Ce Jour-là

Eva Joly

Personnalité politique française

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Eva Joly, née Gro Eva Farseth le 5 décembre 1943 à Oslo en Norvège, est une magistrate franco-norvégienne, devenue femme politique en France. Elle est députée européenne (groupe Verts-ALE) de 2009 à 2019.

Nommée juge d'instruction au pôle financier du palais de justice de Paris en 1990, elle se fait connaître en instruisant des dossiers politico-financiers médiatisés, tels que des affaires concernant Bernard Tapie et l'entreprise Elf.

En 2009, elle est élue députée européenne dans la circonscription Île-de-France, sur la liste Europe Écologie. Elle est candidate d'Europe Écologie Les Verts à l'élection présidentielle de 2012 où elle recueille 2,31 % des voix. Elle est ensuite réélue au Parlement européen en 2014.

Depuis 2015, elle exerce comme avocate au barreau de Paris.

Gro Eva Farseth naît le 5 décembre 1943 à Motzfeldts gate (rue Motzfeldt), dans un quartier modeste d'Oslo, dans une famille d'origine rurale.

Elle passe une partie de son enfance dans le quartier ouvrier de Grünerløkka, à Oslo, et en fréquente les écoles.

À 18 ans, après avoir fini troisième au concours de Miss Norvège, elle quitte son pays natal avant d'exercer divers métiers : fille au pair, secrétaire aux Disques Barclay, dactylo, couturière à domicile.

En 1967, elle épouse un étudiant en médecine, Pascal Joly, le fils aîné de la famille française où elle travaillait au pair, et cousin de Sylvie Joly, malgré l'opposition de ses futurs beaux-parents. C'est ainsi qu'elle obtient, à 24 ans, la nationalité française qui vient s'ajouter à sa nationalité norvégienne d'origine. Ils ont une fille, Caroline, qui deviendra avocate au Barreau de Paris, et un fils, Julien, devenu architecte. Tout en poursuivant des études de droit, Eva Joly gagne sa vie comme styliste en décoration d'intérieur. Quand son mari termine ses études de médecine, le couple s'installe à la campagne, à Bouray-sur-Juine, près d'Étampes. Eva Joly obtient une licence en droit et un DEA de sciences politiques au sein de l'université Panthéon-Assas, et devient conseillère juridique de l'hôpital psychiatrique d'Étampes.

En 1981, elle réussit un concours exceptionnel d'entrée à l'École nationale de la magistrature, et précise : « Il n'y avait pas d'épreuve de culture générale et cela me convenait ». La même année, alors âgée de 38 ans, elle est nommée substitut du procureur de la République au tribunal de grande instance d'Orléans.

En 1989, elle est détachée au comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI), organisme rattaché au ministère de l'Économie et des Finances, qui épaule les entreprises en difficulté dans les zones sinistrées. Elle en devient la première secrétaire générale adjointe à ne pas sortir de l'École nationale d'administration (ENA). Elle est également auditrice de l'Institut des hautes études de Défense nationale, dont elle a suivi l'enseignement en 1996.

Nommée en 1990 juge d'instruction au pôle financier du palais de justice de Paris, elle instruit des affaires en vue, comme celle de Bernard Tapie (article détaillé : affaire Tapie - Crédit lyonnais opposant Bernard Tapie au Crédit lyonnais et l'affaire du Phocéa opposant Bernard Tapie à l'administration fiscale), puis se voit confier le dossier Bidermann, qui conduit via Elf-Gabon à l'affaire Elf, qu'elle instruit avec Laurence Vichnievsky. Le 5 juillet 1996, Eva Joly fait incarcérer Loïk Le Floch-Prigent, ancien P-DG d'Elf Aquitaine et président en exercice de la SNCF.

Puis elle ouvre les dossiers de l'affaire des frégates de Taïwan et de l'affaire Dumas-Deviers-Joncour. En avril 1998, elle met en examen Roland Dumas, président du Conseil constitutionnel, qui est contraint à la démission. Déclaré coupable de recel d'abus de biens sociaux pour avoir profité d'une partie des fonds indûment versés par Elf à son ancienne maîtresse, Christine Deviers-Joncour, la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris le condamne le 30 mai 2001 à une peine de trente mois d'emprisonnement dont six fermes et à une amende d'un million de francs (152 000 euros). Le 29 janvier 2003, la 9e chambre des appels correctionnels de la cour de Paris infirme le jugement de première instance et prononce sa relaxe.

En 2001, en pleine affaire Elf, Eva Joly est très marquée psychologiquement par le suicide de son ex-mari. La même année, elle est lauréate, pour le travail exceptionnel effectué dans cette affaire, du prix de l'intégrité décerné par l'ONG Transparency International.

En 2003, elle est l'une des initiatrices de la Déclaration de Paris avec l'ancien procureur de Genève Bernard Bertossa, le juge espagnol Baltasar Garzón, le juge italien Antonio Di Pietro et le Chilien Juan Guzmán Tapia, qui a inculpé Augusto Pinochet.

Après l'affaire Elf, Eva Joly souhaite s'éloigner de la France. Elle explique son départ en Norvège comme un véritable exil pour se mettre à l'abri : « J'ai quitté la France. Je suis partie parce que je ne voulais laisser à personne les moyens et le temps de se venger ».

En 2002, elle se met en disponibilité de la magistrature pour devenir conseillère du gouvernement norvégien dans la lutte contre la corruption et la délinquance financière internationale, déplorant au passage la complaisance en France pour les malversations financières.

Entre 2004 et 2006, pour le compte de l'Agence norvégienne de développement et de coopération, elle est conseillère du président de la République malgache, Marc Ravalomanana.

En 2005, elle crée, avec l'appui du ministère des Affaires étrangères, le « Network », réseau privé de juges et d'enquêteurs engagés dans la lutte contre la corruption. Ses membres représentent notamment plusieurs pays en voie de développement auxquels le Network apporte non seulement un soutien psychologique et moral grâce aux échanges et réunions organisés régulièrement, mais aussi, à l'occasion, une aide matérielle, comme l'exfiltration d'un membre dont la sécurité serait menacée.

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