Ce Jour-là

Euskadi ta Askatasuna

Organisation terroriste basque

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Euskadi ta Askatasuna (« Pays basque et liberté » en basque), plus connu sous son acronyme ETA, est une organisation basque indépendantiste d'inspiration marxiste-léniniste active du 31 juillet 1959 au 2 mai 2018. Plusieurs organisations ont porté ce nom depuis la création de la première ETA en raison de plusieurs scissions.

Fondée en 1959, l'organisation a évolué d'un groupe résistant au régime franquiste vers une organisation terroriste.

À partir de 1968, selon les chiffres officiels et les communiqués d'ETA, ETA a tué 829 personnes, fait des centaines de mutilés, commis des dizaines d'enlèvements et de nombreuses extorsions de fonds.

ETA est une partie du mouvement nationaliste basque dénonçant la répression et les crimes imputés au régime franquiste. Selon la fondation Euskal Memoria, depuis 1960, 494 personnes ont été tuées, 22 417 personnes ont été incarcérées dont 4 774 ont porté plainte pour avoir été torturées. Néanmoins, l'avènement de la démocratie en Espagne en 1977 ne fera pas baisser le nombre des attentats. Au contraire, le bilan de ceux-ci, les séquestrations d'entrepreneurs et de personnalités publiques augmenteront fortement les années suivantes.

Le groupe est proscrit comme organisation criminelle par les autorités espagnoles. Il est placé sur la liste officielle des organisations terroristes du Canada, des États-Unis, de la France et du Royaume-Uni et l'était jusqu'en 2009 sur celle de l'Union européenne mais n'apparaît plus en 2010. En avril 2018, encore 281 prisonniers sont incarcérés dans des prisons en Espagne (228), en France (52) et au Portugal (1). Parmi eux, seulement[non neutre] 3 sont incarcérés au Pays basque.

La plupart des revendications d'ETA portent sur l'indépendance du Pays basque ou Euskal Herria et ce, dans un courant marxiste-léniniste. La devise d'ETA est « Bietan jarrai » et signifie « continuer dans les deux voies ». Elle se rapporte aux deux figures du symbole, un serpent (représentant la sagesse, et par extension la politique) enroulé autour d'une hache (représentant la force, et par extension la lutte armée).

Le 5 septembre 2010, l'ETA annonce un cessez-le-feu dans une vidéo remise à la chaine d'information anglaise BBC. Le 10 janvier 2011, ETA annonce un cessez-le-feu « permanent, général et vérifiable », ce qui correspond à l'appel dit « déclaration de Bruxelles », signée par différentes organisations internationales, et à l'« accord de Guernica », signé par les principales forces de la gauche abertzale, qui appelaient ETA à franchir ce pas. Dans ce communiqué, l'organisation se donne pour objectif d'obtenir la « fin de la confrontation armée » au Pays basque. Le 20 octobre 2011, l'organisation indépendantiste basque annonce « la fin définitive de son action armée ». Le 16 avril 2018, l'organisation écrit une lettre annonçant sa dissolution, et sa publication dans la presse internet espagnole le 2 mai 2018 signale la dissolution du groupe.

Immédiatement après la guerre, des membres démobilisés d'Eusko Gudarostea furent formés militairement par les États-Unis pour maintenir l'ordre public dans le Pays basque dans le cas hypothétique d'un renversement de Franco par les alliés. Certains formeront par la suite les instructeurs de l'ETA.

Dans les années 1950, la dictature franquiste commence à obtenir une certaine reconnaissance internationale. Ainsi, le Parti nationaliste basque (PNV) est privé de son siège à Paris en 1951 et Franco signe un Concordat avec l'Église catholique en 1953, faisant échouer la stratégie occidentaliste et diplomatique développée par le PNV.

Pendant l'année universitaire 1951-1952, de jeunes intellectuels décident de fonder le groupe d'études sur le nationalisme basque Ekin (« entreprendre ») à Bilbao. Dans un premier temps, ce groupe organise des débats et des cours clandestins sur l'euskera et l'histoire. À partir de 1953, Ekin se rapproche des militants du mouvement EGI (Euzko Gaztedi Indarra), issu du Parti nationaliste basque (PNV). Les deux mouvements fusionnent en 1956 et rédigent une motion commune pour le premier Congrès mondial basque organisé à Paris la même année dans laquelle ils promeuvent un renouvellement générationnel au sein du PNV. Mais rapidement des désaccords éclatent entre les membres plus modérés d'EGI, défendant un nationalisme non violent proche de la démocratie chrétienne et atlantiste et les militants d'Ekin beaucoup plus radicaux. Fin 1958, ces derniers décident de créer une nouvelle organisation.

Création et décennies de lutte armée

La création d'ETA remonte au 31 juillet 1959. Presque immédiatement, ses militants affirment leur volonté d'obtenir par « la lutte armée » l'indépendance du Pays basque. Des tracts sont distribués mais les militants veulent passer à l'action révolutionnaire. En décembre 1959, les premières charges explosives sont placées dans les commissariats de police et des casernes de la garde civile. Dans l'été 1960, plusieurs bombes éclatent dans les gares du Pays basque. Le premier mort est un bébé de 22 mois qui succombe de ses blessures à la suite de l'explosion d'une bombe dans la gare d'Amara de Saint-Sébastien. La responsabilité de l'attentat non revendiqué ne sera connue que plusieurs décennies après.

L'organisation jouit à ses débuts d'une grande popularité, en particulier dans les milieux de gauche, non seulement au Pays basque, mais aussi dans le reste de l'Espagne pour son opposition frontale au régime dictatorial du général Franco. Les Basques considéraient les etarras comme étant de vrais gudaris (défenseurs du gouvernement et du peuple basques pendant la guerre civile)[réf. nécessaire].

L'organisation bénéficie également à ses débuts du soutien du clergé basque. Nombre de militants du mouvement se réclament, en effet, de la doctrine sociale de l'Église. La date du 31 juillet 1959 n'a d'ailleurs pas été choisie au hasard : elle correspond tout à la fois à la date de fondation du PNV, mais aussi à celle de la mort d'Ignace de Loyola, une indication que l'organisation omet après avoir opéré son virage vers le marxisme. Elle bénéficie également d'une grande partie des infrastructures du PNV et ce jusqu'en 1962-64, date de la rupture avec le vieux parti nationaliste.

En 1961, ETA attaque un convoi d'anciens soldats franquistes qui célébraient les vingt-cinq ans du début de la guerre civile espagnole.

En 1962 a lieu sa première assemblée, dans laquelle elle est définie comme une « organisation clandestine révolutionnaire ». Elle exige la reconnaissance du basque comme seule langue officielle. En 1964, sous l'influence des membres maoïstes, les militants adoptent les principes de la « guerre révolutionnaire ». L'ETA rompt tous ses liens avec le PNV, qualifié de « bourgeois capitaliste ». Ce discours rejoint celui de l'agitateur politique et écrivain Federico Krutwig qui affirme la nécessité de lier la lutte nationaliste pour la libération du Pays basque et la lutte des classes en faveur du « prolétariat international ».

En 1965, commencent les attaques à main armée et l'encaissement de l'impôt révolutionnaire (extorsion de fonds auprès de certaines cibles : individus considérés comme ennemis, entreprises…).[réf. nécessaire]

Le 7 juin 1968, le policier José Pardines Arcay est abattu. L'auteur, chef de l'ETA, Txabi Etxebarrieta, est abattu par la police. Le 2 août, en représailles, le commissaire Melitón Manzanas est abattu par ETA. Pour la première fois, l'organisation fait la une des journaux.

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