Ce Jour-là

Félix Guattari

Psychanalyste et philosophe français

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Félix Guattari est un psychanalyste et philosophe français, né le 30 mars 1930 , à Villeneuve-les-Sablons (Oise) et mort le 29 août 1992 à Cour-Cheverny (Loir-et-Cher). Il y décède à la clinique de La Borde, établissement dont il a contribué à la création avec Jean Oury, et emblématique de la psychothérapie institutionnelle.

Proche de Jean Oury qui l'a fondée en 1953 et de son frère Fernand, Félix Guattari a travaillé toute sa vie à la clinique de La Borde, haut lieu de la psychothérapie institutionnelle.

La Borde est alors un « point de repère pour l'extrême-gauche », pour ses recherches intellectuelles, et un lieu où certains de ses membres se retrouvent comme dans une maison proche d'elle, parfois aussi pour obtenir des dispenses de service militaire

Guattari y a fait venir Jean-Louis Peninou ou encore Pierre Goldman et ses amis Marc Kravetz et Michel Butel. Ce dernier, qui de son côté avait passé deux ans, de 12 à 14 ans, à la clinique psychopédagogique de Saint-Maximin (Oise)est arrivé le premier, en mars 1963. Sa sœur avait besoin d'un traitement adapté et La Borde lui avait été conseillée par le médecin psychiatre Jean-Claude Polack, (par ailleurs candidat malheureux à la présidence de l'UNEF où il dirigeait la section "Médecine"). Puis Guattari y a fait venir les autres.

Par la suite, Guattari qui a suivi longtemps le séminaire de Jacques Lacan, qui fut son psychanalyste, prend ses distances avec le lacanisme au fil de sa collaboration avec Gilles Deleuze (il est l'inventeur du concept de déterritorialisation), tentant de renouer avec l'inventivité première de la psychanalyse, et trouve quelques échos[pas clair] notamment dans la pratique brésilienne.

Après sa participation au Groupe de travail de psychothérapie et de sociothérapie institutionnelles (GTPSI, 1960-1966) avec notamment Jean Oury et François Tosquelles, il est à l'origine du Centre d'études, de recherches et de formation institutionnelles (CERFI, 1965-1987), dont la revue Recherches publie des dizaines de numéros spéciaux d'approches amoralistes du travail, de l'école, des toxicomanies, des féminismes, des homosexualités et de ce qu'on appelait les « perversions ».

La publication par Gilles Deleuze et Félix Guattari de L'Anti-Œdipe en 1972 provoque des remous, la presse estimant que la psychanalyse a été attaquée sur sa gauche, et qu'elle a, à cette occasion « perdu le visage novateur, inquiétant, qu'elle présentait à ses débuts » tandis que son « discours sur l'Œdipe, trop bien diffusé » alimente une forme de « surmoi social ».

L'Anti-Œdipe s'inscrit comme « une critique de la normativité psychanalytique et de l’Œdipe », et comme « une mise en question dévastatrice de l'œdipinianisme » selon Didier Eribon, car il s'en prend au travail de Jacques Lacan. « C’est tout cet envers de la structure que Lacan découvre avec le “a” comme machine, et le “A” comme sexe non humain : schizophréniser le champ analytique, au lieu d’œdipianiser le champ psychotique » (L'Anti-Œdipe, p. 369).

Soutien à Pierre Goldman puis Charlie Bauer

Militant très à gauche, Guattari est à l'initiative du comité de défense de Pierre Goldman, militant d'extrême gauche qui, ayant glissé dans le banditisme, est accusé du meurtre de deux pharmaciennes. Ce comité réunit d'importantes personnalités intellectuelles ou artistiques de gauche.

Son soutien à Charlie Bauer, ex-codétenu de Pierre Goldman mis en cause en novembre 1979 pour complicité avec Jacques Mesrine puis acquitté lors de son procès, est la conséquence de son engagement contre les QHS. Il lui vaut une perquisition à son domicile parisien mais aussi à la clinique La Borde, où séjournent une centaine de pensionnaires, ce qui fait les gros titres du Monde et de L'Aurore. Contestée pendant des semaines, la perquisition s'effectue dans le cadre de l'instruction sur l'enlèvement de l'homme d'affaires sarthois Henri Lelièvre. Les enquêteurs cherchent des indices du passage de Bauer et il leur « explique que Pierre Goldman lui avait demandé, en 1976, juste avant sa libération, de bien vouloir s'occuper du reclassement » de son codétenu, qui attendait d'être libéré lui aussi après une quinzaine d'années de détention pour des vols sans effusion de sang. Guattari avait ensuite rencontré Bauer une fois, le 25 avril 1977, à Paris, par un rendez-vous sous le contrôle d'un juge d'application des peines, après l'avoir recommandé, sans le connaître, aux éditions Encres, qui ont ensuite engagé Bauer à temps partiel, de juillet à novembre 1978, comme représentant en librairie et lecteur de manuscrits. Six semaines après, Guattari proteste contre cette opération dans un portrait que lui consacre Le Monde.

Par ailleurs, il soutient de nombreuses minorités dont les Palestiniens en 1976, les opéraïstes italiens en 1977, des militants pour le processus de re-démocratisation du Brésil à partir de 1979, etc.

Centre d'initiative pour de nouveaux espaces de liberté

Félix Guattari a en particulier animé de 1977 à 1981, avec Giselle Donnard, le Centre d'initiative pour de nouveaux espaces de liberté (CINEL), collectif français d'extrême gauche.

Fondé à l'automne 1977 dans le prolongement du rassemblement international contre la répression du mouvement autonome italien qui se déroule à Bologne du 23 au 26 septembre, le CINEL se réunit à Paris, rue de Vaugirard. Autour de Yann Moulier-Boutang, Michel Burnier, François Pain, Michel Tubiana, Gérard Fromanger et des militants autonomes anonymes, le CINEL se mobilise contre l'extradition des réfugiés politiques italiens et allemands, et pour la défense des radios libres. C'est dans ce cadre que Félix Guattari est l'un des créateurs en 1981, donc quatre ans plus tard, de Radio Tomate. Le CINEL organise également deux événements importants en soutien au mouvement des radios libres : « ALFREDO » (réunion à Paris des radios libres françaises et italiennes) en mars 1978 ; et le festival de rock « Antibrouille » à Yerres en juillet 1978, dont l'affiche est conçue par Gérard Fromanger.

En 1981, le CINEL se divise sur la question de l'élection présidentielle. Alors que Félix Guattari soutient la candidature de Coluche, Yann Moulier appelle à voter pour François Mitterrand dès le premier tour.

Le CINEL disparaît avec l'arrivée du Parti socialiste au pouvoir.

Il est le père de Stephen, de Bruno et de l’écrivaine Emmanuelle Guattari, le frère de Jean et Paul Guattari, le fils de Louis Guattari. Ce dernier, après avoir travaillé avec Pierre-François Lardet, le fondateur des chocolats Banania, fonde sa propre chocolaterie, Monbana.

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