L'extrême droite est l'ensemble des mouvements, organisations et partis politiques (ainsi que leurs membres et électeurs) qui siègent le plus à droite dans les hémicycles parlementaires ou, à défaut de représentants, portent les idées « les plus à droite ».
L'extrême droite est très diverse. Sa définition stricte fait l'objet de débats auprès des historiens et des politologues, mais ses fondements idéologiques reposent principalement sur ces trois points : le rejet de l'immigration, justifié par une vision organiciste de la société, fermée et homogène, définie par la nationalité, l’ethnie ou la race, et présentée comme menacée par des civilisations jugées inférieures ou dangereuses ; un projet autoritaire qui valorise l'obéissance aux chefs et au pouvoir, aux traditions issues d’un passé idéalisé, aux hiérarchies sociales, à rebours des valeurs de la démocratie libérale et de la prééminence du droit ; et enfin une rhétorique antisystème et populiste portée par un rejet des élites et des partis traditionnels, jugés corrompus, décadents ou éloignés du peuple.
Au début du XXe siècle, l'extrême droite était par exemple représentée par un mouvement comme l'Action française, nationaliste et royaliste, qui défendait une doctrine royaliste, raciste et antisémite. Ceux qui se réclament de ces idées aujourd'hui y sont toujours classés. On y trouve des néofascistes et des néonazis, ainsi que des courants identitaires et national-populistes. Enfin, les courants traditionalistes comme le royalisme, la réaction et l'intégrisme en font également partie.
Des partis français comme le Rassemblement national ou le parti Reconquête sont classés à l'extrême droite. En Europe, le parti Frères d'Italie en Italie, ou le Parti de la liberté d'Autriche en sont d'autres exemples. On trouvera aussi des partis d'extrême droite dans d'autres régions du monde, notamment dans les républiques démocratiques du Moyen-Orient comme en Égypte (Al Nour), ou en Israël (Otzma Yehudit), où ces partis siègent également le plus à droite de l'hémicycle parlementaire.
Le qualificatif d'« extrême droite » peut être utilisé de manière stigmatisante et péjorative, en assimilant toutes ses tendances au fascisme et au nazisme. Comme le relève le politologue Jean-Yves Camus, en France, le terme n'est quasiment jamais assumé par ceux qui en font partie, le Rassemblement national y préférant par exemple les termes de « droite nationale » ou de « mouvement national ».
Fondements idéologiques et définitions
À partir du cas de la France, l'historien Michel Winock dans son ouvrage Nationalisme, antisémitisme et fascisme en France (2004), donne les neuf caractéristiques suivantes aux mouvements d’extrême droite qui découlent du discours de la décadence, « vieille chanson que les Français entendent depuis la Révolution » :
« la haine du présent », considéré comme une période de décadence ;
« la nostalgie d’un âge d'or » ;
« l'éloge de l’immobilité », conséquence du refus du changement ;
« l'anti-individualisme », conséquence des libertés individuelles et du suffrage universel ;
« l'apologie des sociétés élitaires », l'absence d’élites étant considérée comme une décadence ;
« la nostalgie du sacré », qu'il soit religieux ou moral ;
« la peur du métissage génétique et l’effondrement démographique » ;
« la censure des mœurs », notamment la licence sexuelle et l'homosexualité ;
« l'anti-intellectualisme », les intellectuels n’ayant « aucun contact avec le monde réel » (Pierre Poujade).
Les interprétations qu’il en donne sont de quatre ordres :
dans le cadre de la lutte des classes, il s’agit de la revanche des perdants contre les gagnants de la modernité. Ainsi s’expliquent l’élitisme aristocratique de l’extrême droite du XIXe siècle (les aristocrates étant les grands perdants de la Révolution française, puis de la révolution industrielle), ainsi que le poujadisme des petits commerçants contre la montée des grandes surfaces (les grandes surfaces n'existaient pas en 1956, les petits commerçants souffraient plutôt des prélèvements fiscaux excessifs) et des laissés pour compte de la crise économique ;