Félix Antoine Henry Mayol est un chanteur français né à Toulon le 18 novembre 1872 et mort dans la même ville le 26 octobre 1941. Chanteur populaire, caractérisé par sa houppe, à la réputation internationale, sa carrière s'étend de la fin du XIXe siècle à la fin des années 1930. Il laisse un témoignage visuel et sonore à travers l'enregistrement de ses phonocènes, et un héritage constitué du stade qu'il a offert à sa ville, qui porte son nom et où évolue de nos jours le Rugby club toulonnais.
Lors sa naissance son père Aimé Félix Mayol, second maître canonnier est en mission. Sa mère Julie Patin est modiste. Il meurt dans la même ville le 26 octobre 1941.
Après des débuts modestes à Toulon et au Palais de Cristal de Marseille, Félix Mayol est engagé à Paris au Concert parisien le 1er mai 1895, où il connaît rapidement le succès. Une anecdote publiée dans ses mémoires rapporte que faute de trouver un camélia, que les hommes élégants portaient à l'époque au revers de leur redingote, il prend un brin de muguet qui devient son emblème. La proéminente houppe de cheveux qu'il arbore — et qui le fait surnommer « l'artiste au toupet rouquin » ou « flamme de punch » — devient également si célèbre qu'elle inspire de nombreux imitateurs : Romerty, Doray, Rosel, De Certos, Elvhard ; des chanteurs débutent dans le « répertoire Mayol », comme Georgel et Alibert.
Il connaît son premier grand succès en 1896 avec La Paimpolaise de Théodore Botrel. En 1900, après un bref passage à l'Eldorado où il chante À la cabane bambou, il est engagé à la Scala. C'est là qu'il crée le titre qui le rendra aussi riche que célèbre : Viens, poupoule !, d'après une chanson allemande arrangée par Henri Christiné et Alexandre Trébitsch (1902). Il récidive en 1905 avec La Matchiche, l'adaptation d'une chanson-danse espagnole à la mode. La même année, il tourne treize phonoscènes sous la direction d'Alice Guy. Il a déjà à son actif de nombreux enregistrements sur cylindres et sur disques.
En 1907, son opérette Cinderella à la Scala ne convainc pas, contrairement à l'une des chansons du spectacle, Les Mains de femmes qui devient un succès, suivi en 1908 de Cousine. Son cachet atteint alors la somme de 1 000 francs-or, ce qui lui permet de racheter en 1910 le Concert parisien qui prend désormais son nom, le concert Mayol. Vedette principale des spectacles qui s'y jouent, il lance à son tour de jeunes artistes, parmi lesquels Valentin Sardou (père de Fernand et grand-père de Michel Sardou), Maurice Chevalier, Émile Audiffred et Raimu. Il passe la main à Oscar Dufrenne en 1914.
Il entame alors une tournée dans la France entière et les pays francophones avec les tournées Baret. Sa renommée passe si bien les frontières que Charlie Chaplin vient l'écouter[réf. nécessaire]. La période 1914-1918 est marquée, comme pour de nombreux artistes, par de nombreuses chansons anti-allemandes, destinées à maintenir le moral des troupes. Sa carrière marque le pas après la Première Guerre mondiale. Il publie ses Souvenirs en 1929, fait « sept adieux au public parisien » en 1938 et se retire à Toulon.
Il y recueillera notamment en 1932 à la villa Fémina, dans sa propriété du Cap-Brun dit « Clos Mayol », l'ancienne artiste de café-concert et comédienne Paula Brébion qui y restera jusqu'à son décès en 1941.
Attaché à sa ville natale et particulièrement à son club de rugby, il offre 60 000 francs-or pour financer la construction d’un stade qui porte son nom, le stade Mayol. Le muguet porte-bonheur qu'il affectionnait est devenu l'emblème du club et le somptueux dîner qu'il offrit aux joueurs pour fêter le titre de 1931 est resté dans les annales. Le traditionnel muguet de sa boutonnière était artificiel car il ne pouvait pas en supporter le parfum.
L'homosexualité de Mayol, liée à son « jeu de scène efféminé », fait de Mayol la cible des journalistes ; à l'époque, les chansonniers et autres auteurs y font souvent allusion, tel le mariage entre Mayol et Mistinguett inventé de toutes pièces et qui fit beaucoup rire. Dans ses Mémoires, Mayol évoque sa « petite amie ». Mais un témoignage de Louis Merlin dans ses Mémoires restitue que Mayol « était spirituel en diable et ne se fâchait qu'à un seul propos, où il était intraitable : les plaisanteries que faisaient les journalistes chansonniers et revuistes — Rip en particulier auquel il vouait une haine féroce — sur son genre efféminé : “Je suis un mâle, que diable. Que je préfère les jeunes garçons aux jeunes filles ne regarde que moi”. C'est bien pourquoi lorsque je le voyais s'intéresser soudainement à tel consommateur ou à tel passant dans le “bel âge”, je prétextais un rendez-vous soudain pour ne point le gêner… ».
Dans ses chansons, souvent très graveleuses, Mayol emploie la plupart du temps le « nous » du collectif masculin. Ces chansons mettent en scène des prostituées ou des femmes toujours accueillantes à la rencontre sexuelle.
Mayol est enterré au cimetière central de Toulon.
Selon ce qu'il indique dans ses Mémoires, Mayol aurait créé au cours de sa carrière environ un demi-millier de chansons, 495 très exactement — chiffre repris par la suite dans de nombreuses publications).
Ce nombre d'environ 500 créations peut être mis en perspective avec les 2 500 chansons que Paulus aurait créées selon la revue Les chansons de Paris (1903), soit cinq fois plus, pour des carrières à la longévité identique, environ 30 ans, et pour des chanteurs tous les deux éditeurs de leur répertoire.
La liste alphabétique ci-dessous, non exhaustive, regroupe dans une première section les chansons de l'édition musicale dite « graphique » (partitions de petits, moyens et grands « formats », placards, recueils, revues…) où apparaît le nom ou la photographie de Mayol comme créateur ou interprète ou celles où figure la mention « Répertoire Mayol ». Elle est basée sur les informations disponibles sur Gallica, le catalogue général de la BNF ainsi que sur la collection d'images de partitions déposées sur Médihal et sur la banque d'images du site Illustrated Sheet Music.
Les précisions apportées à chaque titre de chansons imprimées où figurent la mention « créé(e) par Mayol » ou « création Mayol », celles avec la mention « chantées par », celles avec la mention « répertoire Mayol »… ont permis de faire un classement entre les chansons « créées » ou « cocréées », interprétées… par Mayol. Selon les principes de vérifiabilité, ne sont intégrées dans cette section que les partitions dont le lieu de consultation est précisé ; la mention d'un titre sans visuel, nom des auteurs, ou avec des dates imprécises, n'est pas considérée comme une attestation d'existence d'une chanson en édition graphique.
Dans une seconde section, sont présentés les titres pour lesquels existe une attribution Mayol, mais aucune confirmation fiable en édition « graphique », à savoir ceux cités :
dans les catalogues des éditeurs (verso des petits, moyens et grands formats) ;
dans des programmes de spectacles ou les journaux les annonçant ;