Le féminisme est un ensemble de mouvements et d'idées politiques, sociales et culturelles. La définition globale de ce terme lui donne pour objectif de promouvoir l'égalité entre les femmes et les hommes en militant pour les droits des femmes, et ce, sur le principe fondamental que les hommes et les femmes sont égaux et doivent être considérés comme tels dans la société.
Le terme « féminisme » est utilisé en 1872 par Alexandre Dumas fils avec un sens péjoratif dans un pamphlet anti-féministe, notamment pour se moquer des hommes favorables à l'égalité des sexes. Il est par la suite employé et popularisé à partir de 1882 par Hubertine Auclert, militante féministe et suffragiste française, qui lui donne son sens actuel. Cependant, les idées de libération et d'émancipation des femmes prennent leurs racines dans le siècle des Lumières et se réclament de mouvements plus anciens ou de combats menés dans d'autres contextes historiques.
Le mouvement féministe a produit, selon les époques, différents courants de pensée avec des revendications principales spécifiques, parfois opposés, et les diverses idées listées ci-après qui émergent à travers le temps et l'espace peuvent susciter des oppositions et ne reflètent pas de consensus au sein même du ou des mouvements féministes. Par exemple, le féminisme essentialiste ou différentialiste a pu reprocher au féminisme constructiviste, universaliste ou antiessentialiste de ne pas défendre l'identité féminine, tandis qu'il lui a été reproché de corroborer les visions stéréotypées des sexes et de ne pas être un vrai féminisme. Ce clivage important s'imbrique avec d'autres, par exemple entre féminismes libéral, radical, socialiste, puis matérialiste, trans, queer, lesbien, antivalidiste... Il nuance l'idée selon laquelle les personnes féministes souhaitent l'égalité en droits de façon totale et sans équivoque, quelques-unes accordant une valeur polémique à l'importance des sexes et de leur différence biologique.
L’objectif principal de la première vague féministe qui débute au milieu du XIXe siècle est que les hommes et les femmes deviennent égaux devant la loi.
La deuxième vague féministe, qui intervient à la fin des années 1960 avec la naissance du Mouvement de libération des femmes (MLF) et du Women's Lib, a ainsi élaboré plusieurs concepts qui entendent rendre compte de la spécificité du rapport de domination exercé par les hommes sur les femmes. C'est à cette période qu'est reformulé le concept de patriarcat, élaboré celui de sexisme et que l'accent est mis sur la sphère privée comme lieu privilégié de la domination masculine : « le privé est politique ». Les revendications touchant au contrôle de leur corps par les femmes (avortement, contraception) sont placées au premier plan, mais, plus largement, c'est à la construction de nouveaux rapports sociaux de sexe qu'appellent les féministes de cette deuxième vague. Dans cette perspective, la notion de « genre » entend « dénaturaliser » les rapports entre les sexes en mettant en exergue la hiérarchisation sociale.
Sous le nom de troisième vague féministe, l'on désigne, à partir des années 1990, un large ensemble de revendications exprimées par des personnalités féministes issues de groupes minoritaires, dans le sillage du Black feminism. Cette troisième vague, née aux États-Unis, se démarque des deux autres vagues précédentes en se voulant moins blanche, moins bourgeoise, moins occidentale et plus inclusive dans la poursuite de la défense des droits des femmes. Cette vague du féminisme, dite intersectionnelle, n'est pas représentative de tous les féminismes contemporains. Les discriminations ajoutées au sexisme dans le cas des femmes marginalisées pour d'autres raisons, y compris dans le féminisme classique, sont considérées par le féminisme intersectionnel comme imbriquées avec celui-ci et constituant des situations particulières de domination dont il est indispensable de tenir compte.
Par suite, l'intersectionnalité fait se recouper le féminisme de façon plus forte qu'auparavant avec des luttes pour les droits des personnes qui appartiennent aux minorités, telles des personnes LGBT+ qui ne sont pas forcément des femmes, ou encore les personnes racisées, pauvres, exerçant le travail du sexe, au foyer, ou en situation de handicap, ainsi qu'avec des causes différentes telles que l'environnementalisme.
Le terme « féminisme » a longtemps été attribué à tort à Charles Fourier. Il est d’abord utilisé dans les années 1870 par le corps médical pour qualifier une affection touchant les hommes au corps peu viril, féminisé. En 1872 Alexandre Dumas fils, l'utilise de manière ironique pour qualifier les partisans du droit des femmes en écrivant dans L'Homme-femme : « Les féministes, passez-moi ce néologisme, disent : Tout le mal vient de ce qu'on ne veut pas reconnaître que la femme est l'égale de l'homme, qu'il faut lui donner la même éducation et les mêmes droits qu'à l'homme ». Le terme est repris en 1882 et popularisé par la militante féministe Hubertine Auclert, première « féministe » auto-proclamée, qui lui donne son sens moderne de lutte en faveur des droits des femmes. Il se diffuse en Europe dans la dernière décennie du XIXe siècle.
C'est au cours de la Révolution française, avec l’affirmation des droits naturels, que naît le mouvement de revendication sociale et politique qu'il désigne. Dans la première moitié du XIXe siècle, le mouvement féministe apparaît en pointillé, sans parvenir à fédérer d’organisations durables. Il épouse les grandes secousses politiques du siècle, à l’occasion desquelles resurgissent ses revendications. L’objectif large de cette « première vague du féminisme » est de réformer les institutions, de sorte que les hommes et les femmes deviennent égaux devant la loi : droit à l'éducation, droit au travail, droit à la maîtrise de leurs biens et droit de vote des femmes constituent les revendications principales de cette période.
Avec l’émergence des démocraties occidentales, le mouvement féministe s’incarne progressivement dans des groupes organisés, sans jamais présenter un visage monolithique, au point que les études contemporaines mettent l’accent sur la diversité des féminismes.
Les configurations nationales imposent souvent leurs cadres et leurs calendriers ; les objectifs et les méthodes varient selon les groupes constitués et les débats sont constants pour définir les orientations stratégiques et les étapes intermédiaires à atteindre en priorité. Les féministes se trouvent en particulier confrontés à un dilemme : doivent-elles pour mener leur combat mettre en avant les qualités spécifiques qui sont attribuées aux femmes (voir Féminité) ou au contraire affirmer l’universalité des propriétés humaines (voir Être humain) ? La première position au risque de figer la nature des femmes ; la seconde au risque de choquer l’évidence de la différence des sexes sur laquelle s’appuient les représentations et la structure sociale.
Certains auteurs affirment que le féminisme existe depuis tout temps : ils parlent de protoféminisme, même si d'autres pensent qu'il s'agit bien d'un même féminisme qui apparaît puis disparaît de manière cyclique. On trouve chez Robert Flacelière l'idée que dans la Grèce antique, certains Athéniens contestaient l'enfermement des Athéniennes au foyer, situation courante de cette époque considérée comme injuste, et s'appropriaient ainsi la revendication d'une idéologie féministe. De même, l'égalité foncière entre les deux sexes fut retenue et développée par Antisthène, fondateur de l'école cynique, et par Eschine de Sphettos, deux disciples de Socrate. Antisthène disait que « l'homme et la femme ont la même vertu ». Plus tard, le cynique Cratès de Thèbes épousa la sœur du philosophe Métroclès, de la même école que lui : la riche et noble Hipparchie. Elle se fit pauvre et devint philosophe comme son époux, tous deux allant mendier leurs repas de maison en maison. Ce modèle des ménages de philosophes fit passer dans la réalité le principe théorique de l'égalité des sexes, posé par Socrate et admis par Antisthène dans sa philosophie.