espace interplanétaire. La Terre n'a pas à ce sujet de statut particulier. En effet, les autres objets du système solaire sont aussi soumis à ce bombardement permanent, comme l'attestent les surfaces cratérisées de Mars, Mercure et leurs satellites, par exemple. En entrant dans l'atmosphère, les météoroïdes se consument en totalité ou en partie, laissant dans le ciel une trace lumineuse appelée « météore ». S'ils se consument complètement, on parle d'« étoiles filantes ». S'ils sont assez gros pour atteindre le sol, on parle de « bolides » (en anglais : fireballs), et leurs résidus trouvés au sol sont des « météorites ». Le programme FRIPON s'intéresse donc à la détection des bolides et à la collecte des météorites.

La NASA estime qu'il tombe chaque année sur la Terre une quarantaine de tonnes de météorites, dans une gamme de masses allant de la dizaine de grammes au quintal (100 kg), ce qui reste des ordres de grandeur encore en cours d'évaluation. En France métropolitaine, il est probable qu'il tombe par an, en moyenne, une dizaine de tels objets. Au cours du XIXe siècle, 44 météorites pesant de 1 à 100 kg ont été retrouvées qui sont entrées dans la collection nationale française maintenue par le Muséum national d'histoire naturelle (MNHN). Au XXe siècle, seulement une dizaine sont venues enrichir cette importante collection de recherche. Compte tenu de la haute valeur scientifique des météorites, il convenait d'améliorer la collecte en surveillant en permanence les météores et les trajectoires des bolides pour augmenter les chances de les retrouver et tenter de découvrir leur origine.

Un programme de surveillance et de chasse aux météorites a été initié dans les années 1950 par l'observatoire d'Ondřejov en Tchéquie. Cet observatoire a acquis une réelle expertise dans ce domaine avec un réseau de cinq stations de photographie réparties sur le territoire. En 1968, le réseau a été étendu à 15 nouvelles stations établies en Allemagne. Puis le réseau s'est élargi par des stations installées en Belgique, au Luxembourg, en Suisse et en Autriche. Ce réseau étendu, actuellement riche de 34 vidéo-caméras, constitue l'European Fireball Network. Il est codirigé par le Centre aérospatial allemand et l'observatoire de d'Ondřejov. En Espagne, le Spanish Photographic Meteor Network fonctionne parallèlement. En Australie, le Desert Fireball Network (DFN), mis en place par l'Université Curtin, a installé 32 caméras dans le désert et couvre un tiers du ciel australien. Pour la recherche des météorites, le DFN s'appuie sur un réseau de bénévoles nommé Fireball in the Sky. Le DFN a pu détecter un bolide et récupérer une météorite en juillet 2007, peu après sa mise en service. Aux États-Unis, la NASA a mis en place le All Sky Fireball Network, puis le site Web Watch the Skies. L'American Meteor Society est une association de bénévoles qui se consacre à l'observation des météores et des bolides depuis 1911.

En France, un réseau d'observation de météores géré par des amateurs, le BOAM (Base des observateurs amateurs de météores), fonctionne depuis 2010 mais ne compte qu'une dizaine de caméra. Le réseau FRIPON, avec ses 100 caméras, couvre l'ensemble du territoire français et complète ainsi le réseau de surveillance du ciel européen. Ce projet a été initié en 2013 et inauguré le 28 mai 2016.

Le programme FRIPON a pour objectifs de :

enregistrer avec un réseau de caméras les images des météores d'une magnitude inférieure à -4, équivalente à celle de la planète Vénus ;

reconstituer par le calcul, à partir des images de plusieurs caméras d'un même événement et des enregistrements de ses échos radio, 1) l'orbite de chaque objet pour identifier le possible corps parent : planète, astéroïde ou comète et 2) la trajectoire dans l'atmosphère des plus gros objets (bolides) pour identifier la zone d'impact au sol des météorites

retrouver les météorites le plus rapidement possible après leur chute avec l'aide de bénévoles formés et encadrés par des spécialistes

identifier la composition chimique des objets détectés 1) par l'analyse physico-chimique des météorites collectées et 2) par la spectrométrie de la lumière émise par les météores. Les résultats de ces analyses fourniront aussi des indications sur les corps parents possibles.

Avec une moyenne d'une dizaine de chutes météoriques chaque année en France, dont la moitié se produit de jour et donc avec un météore très difficilement observable, le réseau FRIPON espère dans un premier temps identifier au mieux deux à trois événements par an et mettre en œuvre rapidement les moyens de récupérer les objets.

Le programme FRIPON repose sur les chercheurs de cinq laboratoires du CNRS.

Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides (IMCCE) de l'observatoire de Paris, université de recherche Paris Sciences et Lettres ;

Institut de minéralogie, de physique des matériaux et de cosmochimie (IMPMC) du Muséum national d'histoire naturelle, et l'Université Pierre-et-Marie-Curie-Sorbonne Universités ;

Laboratoire de Géosciences de l'Université Paris-Sud (GEOPS) ;

Centre européen de recherche et d'enseignement de géosciences de l'environnement (CEREGE), Observatoire des sciences de l'univers, Institut Pythéas, université d'Aix-Marseille ;

Laboratoire d'astrophysique de Marseille (LAM), Observatoire des sciences de l'univers, Institut Pythéas, université d'Aix-Marseille.

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