Ce Jour-là

Félix Arnaudin

Poète et photographe français

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Simon Arnaudin, dit Félix Arnaudin, né le 30 mai 1844 à Labouheyre (Landes) et mort le 6 décembre 1921 dans la même commune, est un dialectologue, ethnographe, poète et photographe français spécialiste de la Haute-Lande.

Félix Arnaudin est le premier à documenter l'ethnographie de la Haute-Lande en autochtone. On peut dire de lui qu'il est à la fois linguiste, folkloriste, historien, ethnologue, musicologue, dessinateur, photographe et écrivain. Il s'illustre ainsi dans l'étude des traditions populaires de ce pays des Landes de Gascogne, alors en pleine mutation économique et sociale. Son travail porte sur le recueil de proverbes, contes et chants en gascon, sur la photographie de paysages, habitats, bergers et paysans landais. Il consacre ainsi sa vie à sauver cet héritage de l'oubli.

La maison dans laquelle il est mort est devenue la Maison de la photographie des Landes, lieu d'expositions photographiques géré par la commune de Labouheyre.

Il naît le 30 mai 1844 à Labouheyre, dans le canton de Labrit. Il est le fils de Barthélémy Arnaudin, habitant de la commune de 27 ans et de Marie-Thérèse Bacon.

Sa formation au collège de Mont-de-Marsan constitue les fondements d'une érudition précieuse à son œuvre. Diplômé, de retour à Labouheyre, il ne trouve dans son milieu aucun emploi en relation avec son niveau et ses aspirations. Vivant du revenu de quelques métairies, Félix Arnaudin n'occupe durablement aucun emploi. À l'âge de trente ans, célibataire, il décide de se consacrer entièrement à sa passion : ethnographier la culture agro-pastorale de la Haute Lande, que la politique d'aménagement du territoire de Napoléon III tend à faire disparaître inexorablement. Passant pour un original auprès de ses concitoyens, il est surnommé Lou Pèc (le niais, en gascon). Le 30 janvier 1921, quelques mois avant sa mort, il écrit :

« Dans ma pauvre vie de rêveur sauvage, toutefois anxieux de notre passé local, je n'ai guère reçu d'encouragements ; l'indifférence et les railleries, un peu de tous côtés, en ont volontiers pris la place ».

Porté par l'amour de son pays, il adopte dans le même temps une démarche rationnelle et scientifique pour ses recherches. Il parcourt la Haute Lande de part en part, souvent à bicyclette, pour interroger les habitants à l'aide de questionnaires préétablis : une méthode qui sera utilisée quelques années plus tard pour établir l'atlas linguistique de la France. Il met la même application et rigueur dans la réalisation de fiches d'enquêtes et de répertoires photographiques.

Il s'attache principalement à collecter l'ensemble du fonds culturel de la « lande landaise » par le recueil de contes, proverbes, chants, mots de la langue gasconne, notes sur l'histoire, l'archéologie et l'écologie de ce territoire. Il réussit à publier de son vivant quelques fragments de ce travail de collecte sous la forme de trois publications à faible tirage :

Contes populaires recueillis dans la Grande-Lande, le Born, les Petites-Landes et le Marensin, publié en 1887

Chants populaires de la Grande-lande et des régions voisines, publié en 1912

Choses de l'ancienne Grande-Lande (première série), série imprimée en 1926, cinq ans après sa mort.

Ces recueils ne sont que la modeste concrétisation d'une entreprise titanesque dont témoignent plusieurs dizaines de milliers de feuillets manuscrits et de nombreuses photographies : paysages, bâtiments et villages anciens, scènes de la vie rurale, portraits, issus de « cette terre des libres espaces, étrange et grande et fascinante entre toutes » (1926 (posth.), Choses de l'ancienne Grande-Lande, p. 94).

Il meurt le 6 décembre 1921 à l’âge de 77 ans, célibataire, à Labouheyre.

L'œuvre de Félix Arnaudin vise à révéler la beauté des Landes de Gascogne et la dignité de ses habitants, de leur culture. Elle est marquée par le désir de réhabiliter et par l'urgence d'en conserver la mémoire la plus complète possible jusqu'aux paysages, au bâti, à biodiversité, aux gestes du quotidien.

Alors que depuis au moins un siècle, la littérature décrit les landes comme un « désert » à coloniser où l'air lui-même serait « vicié », les photographies d'Arnaudin rendent compte d'une toute autre réalité. Elles constituent les pièces à conviction de la défense dans un procès perdu d'avance, en révélant une vie humaine digne et respectable, fragile et belle en ces landes mais que condamnent la littérature et la loi.

Il photographie tout ce qui évoque les temps anciens, révolus, qu'il s'agisse des vieux chemins, des vieilles maisons, des quartiers disparus, des bâtiments en ruines - « attendre que les tuiles aient vieilli » - ou des traces de passés plus lointains comme les buttes médiévales ou les voies romaines. Félix Arnaudin ne photographie pas ce qui perdure.

Pour délimiter le territoire de ses photographies, il procède par approches concentriques mais demeure toutefois dans la partie centrale de la Grande Lande, autour de Labouheyre. Le territoire le plus vaste est d'environ soixante-dix kilomètres autour de Labouheyre ; c'est celui dont il photographie les églises des communes et paroisses. Un second territoire, d'un rayon plus modeste d'environ cinquante kilomètres autour de Labouheyre, est celui où il photographie les quartiers, où se tient l'habitat permanent, dont l'airial est le centre et le moulin la périphérie. Et enfin, un troisième territoire plus restreint, d'une quinzaine de kilomètres autour de Labouheyre, où il réalise ses séries illustrant les travaux et les jours, son secteur de prédilection.

L'œuvre photographique de Félix Arnaudin, en ce qui concerne la thématique, se divise en quatre parties : les paysages de lande et de pignada (voir Forêt des Landes), la vie pastorale et les activités agraires pour 50 %, l'habitat et l'architecture rurale pour 25 %, les portraits de personnages, de groupes pour 12,5 % et les pièces d'archives pour également 12,5 %. On est donc loin d'une vision exhaustive de l'habitat de la Grande-Lande. En effet, avec ces 500 photographies d'habitats, Félix Arnaudin n'a guère photographié plus de 5 à 10 % de l'architecture Grand-landaise.

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